'* ' SULN^- Conservation work performed with funds from the 1993/94 NEW YORK STATE CONSERVATION/PRESERVATION DISCRETIONARY GRANT PROGRAM FLORE MDICALE DES ANTILLES FLORE MDICALE DES ANTILLES, o u TRAIT DES PLANTES USUELLES DES COLONIES FRANAISES, A N GLAISE S ? ESPAGNOLES ET PORT UGA I S ES j Par M. E. DESCOURTILZ... , Docteur en mdecine de la facult de Paris, ancien mdecin du gouvernement a s t .-domingue et fondateur du LYCE COLONIAL , MDECIN DE l'hOSPICE CIVIL DE BeAUMONT ET MEMBRE DE PLUSIEURS SOCITS SAVANTES j (Peinte par T. Cn. cDejcouttif^. ivvvv\\\^vVMAnAi\nivvVMn.\Aivvvvvvvvvv\^^vv\vivvvvvvv> Le jus exprim de la canne sucre , celui du citron et l'eau limpide des ruisseaux qui serpentent dans tons les jardins, fournissent l'instant une boisson salutaire, qu'une feuiile traiche et roule du bananier ou qu'un ptale dtach de la popotta , peuvent retenir.... Partout dans ces climats fortuns , le Carabe trouvait sous ses pas , les plantes que rclamait la maladie d"un pre, d'un parent ou d'un ami',..,, Ces insulaires avaient-ils d'autres moyens curatifs ?..,. ^ DJSCOUB5 *Rl.rMIrAlRE. ) Imperitissimce gnies , herbas in auxilium vul-> nerum, morborumque noverunt . G. Gels, adPraes. VVWWW'WWWW\rwWVWW\t WWV\ WTiWWV W W>/W% TOME PREMIER. PARIS, Pichard ? Libraire , quai Voltaire , n. 21 ; t M me . veuve Pichard, Libraire, quai Malaquais , n. i5 ; \ Gauthier , au Cabinet littraire de la Tente , Palais- ^ Royal , Galerie de Bois , n. 197 5 Et chez l'Auteur, rue Saint-Louis, au Marais, n. 16. vwwwwvvwwwvvw uvw wvvw w* tmyt 1 821, Ayant mis cet ouvrage sous la protection des lois, je dclare que je poursuivrai les contrefacteurs des exemplaires qui ne seront pas signs par l'Auteur. Imprimerie de Vigor RENAUDIERE , rue des Saints-Pres , No. 10. %j*t r % (JL/ti q)\. 01, ? commo l'aeillej , rapporter cb la Grande Samillej } dont voua tej le Pre ? lejruit de me recherche et da me travaux, (heureux, pour prix de mes veille 7 d'tra rcompense par un ourire flatteur de mon tf&oi I JOa Saveur que Votre cKaiedt a daigne 1 m' accorde V ] en permettant que cPon ouqute 92om Sut place' eu Ico tte de la ffoit TTtedcafe c*&> QLatlttes, excite en mol laj r plu> profonde) reconnaissances , <*/J me> prsaqcj te) plu A prcieux de succc, CcHcj araco , (Sire) ^ mane) d'uto cur ara nd et qnmux ^ Sera ma uprme t flicit } elle) sera , ^o//r /# Jaiblesse de mes talcns, le pluj honorable) appui j pour mon mulation , le plus pif stimulant j et) pour mon cur attendri y le plus doux des bienfaits. e ui j avec le plus profond respect , DE VOTRE MAJESTE , SIRE , Le trs-humble et trs- fidle sujet y *m M. E. DESGOURTILZ. V*1**%MA**%^*\AIWVVAAA*V\*V*V\'V*A*VVV*\\A\^\\VW*V*\\*AV^ DISCOURS PRLIMINAIRE D3 JJans les temps les plus anciens , on ne connut d'autre thrapeutique , que l'application des plan- tes , et l'usage de leurs sucs 5 c'est ce qui a fait dire , sans doute , que la botanique prou- y> vait que Dieu a fait natre , dans chaque pays , les plantes les plus ncessaires aux hommes et aux animaux de ce mme pays , et que par les plantes qui se trouvent le plus communment dans un lieu, d> on peut conjecturer, presque avec certitude, quelles a) sont les maladies qui y rgnent le plus ordinaire- ment (1). Ainsi , que l'on consulte l'exprience des sicles passs, on voit que Salomon , Hjpocrate^ Galiien* Hrophile , Erasistrate , Asclpiade , Dioscoricle y et grand nombre d'autres mdecins illustres , ont consacrs leurs veilles tudier et analiser les plantes , et sont parvenus y trouver la sant pour des honi- (1) Mmoires de Trvoux, janvier 1702 , pag. 160* Pline , L. XXV. init. L. XXVI. Sect. 6. Thologie |>hys, Liv. X , pag. 54 , %5 , et not. a5.,. (6) mes qui vivaient plus long-temps que nous , hien qu'ils commissent les mmes excs , qu'ils fussent enclins nos mmes vices , et sujets nos mmes maladies. C'est, guid par ces lumires de l'antiquit , et les exemples de ces fondateurs de la mdecine , que le docteur Mrat , marchant sur leurs traces , n'a pas hsit dire : ce Dans l'tat actuel de la mdecine , : un praticien clair qui possderait bien sa matire d> mdicale indigne , pourrait rigoureusement se d) passer des productions lointaines , et trouverait d> autour de lui , de quoi remplir suffisamment les :>:> indications que les phnomnes morbifiques lui ?> prsentent journellement (1). Mais il est croire qu'en accordant une confiance aussi tendue aux substances qui peuvent composer la matire mdicale d'un pays , ce savant de nos jours , n'a pas prtendu qu'il fallait la chercher dans la multitude des plantes qu'analise la chimie , et dont la nomenclature formerait un norme diction- naire que la curiosit feuilleterait peut-tre avec plai- sir ? et que la mmoire verrait avec pouvante. Fort du sentiment du clbre Hoffmann ? Mrat a reconnu la supriorit d'une thrapeutique vg- tale simple ? sur les prparations chimiques les plus rares et les plus recherches (a). Il a pens avec Pinel , ce patron cher aux enfans ^Epidaure ? que ce l'usage des remdes simples , si conforme au bon (i) Voy. Mrat, nouvelle Flore des environs de Paris, (2) Mdecine raisonne : Hoffmann, (7) got et une saine doctrine , a du moins Pavan- tage de produire les effets les plus directs > et de ne point compliquer l'histoire d'une maladie (1). Si les animaux ont reu en naissant l'instinct n- cessaire pour dcouvrir dans les diverses rgions qu'ils habitent , des prservatifs ou des remdes contre les maux auxquels ils sont exposs , Dieu n'a pas moins fait en faveur des hommes. En effet , tandis que dans nos climats on a tou- jours vu le chien mcher le chiendent pour recti- fier ses digestions , ou se procurer quelques vacua- tions 5 qu'aux Antilles les ramiers mangent impun- ment les baies de YAzdarach qui sont dltres pour l'homme 5 que les cahrits y recherchent les tithjmales , et les broutent sans en tre incom- mods 5 que les chvres ? d'abord agites et furieu- ses y deviennent plus calmes aprs avoir ptur de l'ellbore (2) * f que ces mmes animaux bon- dissent sans cesse ? et mme ne peuvent se livrer au sommeil lorsqu'ils ont mang des graines de caf (0) 5 qu'en Egypte , on a vu l'ichneumon aller chercher dans le Mungo l'antidote du venin du serpent dont il avait t piqu en le poursui- (1) Pinel : Nosogr. phil., classe i re fivres, t. i,.p. 104 et io5. (2) On sait que Mlampus r charg de gurir de leur frnsie les filles du roi Prtus, leur administra de l'ell- bore. (3) Un abb en fit prendre tous ses moines pour les empcher de dormir en psalmodiant. ( 8 ) f it pour ii I lire h nourritures et que dans j< solitudes des foi i [uatoriales on a vu le eochota m m. m atteinl par l.i flche du Carabe) ou le ( fomb de l'Europen, gurir ^.i blessure en ta tmi- 1 ml .!>.. I i-i sim n.sr qu'il faisait couler de P- rorer du tiicrier C'est pourquoi, si le simple usage de quelques plantes produit, chez les animaux , les effets les plus surprenans 5 si , imparfaite encore dans les mains de l'homme demi-sauvage, la botanique usuelle opre de vritables prodiges , que n'a-t-on pas le droit d'en attendre , quand elle agit , perfectionne par les tu- des et les expriences de l'homme civilis, du m- decin surtout, oblig , par tat, de la connatre dans toute son tendue, et, par honneur, d'en accrotre la gloire ? La botanique est assurment une des connaissances les plus essentielles que doive acqurir l'tudiant en mdecine. Si le botaniste curieux passe de jouissance en jouissance en parcourant les bois et les prairies, en escaladant , non sans danger, les rochers des plus hautes montagnes , dans l'espoir d'y dcouvrir quel- ques plantes nouvelles 5 combien plus grande sera sa joie, si, mdecin, il rencontre quelques simples dont la vertu mdicale lui est connue, et dont il projette de faire usage en faveur de l'humanit souffrante ! La botanique n'attache pas seulement le mdecin et le naturaliste 5 elle fixe aussi l'attention de l'agri- cole et du manufacturier. L'homme du monde lui- mme ne veut point tre tranger une occupation aimable qui charme les loisirs consacrs la prome- nade , que cette tude rend attrayante et moins mo- notone. Combien cette science est agrable en Am- rique , o la richesse de la vgtation jette si souvent en extase ! La vue d'un sol maill des plus brillantes fleurs 5 l'aspect des arbres les plus majestueux des forts sombres et silencieuses . o la hache ne s'est ( io ) jamais fait entendre , et o circule un air embaum qui rveille les sensations 5 font succder le plus sou- vent une douce et tendre mlancolie une tristesse profonde : ce qui rend les herborisations convenables aux hypocondriaques. Jetez vos regards dans les bosquets enchanteurs des colonies : ici s'lvent de majestueux palmiers, dont la cime dlie et ondoyante se balance dans les nues 5 plus loin le feuillage glauque des alos et des ananas contraste avec le vert gai et blouissant des plantes riveraines des ruisseaux qu'elles recouvrent en dme , et dont on ne reconnat la prsence qu' leur fracheur et leur gazouillement. L d'immenses mapous , le baobab , et d'normes fromagers , tronc droit et colossal , offrent au com- merce et aux besoins de l'homme des canots d'une seule pice , destins voguer sur les mers , et prou- ver leur inconstance. C'est au milieu de ces belles campagnes, sous un ciel d'azur, qu'on voit les coli- bris tincelans disputer aux oiseaux - mouches , qui bourdonnent sans se fixer , le nectar des fleurs suaves de l'oranger, du citronnier, du campche , du jam- boisier, du karatas , du frangipanier et de tant d'au- tres, tandis que certains oiseaux cherchent des pro- duits du rgne vgtal plus avancs : et trouvent dans la pulpe de la camite , de la gouyave , de la cirouelle, du corossol et de la banane , de quoi les rafrachir et les dsaltrer. Plus loin, de riches plaines cultives s'tendent jusqu' l'horizon bord par des niasses imposantes de montagnes mamellones et verdoyantes demi ( 11 ) perdues dans les nues. Des guirlandes de diverses couleurs unissent la cime des arbres la terre , re- couverte elle-mme d'un tapis de fleurs d'or, d'azur et de pourpre. C'est au milieu des Lagons , Saint-Domingue, sur les bords des canaux de la rivire tranquille et pro- fonde de VEsteire , ombrage par des masses de bam- bous touffus , et formant de chaque rive des demi cintres de verdure , que j'aimais surtout herboriser. Le silence profond qui rgne dans ces lieux agrestes, n'est troubl que parle chant de quelques moqueurs : les cris des crabiers et des aigrettes , ou le roucoule- ment des tourterelles, qui arrivent des savanes br- les pour tancher leur soif ardente. Ce fut probablement au milieu de ces rduits champtres que les premiers insulaires cherchrent des secours contre leurs maladies , dans des vgtaux vers lesquels une impulsion naturelle les dirigeait 5 les plus russ d'entre eux s'arrogrent un titre qui les levait au dessus de la foule : c'est ainsi que de ptres ou hattiers , on les traita de mdicastres ou makendals , jusqu' l'instant o des voyageurs ins- truits s'emparrent de ce domaine de la science. Oui, la botanique peut , elle seule, mettre l'homme mme d'utiliser les ressources qu'offre partout l'art de gurir la bienfaisante nature. Il serait honteux qu' l'inspection d'une plante dont il aurait prescrit l'usage , le mdecin ( d'une campagne o il ne se ren- contre pas de pharmaciens ) ne pt assigner ce v- gtal un nom , une classe , une famille , un genre. Et , pour le mdecin de ville , quoi de plus dange- ( 12 ) reux et de plus humiliant, que ce se trouver, par son ignorance , hors d'tat e relever une erreur , ou de rectifier une mprise de l'apothicaire ou de l'herbo- riste (1) ? Le mdecin qui veut l'tre utilement, doit tudier les principes de la botanique , apprendre assigner chaque plante les proprits que l'exprience lui a re- connues. Sans la premire de ces connaissances , la seconde lui serait mutile : que lui servirait , par exemple , de savoir que la paritaire est une plante molliente , s'il ne connat pas la paritaire ? Il y y> aurait moins d'inconvniens , dit avec raison Mrat y qu'un mdecin ne st pas un mot d'anatomie , que s'il ne connaissait pas les vgtaux dont il fait un )> usage journalier. Mais dans cette botanique , si utile lorsqu'on en connat bien les proprits , le mal existe ct du bien, comme les plantes vnneuses ct des plantes salutaires (2). L'orgueil scientifique eut assez de vains mots , des mots purement techniques , pour exprimer de prtendues connaissances qui ne se rattachent qu'aux -r i r 1 1 11 - - - I 1 1 (1) De erroribus in pJiarmacopolis ex neglecto studio botanico obviis(M.. Alberti ) , Diss. in-4, Halet, 1733. (2) Le qubec vnneux offre dans sa racine l'antidote de son poison. Le manioc mortifre, aprs l'extraction du suc de sa racine , donne un aliment sain et agrable ! Ah ! pourquoi toujours refuser au Crateur le tribut des nommages qu'on ne craint pas de dcerner l'homme , en oubliant la bont du Tout-Puissant cependant eminet iti minimis , maximus ipse Deusl ( 3 ) descriptions , sans rien fixer par rapport l'applica- tion. Ngligeant les prceptes des grands matres, les Botanistes obligent le savant Prmentier leur adres- ser l'invitation de ce diriger constamment leurs re- : cherches vers le bien public, et de faire en sorte sur- sit tout que la botanique ne soit pas dans leurs mains }> une vaine nomenclature (1) : ils forcent M. Ali- rert leur rappeler que ce l'art de concourir aux pro- grs de la thrapeutique ne consiste pas accrotre le nombre des plantes qu'elle emploie , mais tu- dier convenablement leur mode d'action sur l'co- nomie animale (2). C'est dans cette mme con- viction , que Fourcroy , ce chimiste , non moins il- lustre qu'amateur zl de la science , n'hsita pas publier que ce l'art de formuler est malheureusement une affiche dans laquelle le mdecin a trop souvent l'intention manifeste de montrer son rudition , sa science , ses grandes ressources. Plus la mdecine s'est loigne de sa premire simplicit , dit-il , plus l'art de formuler s'est tendu , s'est compliqu. Il est donc la preuve de la dcadence de l'art de gurir ou de son incertitude (3 ). D'aprs ces autorits respectables , d'aprs l'exp- rience de l'homme primitif , qui pourrait l'voquer en doute que la mdecine la plus naturelle est celle (1) Prmentier, Code pharmaceutique , pag. i5. (2) Alibert, Nouv. Elem. de Thrapeut. , tom. ri, pag. 499. (3) Fovrcroy , Eacyclop. Mtbo. p. o.. Mat. ( 14 ) que Ton lire du rgne vgta] ? Les plante ont besoin de pen d'apprts , tandis qu'il faut aux minraux les secours de la chimie. L'animal, l'homme de la nature rencontrent dans le premier champ lesplantes capables de les gurir 5 tandis que, faute de connatre celles des pays o ils exercent) certains praticiens ignorans ou routiniers, formulent l'ami >re-grSs'ou le castorum prfrabiement la valriane et au tilleul qui ont les mmes proprits. Les avantages de la botanique en gnral , et de l'tude des matires mdicales pour toutes les parties du globe ainsi reconnus , il m'a t facile de conce- voir le plan de celle des Antilles , que j'ai habites pendant six ans , et qui me sont devenues chres par les connaissances botaniques que j'y ai acquises, et par les expriences que j'y ai faites. C'est au soulagement de leurs habitans que j'ai d principalement consacrer la flore que j'ai recueillie chez eux. Heureux si la science y trouve , dans quelques plantes inconnues encore ? des avantages pour elle et des remdes vri- tablement convenables des hommes ns sous un autre hmisphre l Mais , pour faire sentir l'utilit de cette Flore m- dicale des Antilles , il me suffira peut-tre de rappeler combien Poupe-D esportes^ ce mdecin dontle souve- nir estencoresi cher aux colons , insista sur la ncessit d'un Trait des plantes usuelles des colonies , surtout si ce Trait tait accompagn de dessins; mais Pou- pe-Desportes n'est pas le seul qui ait song au bien- tre des colons dont l'loignement n'a altr en rien leur amour pour la mre-patrie. Gilbert } dans son ( i5 ) Histoire mdicale de l'anne de Saint-Domingue ? publie en l'an X , partage la mme opinion. ce Le mdecin, dit-il , doit toujours s'occupera 5> Saint-Domingue de la substitution des mdicamens indignes aux exotiques , ceux-ci parvenant fort : rarement ou fort difficilement dans la colonie , en : temps de guerre surtout : il est donc important v, qu'il connaisse assez la botanique usuelle , pour 3> tre en tat de faire des substitutions bien enten- d) dues, a) , On publie tous les jours des traits sur les plantes usuelles d'Europe : celles des Antilles seraient-elles abandonnes et mises en oubli ? Les colonies nous seront-elles toujours trangres ? Les possessions franaises y seront-elles toujours envahies? Dans tous les cas, ne seront-elles pas dsormais habites par des peuples civiliss qui sauront toujours accueillir avec reconnaissance des ouvrages o. l'tude et la pratique dposant le fruit de leurs veilles , leur au- ront prpar des objets de jouissance ou d'utilit, et leur indiqueront des prservatifs et des remdes pour les maux auxquels il sont assujtis? Nul autre pays , plus que les Antilles , n'offre l'homme , dans l'tat de sant , plus de plantes et de fruits destins la lui conserver, ou quand il l'a perdue , plus propres la lui rendre. Nul pavs par consquent , n'est plus digne d'une Flore mdicale particulire... Ici, pour tancher la soif excite par les feux de la Zne-Torride , la feuille du .bananier ou le ptale pourpr de sa popotte se roulent pour porter aux lvres dessches l'eau limpide qui ser- ( l ) pente dans tous 1rs jardins, et dans laquelle 011 < exprim le jus rafrachissant du citron et celui de la canne sucre. L , le tamarib , l'oranger , la gre- nade , apaisent, ces exaltations (1rs systmes pro- duites par La chaleur , et qui conduisent aux fivres nngriotuiqucs ou ataxiques. Partout dans ces cli- mats fortuns, le Carabe trouvait sons ses pas la plante que rclamait la maladie de son pre, d'un parent, d'un ami ! Ces insulaires avaient-ils d'autres moyens curatifs ? Combien de fois j'ai vu dans l'pidmie meurtrire de la fivre jaune , des multresses arracher la mort tous ceux qu'elles traitaient par l'emploi des plantes indignes , ou par les procds du pays. J'ai obtenu d'une de ces multresses renomme dans les mornes des Escaliers ( Saint-Domingue ) , par des cures qui tenaient du prodige , des recettes dont j'ai fait usage avec le plus grand succs aprs des rectifica- tions convenables (1). (1) Relgue dans un rocher caverneux o elle donnait clandestinement ses consultations, depuis la mort de sa mre , elle semblait avoir hrit de sa routine , et adopt son genre de vie 5 elle ne sortait de son antre qu'avec re- grets , pour se glisser et fureter au travers des lianes qui recouvrent les prcipices , afin d'y recueillir les simples dont elle composait ses divers remdes. Six petites chau- dires , quelques vases d'argile grossirement faits , for- maient son modeste laboratoire. Doue d'un tact na- turel , qu'on ne peut acqurir , pas mme par l'tude, qui ne fait que le diriger et le perfectionner, je lui ai vu ( >7 ) J'ai d un multre , galement clbre dans les mangles des Gonaves , la dcouverte d'un canton du Port Piment o croissent les simples les plus pr- cieuses , et entre autres le mercure vgtal ( Lobeliti) l'un des plus puissans antisyphillitiques. Je me suis enfin trouv Saint-Domingue, dans un moment o, manquant de drogues pharmaceutiques , les mde- cins furent obligs de recourir aux ressources du pays, et de remettre les malades entre les mains des natu- rels , en employant leurs recettes. Je dois la justice de dire que nous n'avons eu qu' nous applaudir de cette innovation , quo notera vergit , co ducere opportet. C'est ainsi que dans les colonies , les chirurgiens des armes ont remplac , pour le pansement des vsicatoires , la feuille de bette par celle du bana- nier , les bandes, par celles du latanier , les attelles flexibles par les tches du palmiste. C'est d'aprs l'examen le plus scrupuleux des recettes obtenues des naturels qu'on prescrira dans les fivres bilieuses les limonades aux citrons , aux tamarins , Poseille de Guine ; dans les phlegmasies muqueuses ? les oprer des cures merveilleuses : aussi discrte que m- fiante , je ne pouvais obtenir d'elle aucuns renseignemens ; cependant au moyen du lger sacrifice de dessins de plan- tes de l'artibonite , qu'elle convoitait , j'obtins plusieurs formules que je corrigeai, et dont l'usage fut couronn des rsultats les plus satisfaisans. Tous les peuples ont des gurisseurs. ( Voyez , le mot Femme. Dict. des Se. Mdic. , tom. XIV > p. 654- ) - 2 ( i8) adoucissant mucOagineux , tels que les fleurs du eombo (Hibiscus esculentus , Linn ) qu'on peut substituer avec avantage aux guimauves etau lin d'Eu- rope. On emploiera avec fruit, selon Gilbert, pour la composition tics apozemes apritifs la chicore sau- vage , la racine de patience , le cresson de savane^ et Ton rendra ces boissons laxatives en y ajoutant de la casse ou de la pulpe de tamarins. La classe des purgatifs offrira le coccis ( Ruellia) 5 la liane Bauduit ( Convolvulus scamonia ) le cro- ton mdecinicr ( Jatropha ca/'eas) 5 le ricin, le pois gratter (Dolichos pruriens), purgatifs vermifuges, etc. On pourra composer la tisane commune avec les feuilles et les tiges du rglisse du pays ( Abrus pre > catorius) : les boissons rafrachissantes ou tempran- tes avec la chicore blanche du pays ( Lactuca Ca- nadensis ), les pinards sauvages (Amarantus olera- ceus}) le laman {Solanum ?...) les boissons rafra- chissantes acidules avec toutes les parties de l'all- luia ( Oxalis acetosa) , l'oseille de Guine ( Ketmia sabdarifera , Linn. ). On appliquera avec succs les proprits vulnrai- res de rherbe bl (Saccarum imlncrarium^ Tussac) 5 du th de Saint-Domingue {Capraria bi/Iora) , de Therbe plomb ( Lantana caniara ). Chaque classe , en un mot, renferme les analogues d'Europe, par exemple , la verveine ( V^erbena Jamaicensis} , le manioc frachement rp ( Jatropha maniot ) , les deux absinthes du pays ( Partlienium histerophorus et ambrosia arteniisifolid) employes en cataplasmes^ fournissent d'excelens rsolutifs. Ces deux dernires plantes sont des amers dont l'usage intrieur, en in- fusion , ne peut qu'tre avantageux lorsque les cir- constances l'exigent. o Les cataplasmes maturatifs se composent avec la mantgue et les oignons du lys indigne [Pancratium caribum , Linn. ) ou la feuille de raquette ( Cac- tus opuntia ) ou celles du cacte k cochenille ( Cactus coccifera ) plus faciles employer parce qu'elles sont sans pines. Les plaies rcentes se pansent heureusement, avec le suc du Karatas ( Agave ) 5 des bains de Guildive ont opr souvent des miracles dans les paralysies et les affections rhumatismales chroniques. Le savon noir et le tafia forment un liniment avantageux dans les mmes circonstances. Les fumigations de graine de coton ( Gossipium ) prsentent un fondant d'une efficacit prouve dans les tumeurs blanches indo- lentes. Les bols toniques se composent sur-le-champ avec la limaille de fer, l'corce de citronier en poudre 9 et un sirop simple. Les bols et opiats fbrifuges peuvent se faire avec les corces fines du citronier, de l'oranger, les ileurs dessches de la poincillade ( Poinciana pul- cherrima) et le quinquina ( Cinchona cariba ). L'infusion thiforme du caf ( Cofea arabica ) est un tonique trs-recommandable. La graine de sa- potille ( Achras sapota^ Linn. ). Celle du ooli ( 6e- samum orientale. , Linn. ) et la racine d'herbe collet {Piper peltdtum) sont des diurtiques puis- sans. 2 * ( 2 ) Les feuilles du ricin [B icinu s pal ma-christi) trem- pes dans o les plantes do toutes les classes se trouvent confondues , et qu'il faut possder fond pour en tirer parti ? au lieu d'viter des recherches dans un danger pressant ? embarrasse ? suspend mme souvent la dcision ? entrave la for- mule du mdecin qui exerce dans un climat nouveau pour lui ? s'il n'en connat pas encore les plantes usuelles. Un praticien ? par exemple , arrive d'Europe aux Antilles : il est appel pour traiter une pripneumo- nie ? au commencement de laquelle les mucilagineux doivent tre prescrits , qui lui dira que le gombo peut tre substitu la graine de lin ? les fleurs de l'urne celles de la molne ? Survient-il une hmor- ragie ? il veut recourir aux astringens ? Si la premire plante qu'il emploie n'opre pas assez puissamment ? et qu'il veuille lui en associer une autre de la mme classe ? mais dont les vertus soient plus hroques ? ira-t-il perdre un temps prcieux compulser un vo- cabulaire pour trouver cette analogue dont il a besoin sur-le-champ ? et qui s'offrirait d'elle-mme si ces plantes taient ranges par classes ? Au contraire ? ct de la mauve adoucissante, l'ordre alphabtique lui prsentera le perfide manceniller , et que si c'est un amer qu'il doit ordonner, aprs V absinthe il ren- contrera V ahouai (1). J'ai cru devoir, pour viter cet inconvnient, ranger les plantes de ma Flore d'aprs leurs pro- prits et l'action directe ou indirecte qu'elles exer- cent sur nos organes : j'ai cru devoir encore indiquer succinctement , en tte de chaque article , les carac- tres distinctifs de chaque plante, afin de ne pas sur- charger la mmoire de phrases didactiques de plu- sieurs auteurs qui souvent se contredisent , et qui , pour faire parade de leur rudition , altrent le vri- table type de la plante par des dtails trop nombreux. J'ai port l'attention jusqu' dsigner, autant que possible , les parages o les plantes se plaisent v- gter de prfrence , parce qu'il m'a sembl que c'- tait faire connatre aux amateurs de leur culture , la nature du sol qui leur convient. J'ai d enfin , pour prouver ma scrupuleuse exactitude dans une matire aussi dlicate qu'une thrapeutique indigne , stipuler les doses auxquelles il faut les employer , et le mode de les prparer. Dans une pinte d'apozme , par exemple , les ra- cines se prescrivent par once , les bois et les corces (1) Je suis loin de vouloir critiquer ici la classification, de la Flore du Dictionnaire des Sciences mdicales, puis- que c'est seulement par ce mode de classification , qu'on pouvait ranger les plantes indiques dans chaque volume par leurs lettres initiales. (M) par dcmi-oncc , les fruits iloux par le nombre , ci les aromates par vingt grains. J'ai consult, pour ers indications mdicales , plu- sieurs auteurs de pharmacopes, amricaines parmi lesquels brillent les noms de Plumier^ de Nicolsoii , de Poupe-Desportes. J'ai eu, sur cet objet, des confrences avec M. D auberts , chirurgien-major de l'hpital militaire de la Providence au Cap ( Saint- Domingue ) , naturaliste zl , mais encore plus ins- truit} avec MM. Monier, mdecin en chef des h- pitaux du Port-au-Prince , Clemenceau^ Saij Bouilli^ chirurgiens des hpitaux de Saint-Marc , et autres qui mritent les plus grands loges pour leurs travaux assidus , et leur zle constant braver la chaleur ex- cessive du climat , l'poque recule o la science y tait encore son berceau. J'ai rpt moi-mme dans les hpitaux confis mes soins , les observations de ces illustres praticiens ; et dans cet ouvrage que tous ont dsir , je n'ai tenu compte que des espces qui leur taient familires , et dont ils avaient prouv les proprits . Outre que ma mthode rend plus facile la recher- che des analogues , elle convient , je crois , tous les systmes 5 car on reconnat gnralement aux plantes des vertus purgatives , bchiques , eirhines , siala- logues f toniques , etc. J'ai d'ailleurs, pour moi, les conseils et les exemples des grands matres de l'art ? Geoffroi , Linn , Chomel , et plus rcemment encore Murrai , Spielmann , Alibert , Hildenbrand , Schwilgu , Swidaur , tous observateurs exacts et profonds, qui, en rappelant la science ses vrais (*5) principes ? ont adopt ce mode d'organisation m- thodique. On a dit beaucoup de mal de l'histoire des plantes usuelles de Chomel, dont pourtant la mthode didac- tique est fonde sur l'exprience , et non sur des con- jectures. Il est vrai qu'on peut lui reprocher parfois de l'exagration, et mme quelques erreurs quant aux vertus imaginaires qu'il accorde certaines plantes sur la foi d'auteurs qui l'avaient prcd : mais Chomel vivait dans un temps o la saine philosophie n'avait point encore clair la science de sa judicieuse critique. Au reste ? ses succs dans la thrapeutique prouvent en faveur de son livre. Pourquoi ne point respecter la mmoire de ce mdecin studieux , et lui imputer des ridicules , parce qu'il n'est plus un auteur de nos jours 2 L'ouvrage de Chomel ne m'a pas t d'une grande ressource ? celui de Poupe-Desportes avait plus de rapport avec le mien , et quoique les recettes poly- pharmaques de ce mdecin soient en gnral trop pro- lixes et trop surcharges , j'ai profit cependant de ses heureuses dcouvertes , et des expriences qu'il ft pendant trente ans aux Antilles , dans une pratique dont les succs font le plus bel loge. J'ai galement puis aux sources de plusieurs autres mdecins ? recommandables et vridiques dans leurs malheurs comme dans leurs succs. J'y ai recueilli des faits propres justifier mes observations cliniques particulires. En adoptant ce mode de classification , je me suis toutefois attach garder un juste milieu entre la bo- (6) tankrue thrapeutique des anciens , el colle purement descriptive de nos jours. A L'poque o la science tait c u ore loigne d l'tat de perfection auquel l'ont leve des botanistes vraiment passionnes pour elle , ivail une crdulit aveugle pour les vertus de ccr- Eaines plantes 5 on exaltait bnvolement leurs pro- prits : aujourd'hui , on tombe dans l'excs contraire 5 on n'crit plus l'histoire des plantes que pour les d- crier , que pour leur refuser des avantages mille lois confirms par l'exprience. Cependant ces mmes d- tracteurs feront-ils la mdecine sans l'auxiliaire des plantes qu'ils semblent mpriser et condamner impi- toyablement l'oubli? comme s'il y avait quelque chose d'inutile dans la nature ! En vrit , celte d- ngation est une ingratitude marque pour les soins paternels de l'Auteur de toutes choses 1 Quis ut Deus l On cite encore avec vnration Hippocrate en m- decine, Ambroise Par en cbirurgie 3 leurs traitemens sont approuvs , et on se refuse reconnatre les mronrits des plantes dont ils ont recommand l'- tude et l'usage. On enrichit la langue franaise d'une multitude d'expressions grecques d'une nouvelle com- position, et on rejette avec mpris les mots tirs de la mme langue , parce qu'ils sont anciens. Un souris sardonique erre sur les lvres de nos nouveaux doc- teurs , la seule prononciation des mots ophtalmi- ques et hpatiques qui dsignent , d'une manire si prcise , les plantes destines combattre les affec- tions des yeux et celles du foie ; tandis que , par un caprice inconcevable , ils s'extasient en entendant les mots non moins anciens , cphalalgie , hydrophobie , qu'ils n'ont point encore exils du domaine de la science, et tandis aussi que ces rudits du moment se prosternent devant les mots azote et hydrogne, parce que ces mots sont de leur cration. On va plus loin , on proscrit des mots devenus essentiellement franais , par un usage qui remonte l'tablissement de l'art en France , et pourtant on ordonne chaque jour des potions stomachiques dans lesquelles entre l'eau de menthe , d'autres antispasmodiques dans les- quelles on formule l'eau de tilleul. Pourquoi donc ne pas conserver en tte des classes o on range ces vgtaux, ces dnominations expressives et simples qui indiquent si Lien leurs proprits ? encore si les noms nouveaux exprimaient des ides plus claires, plus positives ! certes ce n'est point par une sem- Llable rforme que la science a fait des progrs. De nos jours M. T^irey , d'accord avec les plus c- lbres mdecins de la capitale (1), en tonnant contre tous ces novateurs minutieux et scrupuleux l'excs , . qui sont plutt, dit-il , les dtracteurs que les pros- lytes de la science 5 ne reconnat-il pas galement aux plantes , des proprits directes et indirectes sur nos organes (2) ? C'est donc tort que certains nologues refusent aux plantes des proprits sanitaires que plu- (1) Mot botanique du Nouveau Diction. d'Hist. nat. , t. . . . pag. 178. (2) Voyez, Bulletin de Pharmacie , mai 181 3, n. 5, pag. 192 et suivantes. ( =8 ) sieurs sicles leur oui mrites, et qu'ils lei regardent comme superfluei dans la nouvelle pratique de la m- decine, en outrant leur inutilit. Certes, on fer;* une diffrence 'nonne dans l'administration interne ou externe des euphorbes avec les guimauve* , de la Jbryone avec la tanaisie , de la sauge avec les grami- nes : emploiera-t-on J 1 h u i 1 e caustique de la noix d'a.- cajou dans un collyre ? relevera-t-on les forces lan- guissantes de l'estomac avec la molnc , au lieu d'em- plover l'absinthe et le quinquina? Le papayer , la cvadille , et autres vermifuges hroques , n'auront- ils pas la prfrence sur le feuillage inerte et insipide du bambou? Je sais qu'il faut tre circonspect , avant de prononcer sur les vertus d'une plante 5 mais quand un usage journalier en a dmontr les avantages , on ne peut dclamer contre, sans tre accus de pyrrho- nlsme. Je sais que toutes les plantes n'ont pas de proprits bien reconnues, et je suis loin d'pouser les erreurs et les prjugs du peuple qui attribue , par exemple , la mlisse, cueillie avant le soleil, le pouvoir des philtres amoureux. Ne soyons donc pas exclusivement enthousiastes d'un systme aux dpens d'un plus nou- veau, et coutons les auteurs clbres qui savent con- server aux vgtaux des proprits qu'on ne devrait pas leur refuser. Si l'on ne peut douter en Europe de celles de la bardane , de la patience , de la scabieuse , de la pense sauvage , qu'on recommande sans cesse comme toniques et dpuratives , oubliera-t-on aux Antilles les services que rendent tous les jours la sal- separeille et le gayac ? refusera-t-on la moutarde ses (J>) qualits errhines et sialalogues , ou , si Ton veut , irritantes , puisqu'on l'emploie sans cesse dans les si- napismes ? Qu'on appelle poudres irritantes , au lieu de pou- dres errhines le tabac, l'ellbore, etc. , que m'importe, c'est une guerre de mots , car si je veux agacer la membrane pituitaire et provoquer l'ternument j'emploie le tabac \ on refuse l'origan, au serpolet, au thym, la marjolaine, le nom de plantes cpha- liques , et j'observe qu'on les indique nanmoins de prfrence dans les affections de la tte , dans les c- phalalgies catarrhales , et lorsqu'il s'agit de porter la peau. Le mot cphalique indique le sige des ma- ladies auxquelles elles conviennent plus particuli- rement, ne vaut-il pas bien celui banal de stimulante ou de tonique...!; Pour moi je souris de piti quand j'entends un tudiant , porteur d'appareil pansemens , rpter, comme un perroquet , il n'y a plus de plantes vul- nraires ! et comment, ignorant prsomptueux, nommerez- vous donc celles qu'on emploie dans les dcoctions qui servent panser les blesss ? allez, si vous l'osez dire un praticien consomm de Charleston, que le polygala n'est plus un alexitre 5 quand celui-ci l'a cent fois employ avec succs contre la morsure du serpent sonnette ( crotalus horridus. Lin. ) , allez soutenir un Martiniquais ou tout autre habitant des Antilles que le sucrier de montagne (bois cochon) n'est plus un vulnraire , quand cette proprit lui a ivA donner le nom de l'animal qui le premier la lui ( 3o ) a reconnu (i); mais c'est assez combattre des abus aujourd hui trop accrdits pour que ma voi* soit entendue. Toutefois le nouveau systme , abstraction faite de ses dnominations , me parat prfrable l'ancien , puisqu'il vite la confusion des principes. N ayant point riulcutioii de fronder l'opinion des savans mdecins qui ont crit sur la matire mdicale, j'ai cru devoir marcher aprs eux dans la carrire qu'ils m'ont ouverte. Cependant, malgr tous mes soins, je dois m'attendre que ma nomenclature trou- vera des critiques, peut-tre mme des dtracteurs 5 car tel voudrait qu'on parlt uniquement des plantes * l - Ml 1 I^M l | | _ J 1 I '- (1) Certes, j'accorderais plus de confiance certaines multresses exerces par une longue pratique et beau- coup d'assiduit dans les hpitaux , qu' certains mdi- 'castres imberbes que la mer vomit quelquefois sur les plages de nos colonies. Il ne dbarque que trop souvent aux Antilles, de ces tres impudens , ineptes et dange- reux qui n'ont fait d'autres tudes que celles d'observa- tions superficielles pendant le court trajet de leur traver- se en servant d'infirmier au chirurgien d'un btiment marchand, qui souvent n'a pas eu un seul malade traiter. ISanmoins, ces parasites, en mettant le pied terre, osent se munir d'un lancetier , et les voil en exercice ! 1 ! Ainsi de l'art le plus noble et le plus prcieux l'huma- nit , ils en font , par les abus qu'on y tolre , un art drisoire et mpris. J'ai cit dans mes Voyages d'un naturaliste ( Paris , 1809 , chez Dufart. ) plusieurs de ces traits d'une impritie coupable, qui ont cot la vie des malheureux assez aveugles pour confier leur existence de semblables empiriques. ( 3! ) usuelles : tel autre demanderait plus de dtails bota- niques 5 celui-ci ne reconnat de proprits Rivaux plantes de son petit rpertoire 5 celui-l que celles dont il a charg ses formules ; un autre encore s'ima- gine avoir trouv une panace dans une espce jus- qu'alors inconnue 5 le paysagiste enfin dsirerait qu'on donnt le port de chaque arbre indpendamment des dtails botaniques de grandeur naturelle. La thrapeutique d'Alibert et le manuel mdical de Nysten j m'ont particulirement servi de guides dans la nomenclature que j'ai adopte. Voici donc com- ment j'ai cru devoir diviser mes classes. La l re CLASSE TRAITE Des plantes qui excitent la tonicit du systme des voies digestives : elle comprend ? i. Les stomachiques aromatiques. 2. id. amres fbrifuges. 3. id. antiscorbutiques. 4. id. vermifuges. 5. id. astringentes ou styptiques La 2 e . CLASSE Des plantes qui agissent sur la moitilit ou con- tractilit musculaire de l'estomac : elle renferme les plantes purgatives mtiques. (3.) LA 3'. CLASSE Des plantes qui agissent sur la moitiht ou des matires surabon- dantes et visqueuses qui le surchargent. ( Plantes dites bchiques ou pectorales ) parmi lesquelles se distinguent ? io. Les Bchiques adoucissantes ou sdatives de la muqueuse bronchique. 2. Les Bchiques incisives ou excitantes de la muqueuse bronchique. 3. Les Bchiques aromatiques ou toniques de la muqueuse bronchique. La 9e. CLASSE ' Des vgtaux qui agissent spcialement sur les pro- prits vitales du systme de la circulation ? pour mo- drer l'excs de la chaleur animale : ou Plantes dites rafrachissantes , savoir : i. Les espces rafrachissantes aqueuses, ou DLAYANTES. 3 ( 34 ) a. Les espces rafrachissantes mulsivea ou temprantes* d. id. rafrachissantes acides. La 10 e . CLASSE Des espces vgtales qui agissent d'une manire spciale sur les proprits vitales du systme nerveux, ou plantes antispasmodiques ? savoir : i. Les espces antispasmodiques aromatiques. 2. id. antispasmodiques ftides. 3. id. antispasmodiques narcotiques. La 11 e . CLASSE Des substances vgtales spcialement diriges sur les proprits vitales de l'organe de la vue, ou plantes antiophthalmiques ? savoir : i. Antiophthalmiques mollientes. 2. id. rsolutives. 3. id. astringentes et fortifiantes. LA 12 e . CLASSE Des vgtaux spcialement dirigs sur les proprits vitales de l'organe de l'oue ? ou plantes dites anti- acoustiques , savoir : i. Antiacoustiques mollientes. 2. id. stimulantes. ( 35 ) La i3 e . classe Des substances spcialement diriges sur les pro- prits vitales de l'organe de l'odorat ? en irritant ou titillant la membrane muqueuse nasale : i. Plantes dites sternutatoires irritantes. a . id. errliines titillantes ou srifuges. La i4. classe Des substances vgtales spcialement diriges sur les proprits vitales de l'organe du got 5 comme excitantes des organes salivaires ? de la muqueuse buccale et de la gutturale. Plantes dites masticatoires ou sialalogues. La i5 e . classe Des vgtaux spcialement dirigs sur les proprits vitales de l'organe du toucher. Plantes dites tactiles excitantes. La l6e. CLASSE Des substances vgtales qui agissent d'une manire spciale sur les proprits vitales du systme Der- mode considr comme organe absorbant. Plantes dites iatralep tiques. ( 36 ) La 17e. classe Des substances vgtales spcialement diriges sur les proprits vitales du systme Dermode considr comme organe exhalant. Plantes dites sudorifiques. 1 e1 . Degr diaphortiques. 2 e . id. sudorifiques, La 18 e . classe Des substances vgtales spcialement diriges sur les proprits vitales du systme Dermode absorbant; en modifiant les plaies et protgeant leur cicatri* sation. Plantes dites dtersives, La 19 e , CLASSE Des vgtaux qu'on peut diriger spcialement sur les proprits vitales du systme Dermode considr comme organe sensible. Plantes dites pispastiques, 10. pispastiques rubfiantes, 2<>. id. vesicantes. La 20e. classe Des plantes excitant une exsudation sreuse la surface de la peau sans dterminer la vsication. Plantes dites mollientes. ( 37 > La 21 e . CLASSE Des plantes propres rtablir la fluidit des hu- meurs coagules ? et portes l'extrieur en un seul point. Plantes dites rsolutives. LA 22 e . CLASSE Des substances vgtales spcialement diriges sur les proprits vitales de l'appareil gnital de l'homme. Plantes dites aphrodisiaques ou stimulantes directes des organes de la gnration. La 23 e . CLASSE Des substances vgtales spcialement diriges sur les proprits vitales de l'appareil gnital de l'homme. Plantes dites antiaphrodisiaques ou rfrigrantes di- rectes ou sdatives des organes gnitaux masculins. La 24 e CLASSE Des substances vgtales qui agissent sur les pro- prits vitales de l'appareil gnital de la femme. Plantes dites emmnagogues ou excitantes directes de la matrice et de ses dpendances ( 38 ) La a5 e . classe Des substances vgtales propres calmer l'irrila- tiou ou (teindre la sensibilit des organes gnitaux fminins. Plantes dites antibystriques on rfrigrantes directes on sdatives de la matrice et de ses dpendances. Je n'ai point hsit comprendre sous les premiers numros , les plantes essentiellement doues de vertus non quivoques, et reconnues aux Antilles parles gens de l'art et par les habitans. J'en donne la figure tel- lement exacte , que l'on pourrait , la rigueur, se passer de la description botanique. Afin de multiplier les ressources, en cas d'urgence, j'ai pens qu'on serait bien aise de trouver aussi , la fin de chaque classe , les espces analogues quoique moins prouves. Chaque contre produit les plantes ncessaires ses habitans. J'ai donc limin de la thrapeutique des Antilles toutes les drogues des autres parties du monde , afin d'affranchir ces colonies del ncessit de payer un tribut l'tranger, ou d'aller chercher, soit en France soit en Asie, ce qu'il faut pour soulager un Amricain. Aux Antilles les plantes ne sont pas les mmes qu'en Europe 5 elles en diffrent sous beaucoup de rapports 5 mais , par un bienfait de la Providence qui veille sur les besoins de ses cratures, en quelque en- droit de l'univers qu'elle les ait places, on y retrouve avec de certaines modifications, les verveines , les centaures , les vroniques , les matricaires ? les r 3 9 ) aristoloches , etc. , et on remarque avec admiration que ces analogues, quoiqu'avec des caractres Lien dis- tincts, possdent des vertus peu prs semblables. Le cresson , et un menyanthe , plantes si ncessaires au traitement du scorbut, croissent et fleurissent en Amrique comme en Europe, sur le bord des ruisseaux et des tangs. Si la scrupuleuse observance des rgles de l'hygine prvient aux Antilies beaucoup de maladies, combien elles seront peu graves, lorsqu' leur invasion, on les combattra avec' les plantes dont les vertus sont constates par l'exprience. Tout le soin consiste faire un juste choix, selon le besoin, parmi les espces nommes purgatives , apritives , antispas- modiques et autres qui composent ma Flore mdicale des Antilles, de laquelle j'ai cart une foule d'espces vertus imaginaires. Cependant il ne faut pas croire que ces mmes plantes , quoique classes d'aprs leurs proprits reconnues, produisent toujours l'effet annonc par leur dsignation. Il est des circonstances o le mdecin seul, peut en faire la juste application, et c'est ce choix qui confirme leurs proprits. Comme la description la plus exacte et la plus mi- nutieuse ne saurait inspirer assez heureusement un des- sinateur , pour composer son esquisse , d'aprs le pro- tocole botanique} et qu'elle peut au contraire, donner lieu des mprises dans l'analise d'une plante {souvent suspecte ou dangereuse) , rien ne vient mieux au se- cours de son tude que le dessin de la plante elle- mme. Cette collection figure soulage la mmoire , flatte la vue et conduit des rsultats assurs. J'ai vu <40 en France, dans L'ancienne province du Gatnois, oit j'exerce j un malade me prsenter du cancans, qu'un officier Sance du lundi t.j. Alai iS? i y sur la Flore mdi- cale des vin tilles j par AT. Descourtilz, Doct. m d., eta Les plantes clcriles par M. Descourtilz sont au nom- bre de 600, divises en 2.5 classes ou ordres, d'aprs leur mode d'action prsum, ou leurs effets thrapeutiques. Chaque espce est dsigne par un nom franais et par celui qu'elle porte aux Antilles. L'auteur indique en mme temps la classe et le genre auxquels elles appartien- nent dans les ouvrages de Tournefort , Linnus et de M. de Jussieui Les descriptions sont faites avec soin* Quoique la matire mdicale soit le principal but de l'auteur, il n'a pas nglig d'indiquer les usages auxquels les mmes plantes sont employes , soit dans les arts , soit dans l'conomie domestique. Il traite aussi de leur culture , et il indique la nature des terrains qui leur con- viennent. Sous tous les rapports , la Flore de M. Des- courtilz nous a offert beaucoup d'intrt. Nous pensons que M. Descourtilz mrite les encou- ragemens de l'Acadmie , et qu'il faut l'engager publier un ouvrage intressant pour les botanistes et pour les mdecins qui voudront connatre les divers usages aux- quels on emploie les plantes qui croissent aux Antilles . Sign Desfontaines 5 Dumer.il ? Rapporteur^ L'Acadmie approuve le Rapport , et en adopte les conclusions. Certifie conforme l'original : Le Secrtaire perptuel , Conseiller d'Etat , Officier de l' Ordre royal de la Lgion d' Honneur , Sign B. Cuver. FLORE MDICALE DES ANTILLES, o u TRAIT DES PLANTES USUELLES DES COLONIES FRANAISES , ANGLAISES , ESPAGNOLES ET PORTUGAISES. CLASSE PREMIERE. Des plantes qui excitent la tonicit des voies digestives. i. Stomachiques aromatiques. VVVVVVVVVWVA/VWV"VWiWWVWV> SOMMAIRE. Les connexions directes et sympathiques du sys- tme des voies digestives avec les autres organes y -prouves par V altration du mouvement vital ? si V ] estomac est pathologique ment altr ? on doit con^ dure que les substances qui peuvent augmenter ces mmes forces vitales sont les stomachiques ou toni- ques , dont on distingue plusieurs espces^ indiques diaprs leur manire d'agir. Nous nous contenterons d'offrir une seule livrai- son des stomachiques aromatiques dans ce volume ? puisque la plus grande partie de ces vgtaux bal-, 1 samiqueSy trouvent une place utile 7 et plus conve- nable dans les elasses spciales des bchiques , des anti-spasttiodiques 7 des alexiteres et des aphrodi siaques. Les plantes aromatiques et les spiritueux con- viennent dans les ataxies ; comme celles amres et celles astringentes sont particulirement indiques dans tous les cas cVadjnamie. En gnral , on doit diriger les puissances des toniques ? diaprs les dif- Jrens modes d'altratio?i des Jonctions du malade. Nota. La classe des stomachiques comprend : i. Les stomachiques aromatiques. 2. id. amres ou fbrifuges. 3. id. anti-scorbutiques. 4. id. antkelmintiques. 5, id. astringentes. //(.. './.'/-. />.:t..rtiiltt\ J'aiJ- alru-/ , '.'//// M 1 M ( 3 SA DE FAKN E S 3 3 (3) A C A C I E ODORANTE, (i) ( Stomachique aromatique. ) EN GREC ciKolKlU DE UX.V] , EPINE , AIGUILLON. Synonymie. Mimosa odorata farnesiana. Lin. , cl. 23. Polygamie moncecie. Juss. , class. 14, ordre 2 e . les lgumineuses. Acacia globularia , luten , odorata 7 Plum. , vol. 7 , p. 70. Acacia arborescens Americana spinosa siliquosa , foliis tamarindi. ( Nicolson. ) Acacia indica foliis scorpioidis leguminosae , siliquis fuscis teretibus , resinosis. H. L. Bar ( Tournefort) , cl. 20. Bauliin ri;y| , lib. 2, sect. 1. Les An- glais et les Espagnols lui conservent le nom gnrique d'AcACIA. Caractres botaniques. Epis stipulaires distincts, feuilles bipinnes ? les partielles huit paires de fo- lioles ? pis globuleux sessilles. ( V^ivace. ) Linn. par Joliclerc. Histoire naturelle. L'acacie odorante ? est un arbrisseau de douze quinze pieds de hauteur , tor- tueux, fort branchu et arm de fortes pines, caches quelquefois par des touffes de feuilles ? d'un vert in- (1) En comparant PAcacie odorante des Antilles, avec celle d'Egypte , dcrite dans la Flore du Dictionnaire des sciences mdicales , on serait tent de trouver de la res- semblance entre ces deux espces , parce que le feuillage et la floraison ont beaucoup de rapport , mais les siliques diffrent essentiellement 5 PAcacie d'Egypte offre des siliques renflemens trangls , celle des Antilles a des gousses cylindriques compartimens relevs , enchsss ? d'un noir violet. 1* (4) constant, et souvent dcolore. Il se plat dans les savanes arides des Antilles, et sur les bords de la mer. Lorsque l'air est calme, la brise de terre souffle matin et soir les parfums de Pacacie odorante plu- sieurs lieues en pleine mer , et console le marin , en lui annonant les attrages. Cette fleur dcle aussi sa prsence sur terre , quoiqu'tant drobe la vue par les cierges et d'autres mimoses pineuses qui se plaisent , comme elle , sur les terrains maigres des battes. Son odeur suave , qui a beaucoup de rapport avec celle du uiolier jaune d'Europe^ embaume l'air des contres qui favorisent sa vgtation. L'indiscret pourtant , en cueillant ses fleurs odorantes est puni quelquefois de son imprvoyance par la piqre d'- pines trs-aigus dont certaines parties de la tige sont hrisses, liosa ion vidi mai senza la spina. Caractres physiques. Les racines de l'acacie ont une corce brune , et d'une odeur d'ail insupporta- ble 5 elles sont multiplies et traantes. Les feuilles doublement ailes , en portent de partielles huit paires opposes , longues de deux ou trois lignes. Les fleurs axillaires, monoptales et polyandri- ques sont trs-odorantes ; d'un jaune clatant 5 p- doncules fcondes ou striles , elles sont quelquefois solitaires , mais souvent grouppes en bouquets glo- buleux, forms par une infinit de fleurons dont les calices portent une touffe d'tamines. Ces petits fleu- rons runis offrent une masse sphrique dont les anthres sont couvertes d'une poussire jaune. Le pistil, qui se trouve dans la fleur, produit, lorsqu'elle est passe 7 une silique courte ? ronde ? articule , (5) pourvue intrieurement de loges transversales ,. ren- fermant , dans une pulpe visqueuse , plusieurs se- mences oblongues et noirtres. Dans quelques va- rits ces siliques se trouvent disposes en cercle ou en bracelets 5 les pines au nombre de trois ou quatre sont axillaires. Analyse chimique. Le suc qu'on relire des gousses vertes est amer et astringent. L'corce des racines contient du tannin soluble dans l'eau bouillante 5 combin avec une substance extractive verdtre qui dcompose les sels martiaux , l'exemple de la noix de gale et des autres astringens , il donne un prcipit noir employ par les teinturiers et les tanneurs. Proprits particulires. Les fleurs de l'acacie odorante , ne servent point seulement embaumer les appartemens des dames croles . elles en compo- sent des sachets et en parfument leur linge. Les feuilles de cette espce comme celle des mi- moses en gnral , sont sensibles Fmpression du soleil qui les fait ouvrir et s'carter , tandis qu'elles se rapprochent et se ferment en adhrant l'une con- tre l'autre ds que l'astre brillant se cachant dans le vaste sein des mers et privant l'hmisphre de ses rayons, rend la nature et aux colons une fracheur que ces derniers ont tant de fois appele pendant le jour. On voit les troupeaux de bufs, de cabrits, de moutons 5 les chevaux mme, rechercher avec a\i- dite le feuillage tendre de l'acacie odorante, qui ne leur est point nuisible. On compose avec les gousses vertes > la gomme qui (M suinte c\c l'arbre sans incision , un peu de Lois de cam pche, et le jus de cil ion, use encre tirs-noire et qui ne change point de teinte j si on fixe la cou- leur avec un peu de sulfate de zinc ou de cuivre. Le Lois procure un bon chauffage* PnorniTs mdicinales. On emploie les fleurs en infusion thiforme , dans les eardialgies nerveuses et dans les dyspepsies. Les siliques encore vertes, passes la presse, fournissent un suc astringent, qui, rduit en consistance d'extrait , se prescrit avec succs dans les diarrhes et autres flux excessifs pour calmer l'rthisme des membranes muqueuses. On l'ajoute aux collyres la fin des ophtalmies sreuses, et on le recommande en fomentations dans les anasarques, les chutes du rectum et celles de l'utrus. Son corce est recherche par les Ngres qui en ceignent les articulations pour apaiser les douleurs de ces parties. Sans ajouter foi la vertu , peut-tre trop exagre de ces pithmes, j'ai ordonn son corce avec succs , en dcoction pour les bains que je prescrivais dans certaines fivres ataxiques. L'eau du bain devient nbuleuse par la solution des prin- cipes rsineux de l'corce. Il y a d'autres espces d'acacie que l'on rencontre dans les forts des Antilles dont les vertus, quoique in- diques astringentes , ont besoin de passer encore au creuset de l'observateur. Parmi ces espces on remar- que le mimosa toriuosa ( Lm.), pis stipulaires , feuilles bipinnes, 4 jugues 5 glandule entre les der-, nires pinnules, six paires de folioles, et pis glo- buleux. ( Jamaque, p^iyace. ) (7) Explication de la planche premire, A/V> *< V\ %< VWV\ WVWIVWI Le rameau d'acacie odorante est rduit moiti grandeur naturelle. 1. Fleuron spar et grossi. ( ) ABRICOTIER DES ANTILLES. ( Stomachique aromatique. ) Synonymie. Mammea americana, Lin. Mammei magno fructu , persicae sapore. Plum. , vol. 6, pa. io4- Manchiboni des Carabes. Carrre. Malus persica. Sloan. Mammea Brwn. Mammay. Dalec. Ord. class. 5, sect. 9. Tournef. -Class. i3 , Polyan- drie monogynie. Lin. Fam. 54 > les Cistes. Adanson. Fam. des Guttiers. Jussieu. Caractres botaniques. Corolle de quatre ptales. Calice deux pli yl les. Baie trs-grande quatre sper- mes. Etamines plus courtes que les ptales ( Vivace) Saint-Domingue ? la Jamaque, Cuba et les autres les Antilles. Histoire naturelle. L'abricotier des Antilles est d'un port majestueux et devient trs-touffu 5 il affecte la forme conique pyramidale. Il s'lve la hauteur de quarante soixante pieds. Sa racine est partie traante et partie pivotante: le tronc a jusqu' quatre pieds de diamtre. Son corce est gristre > cailleuse 5 son bois est blanc , gommeux et facile fendre ? le feuillage est sombre comme celui des vieux buis dont il a la couleur. Les feuilles paisses et dures sont poreuses ? comme celles du milpertuis ? si on les examine entre l'il et la lumire. Elles sont ovales ; obtuses, chancres en cur l'extrmit libre ? d'autres fois trs-entires , garnies d'une cte saillante, laquelle viennent aboutir des nervures superficielles obliques et trs-nombreuses formant des rseaux irrguliers. Ces feuilles sont d'un vert Thcvdrt Ast\'ft^ft/\ Pw.x- Jit'ovm Ol'it/jr \U IU OT fi K fli DES M'r fliLILJK s . \ > trs -fonc en dessus , clair en dessous. Elles ont de huit neuf pouces de longueur , sur quatre cinq de largeur. Le Mammea porte des fleurs hermaphrodites , et souvent des fleurs mles ou femelles distinctes. Les fleurs rosaces sont composes de quatre ptales ar- rondis , obtus , creuss en cuiller , blancs , d une odeur suave et d'un got astringent , le pistil arrondi est environn d'tamines , dont les anthres sont jaunes : le calice entier , est divis en deux parties. Le pistil devient un fruit charnu , succulent, sph- rique , de trois six pouces de diamtre , et est cou- vert d'une pellicule peu paisse , d'un gris jauntre , grumeleuse et qui blanchit en mrissant. La partie comestible est spongieuse, d'un jaune rutilant , en se rapprochant du centre, puis blanch- tre excentriquement , traverse par des veines lactes d'une odeur pntrante et aromatique, et d'une sa- veur douce. La pulpe auricolore , recouvre depuis un jusqu' trois noyaux ovales , convexes suprieure- ment , et concaves du ct qu'ils se touchent , coin- poss de plusieurs filamens poss en tout sens les uns sur les autres , de dix-huit lignes de largeur sur prs de trois pouces de longueur , lisses en dedans , d'un beau rouge carmin l'intrieur o se trouve ren- ferme une amande ligneuse , d\m got acre , de couleur bruntre . bilobe : on se sert du suc de cette amande pour tracer sur le linge des lettres que rien ne peut effacer. Proprits particulires. La fleur de l'abrico- tier des Antilles- joue un grand rle dans la compo- (1) sition des liqueurs de ]a Martinique. C'est son arme agrable, qui donne la fine crole sa juste clbrit. D'autres composent un ratafia plus conomique , et cependant trs-agrable , avec le suc d'abricots , le gingembre , la fleur d'orange et l'alcohol. Le bois facile fendre , fournit peu de frais, du merrain , des essentes , des poutres et autres mat- riaux utiles. Il dcoule du corps de l'arbre , par inci- sion j un suc gommeuXj que les Ngres recherchent pour dtruire les chiques dont ils sont incommods , principalement dans les mornes o cet arbre se ren- contre le plus souvent. Proprits mdicinales. La forme du fruit change : il est rond et quelquefois cordiforme. On le mange rarement cr , parce que sa chair est com- pacte et indigeste, mais on le fait infuser, avant le repas , dans du vin sucr , aromatis avec la canelle et le grofle , ou en compote. On le sert aussi candi, alors il est stomachique, et prvient les dyspepsies. Explication de la planche seconde. Le rameau d'abricotier est reprsent au quart de grandeur naturelle. . Fleur entire rduite moiti. 2. Calice contenant le pistil qui surmonte l'ovaire. 3. Fruit ouvert pour laisser voir deux noyaux renfer- ms dans une mme loge. 4- Noyau coup transversalement. La figure de l'a- mande est marque par des points. /'/. s. jrtwr? Descoitr/ux -Pin*v m&recd Sculp^tt 7 - CRO T ON CAS CARI LL K . ( ) C AS C ARILLE, SAUGE DU PORT-DE-TAIX. ( Stomachique aromatique. ) Synonymie. Ricinodes americana aeleagni folio ( Plum. Spec. 20. Tournef., append. 656.) Croton cascarilla foliis lanceolatis, acutis, integerriinis, petiolatis, subts tomentosis , caule arborea : Lin., class. 21, monoecie, Monadeiphie. Euphorbes , Jussieu , class. i5 , ord. i er . (Vivace.) Sauge du Port-de-Paix. Nicolson. Croton feuilles deChalef de Tournefort. Cascarilla. Anglais et Espagnol. Chacrelle , cascalote , quin- quina gris aromatique. Ecorce leutrienne. Caractres botaniques. Mle. Calice cylindrique cinq dents. Corolle de cinq ptales, dix taruines ou quinze. Femelle. Calice polyphille 5 Corolle nulle 5 trois styles bifides 5 Capsules trois loges , une semence. Histoire naturelle. Les Ngres gurisseurs des environs du Port-de-Paix (le de St.-Domingue ), o cet arbrisseau forme des bocages entiers , font une panace de la cascarille. Proprits physiques. Cet arbrisseau s'lve la hauteur de quatre six pieds , il se plat dans les endroits secs et arides 5 son tronc court, mais pais, est d'un gris cendr. Il fournit des branches nom- breuses, cassantes , d'une odeur aromatique. Les ra~ meaux, cylindriques, sont feuilles et recouverts d'une ecorce d'nn gris blanc. Les feuilles , comparables celles de l'amandier d'Europe ? sont entires ? alternes ? ptiles ovales ( ) lancoles , luisantes ? pres au toucher par la pr- sence de nombreuses cailles stelliformes ou en forme de cliausse-trape de diverses grandeurs ? d'un blanc argent avec un point noir au milieu ? d'un vert d'aigu marine en dessus et argentes en dessous. Cette dcouverte est due M. Turpin. Les fleurs monoques sont petites ? blanches ou purpurines ? disposes en pis l'extrmit des ra- meaux. Les fleurs mles offrent un calice double ,. decaphylle , quinze tamines , dont les filamens sont fascicules leur base. Les fleurs femelles offrent un calice double , trois styles bifides ? et une capsule obronde , trois lobes latraux arrondis ? trois loges bivalves , contenant chacune une semence ovode noirtre. Analyse chimique. D'aprs Tromssdorff. La cas* carille contient ? du mucdage , un principe amer, de la rsine et une huile volatile , ce qui prouve que l'alcohol est le meilleur menstrue employer pour en obtenir les proprits. Proprits mdicinales. L'corce aromatique de la cascarille , est le plus gnralement employe en mdecine. On l'envoie en Europe par fragmens rou- ls ? comme celle de la canelle ? mais seulement de la longueur de deux ou trois pouces. Elle est peu paisse ? d'une cassure rsineuse , d'un gris cendr l'extrieur 5 de couleur de rouille en dedans ? et sous l'piderme qui est rugueux. Cette corce acre , d'un got amer ? est d'une odeur aromatique fort agrable , et comme ambre , surtout lorsqu'on la brle. C'est un excellent fbri- ( i3) fuge y qui remplace d'autant plus avantageusement le quinquina et le simarouba > qu' une dose plus faible ? elle produit les mmes effets , sans qu'il soit ncessaire d'en continuer l'usage aussi long-temps. On prescrit la cascarille comme lgrement astrin- gente pour arrter les lochies trop abondantes et le vomissement. Elle est , pour cette mme vertu , re- commande dans les dyssenteries chroniques et les diarrhes rebelles 5 dans les affections muqueuses et les cachexies. Son usage est d'autant moins rpu- gnant aux malades ? qu'on peut donner de trs- petites doses , l'extrait que M. Boulduc nous a appris en retirer par l'alcohol. On fait usage des feuilles du croton cascarille > en infusion thiforme ( ce qui a fait donner la plante le nom de th du Port-de-Paix ) : cette boisson aug- mente sensiblement la tonicit du systme des voies digestives , flatte le got et l'odorat > mais avant d'en faire usage il faut avoir la prcaution de la filtrer pour retenir sur le blanchet , les petites chaus- ses-trapes ? dont la surface des feuilles est tapisse ? et que M. Turpin y a reconnues. C'est en raison de ses principes constituans ? que la cascarille est un des meilleurs stimulans pres- crire dans les fivres exanthmatiques , dans les fi- vres ataxiques compliques de spasmes ? de carus et de prostration 5 alors on lui associe des excitans plus diffusibles 7 tels que l'ther , le camphre ? etc. On imite fort bien les cigarres de la Havanne , en ajoutant aux feuilles de tabac fumer une certaine quantit de poudre de cascarille. Cette, prparation ( 14) n'a d'autre inconvnient que de causer des vertiges , si on en a mis un peu trop. La cascarille est recherche en teinture pour le beau noir qu'elle procure. La couleur en est solide , et pntre parfaitement les toffes qui en sont im- prgnes. Les habitans du Mexique , dit Valmont- Bomare ? doivent aux naturels de la Californie le se- cret de tirer la partie colorante de ce vgtal. Mode d'administration. La cascarille s'emploie en poudre ? en essence ? en extrait et en infusion, la dose de 3o ou ^.o grains dans un vin gnreux. On ordonne le sirop la dose de quatre six gros. Il sert pour la prparation des bols et des lectuaires. Quand on veut la prendre en dcoction on fait bouillir ? pen- dant dix minutes ? vaisseau clos , quatre gros de Fcorce dans une livre d'eau ? et on dulcore la co- lature avec deux onces de sirop de gingembre. Explication de la planche troisime .:,,;{,./;. 4 './/'. ,t>/ J<\<-/p t c//. aOUCOUER. (i5) ROUGOUYER ou ROUCOU. ( Stomachique aromatique. ) Synonymie. Mitella americana maxima tinctora. Plum., vol. 7 , p. 85. Tournefort. Boerhave. Bixa orellana. Linn. Urucu de Pison. Orellana folliculis Lapaccis. H. L. Bat. Herm. Baburi, clus. Aclvjtl, hern. Bixa , oviedo. Arbor firium regundorum , Scalig. Arnotto Dalech. Arbor mexicana coccifera. C. B. Raj-Joust-Acliiote , encatabi , cocliehuc des sauvages Carabes mles. Les femmes l'appellent Biche t ( Yalmont-Bomare) , ord. , class. 6, sect. 3, genr. 7, Tournefort, Rosaces. Classe i3, polyandrie mono- gymie, Linn. Fam. 48 les tilleuls, sect. i re , Adanson. Sect. 2 e . , Jussieu, Fam. des saxifrages. Achioti- sen medecina tingendo apta, hem. Tournefort a donn au Roucouyer le nom latin Mitella , qui signifie petite mitre, cause de la forme du fruit de cet arbre. Caractres botaniques. Corolle de dix ptales ? calice cinq dents } capsule hrisse deux valves. Histoire naturelle. Ce bel arbre qui fait l'orne- ment des bois de l'Amrique , o il se rencontre ? flatte l'il par les nuances les plus douces et les cou- leurs les plus clatantes. On y voit contraster d'une manire gracieuse ? le ton ros des fleurs et le violet purpurin des gousses, avec le vert gai du feuillage. Proprits particulires. On recueille deux fois par an , les gousses du roucouyer , savoir dans les secs vers Nol , et dans le temps des pluies vers la St. -Jean. Cette dernire rcolte produit davantage. La maturit de la gousse est dclare lorsqu'elle Couvre d'elle-mme sur l'arbre. ( i<5 ) Ou relire de celte graine , par infusion ou mac- ration , une pte ou extrait qu'on appelle Roucou , et dont on fait usage dans la teinture. Les Carabes la dissolvaient dans l'huile , puis s'en barbouillaient le corps et en teignaient leurs hamacs 5 on a remar- qu que plus on la travaille en grand et plus la cou- leur est vive. Il en est de mme lorsqu'on le fait scher l'ombre au lieu de l'exposer l'action d- colorante du soleil. Lorsqu'on vapore une petite quantit de solution, on n'obtient qu'un extrait noir 5 pour avoir une qualit parfaite, il faut que le roucou puisse se dissoudre entirement dans l'eau : il faut aussi qu'il soit de couleur de feu , et plus vif au de- dans qu'au dehors , doux au toucher et d'une bonne consistance. On donne telle forme que l'on veut la pte , qu'on enveloppe de feuilles de balisier. Les ouvriers qui le travaillent , prouvent des cphalal- gies qu'on peut attribuer l'odeur pntrante de la graine du roucouyer qui exhale des manations ftides pendant la macration, tandis que son parfum de violette ne se fait sentir qu'aprs. Quelques insulaires en faisaient entrer dans la com- position du chocolat, dit Bomare 3 et Barrre (Ess. 179) assure que le roucou , est le contrepoison du Manioc 5 mais cui Jideas vide. Toutefois il fortifie l'estomac et arrte le cours de ventre \ le linge en reoit des taches, que le soleil seul peut effacer la longue. Il existe une espce de roucouyer fruits inermes. Caractres physiques. Le roucouyer s'lve la hauteur de douze quinze pieds , il est fort touffu 5 ses tiges sont droites , mais trs garnies de feuilles 5 on a sou de l't 1er pour faciliter la rcolte de ses gousses. Son bois est blanc , cassant, et susceptible de s'en- flammer par le frottement. On fafc des cordes avec son corce. Ses feuilles sont grandes , cordiformes , sans den- telures , minces, longues de quatre cinq pouces sur trois de largeur, alternes, lisses, luisantes, d'un beau vert clair , et garnies en dessous de plusieurs nervures rousstres : elles sont ptioles. Les jeunes rameaux produisent deux fois par an , leur extrmit , des groupes de fleurs rosaces , larges, d'un rouge ple, avec les bordas plus colors. Elles sont inodores et insipides , pourvues de nom- breuses tamines et d'un pistil. La corolle a dix ptales , veins et disposs sur deux rangs. Le calice a cinq dents: il leur succde des gousses arrondies, d'un deux pouces de diamtre , d'un violet purpurin, et hrisses de pointes d'un rouge fonc. Ces gousses sont comprimes: elles rougissent en mrissant, et s'current en deux parties gales : elles contiennent de petites graines rides , de la grosseur de celles de coriandre , couvertes d'une pulpe visqueuse, d'un rouge de feu , et d'une odeur assez forte. Elles ont la forme d'un ppin de raisin, et sont fixes par des filets ou placentas oblongs : la graine spare de la pulpe est noirtre , et lgrement aromatique. Les Ngres l'emploient comme condiment. Analyse chimique. Je n'ai rien de positif relater au sujet des parties constituantes du roucouyer. Proprits mdicinales. La proprit aromatique % \ (*8) du roucouyer , l'a probablement fait choisir pour la poudre aphrodisiaque de TVakaka des Indes, dcrite ainsi dans le formulaire magistral de Cadet Gas- sicourt. 'Jfi Cacao mond, . . , . ^ Sucre ? Sucre de vanille ... 3 Canelle 3 Roucou sec 3 j- B. . . iv. . . vi. \ . . j. Faites une poudre selon l'art. Nicolson regarde ? au contraire, la pulpe des fruits du roucouyer comme rafrachissante et astringente. Explication de la planche quatrime. W */VWWW\/W\*/WW\ Le rameau de roucouyer est reprsent au tiers de grandeur naturelle, i . Parties sexuelles du roucouyer spares des ptales qui les environnaient. 2. Moiti d'une capsule vue l'intrieur. 3. Graine recouverte en partie, par la pulpe colore qui l'entoure. 4 Graine nue. ( 9) Plantes stomachiques aromatiques Portes dans d'autres classes. /v* w\w%%v\w\w% vw Canelle blanche. ( Voyez antiscorbutiques . ) Absinthes. Absinthiodes. Anibrosiodes. ( Voyez ver- mifuges.) Myrtlie poivre de la Jamaque , Sariette amricaine , Valriane , Epine blanche , Mlisse globuleuse , Faux- Romarin , Sucrier de montagne. ( Voyez alexitres. ) Capraire bi flore ou th des Antilles, Sauvagesia erecta ou th de montagne, Basilics ou Franc-Bazins. Thym des savanes. Sauge, Franchipanier. ( Voyez bchiques aro- matiques.) Oranges, Stachys, Camphre, Courbaril, Valrianelle- humble, Bois de laurier. ( Voyez antispasmodiques aro- matiques. ) Muscadier , Canellier , Gingembre , Vanille , Gin- gembre sauvage, Grofle, Canelle noire, Girofle, Costus, Zrumbeth. ( Voyez aphrodisiaques. ) Grande Mlisse , Calamus aromaticus. ( Voyez Emrne- nagogues, ) FLORE MDICALE DES ANTILLES, o u TRAITE DES PLANTES USUELLES DES COLONIES FRANAISES , ANGLAISES , ESPAGNOLES ET PORTUGAISES. =ea CLASSE PREMIERE. DES PLANTES QUI EXCITENT LA TONICITE DES VOIES DIGESTIVES ET INTESTINALES. 3. Stomachiques fbrifuges. //WW\ 'W* WV W% */V%W* Grandeur naturelle, 1. Fruit coup transversalement. 2. Graine. /'/. s. 7 ;i.;i, /<;< Aw.'/.//tA j'i/ij' trul '<'// :'TSE EPINEUX . CYTISE PINEUX. ( Stomachique fbrifuge. ) Synonymie. Cytisus. Diadelphie Decandrie. Linn. Tournefort , cl. 22 , arbres papilionacs , sect. 2. Jussieu, Fam. des lgumineuses. Cytisus spinosus 7 floribus luteis ad alas nascentibtis , Plumier. - En an- glais j Shrub Trefol. Caractres botaniques. Calice deux lvres 5 i- gume attach la base , oblong ; semences compri- mes de la forme d'un ricin 5 feuilles trifolies. Histoire naturelle. Le cytise pineux crot aux Antilles , o quelques propritaires ont extrait de ses feuilles une espce d'indigo , mais d'une qualit trs- infrieure. On le trouve dans la plupart des forts o. il est peu remarqu , en raison de la tnuit de son feuillage et de la petitesse de ses fleurs 5 cependant les amateurs le placent dans des bosquets , en raison du contraste des verts de son feuillage. Caractres physiques. Le cytise pineux dont il est question est un arbrisseau de grandeur moyenne , corce verte, brode de brun, en rseaux} ses feuilles, comme celles de tous les cytises, sont ternes, c'est- -dire composes de trois folioles soutenues sur une mme queue. Les pdoncules sont alternes, les fo- lioles du bas sont rhombodaies , troites , longues 5 leurs nervures imitent des chevrons 5 elles sont d'un vert sombre , tandis que celles suprieures et plus tendres, sont d'un vert gai: le dessous est argent ( 38 ) clans les unes et les autres 5 les feuilles acquirent en se fanant une couleur de rouille. Les fleurs sont jaunes , papillonaces , naissant dans les aisselles des feuilles , l'insertion du ptiole 5 elles sont solitaires , ou au nombre de deux seulement^ munies d'une pine aigu : le pdoncule est trs-petit; il supporte un calice campanule et divis en deux lvres 5 la suprieure a deux pointes, et l'infrieure en a trois. Les filamens des tamines sont diadephes , recour- bs, les anthres simples, le pistil est oblong, le style simple et montant. Aux fleurs succdent des siliques de la longueur d'un pouce environ , renfles , d'abord vertes , puis de couleur de rouille enmrissant^ ces gousses ouvertes offrent de petites semences cordiformes. Analyse chimique. Les fleurs du cytise pineux sont peu odorantes , leur saveur est amre 5 elles donnent l'analyse une substance extractive inodore. Proprits mdicinales. Les fleurs et les semences du cytise pineux sont rputes fbrifuges , ainsi que les autres amers 5 les fleurs surtout sont employes lorsque les facults digestives sont languissantes , et dans l'atonie des viscres abdominaux. On a souvent recours aux fleurs du cytise pineux dans la curation des fivres intermittentes. Les feuilles de cet arbrisseau sont rsolutives. Mode d'administration. Les fleurs sont employes en infusion thiforme , la dose de deux gros par pinte de liquide. Les graines, aprs avoir t torrfies ? servent . ( 39 ) la confection des opiats fbrifuges, depuis un scrupule jusqu' un gros : on prend quelquefois cette poudre dans du vin. On associe souvent aux fleurs celles de poincillade pour augmenter leur nergie. On compose avec les feuilles, celles du convolvulus patate , et la liane molle , de fort bons cataplasmes rsolutifs. Explication de la planche huitime. . BOJS LAITEUX A FEUILLES DE CITRONIEB. ' (40 TABERNE a feuilles DE CITRON 1ER. J^izlg: BOIS LAITEUX FRANC; ( Stomachique fbrifuge. ) Synonymie. Tabernsernontana , lactescens , foliis citri undulatis 5 Pluni. , vol. VI, pag. 62. Rauwolfia lac- tescens ( Nicolson ). Arbre laiteux des Antilles ( Valmont-Bomarre ). Bois laiteux fbrifuge ( Clieva-* lier)-. Taberne de quelques auteurs. Ouronankle des Carabes. Tabernaeniontana citrifolia, Linn. Pentandrie inonogynie , Linn. Jussieu , fam. de Apocynesi Caractres gnriques. Corolle infundibuliforme limbe tors, deux follicules horizontales et diver- gentes ; semences plonges dans la pulpe 5 feuilles op- poses, ovales un peu obtuses 5 fleurs latrales, glo- mres en ombelles : (vivace. ) Histoire naturelle. Cet arbre est ainsi appel parce qu'on en retire, au moyen de l'incision de son corce j un suc laiteux, acre et amer : il se plat dans les rochers etdans les forts rocailleuses des Antilles 5 le bois en est si tendre et si cassant, qu'il suffit de secouer l'arbre pour en faire clater des morceaux et des branches. Le taberne se trouve dans toutes les forts des Mornes. Caractres physiques. Le taberne est un arbris- seau tige dichotome, produisant de sa racine plu- sieurs jets grles, cassans, hauts de cinq six pieds ; d'un vert sombre l'extrmit des rameaux, et d'une corce strie et cendre dans les pnrties ligneuses. 3 e . Livraison, ( 4 ) Les feuilles, semblables celles du citronnier > sont opposes, ondes sur les bords, luisantes, poin- tues, divises en dessous par une cote saillante, la- quelle aboutissent des nervures transversales droites, d'un vert fouet' eu dessus , et d'un vert ple en des- sous. Ces feuilles sont longues de six pouces et larges d'un pouce et demi. Les Heurs infundibuli formes et contournes sor- tent des aisselles des feuilles j elles sont portes sur de longs pdoncules , et forment des ombelles irr- gulires 5 elles sont petites, blanches, ou d'un jaune d'or, peu odorantes, limbe quinqufide, dont les divisions troites sont recourbes en divers sens ; les ptales des jeunes boutons rouls les uns sur les autres 5 le prianthe 5-fdes, connivent, est aigu et petit. Les tamines ont cinq filamehs, nlinees, renferms dans le tube de la corolle , les anthres sont rap- proches. Le pistyl est port sur deux ovaires simples, le style est subul , les stygmates peu appareils. Les fruits offrent deux follicules divergentes, bom- bes, acumines, uniloculaires et uni valves: ils con- tiennent des semences nombreuses oblongues, obtuses la partie ombilicale, imbriques et entoures de pulpe. Proprits chimiques. Le suc laiteux qui dcoule de toutes les parties du tabern, qu'il suffit de froisser pour en obtenir , est acre et caustique 5 il donne une substance gommo-rsineuse, soluble en partie dans l'eau, partie dans les spiritueux. Les acides agissent (43) trs-promptement sur cette substance, ce qui fait pr- sumer qu'elle contient plus de gomme que de rsine. Proprits mdicinales. On se sert de ses feuilles pour composer des bains fbrifuges $ on les emploie aussi en lotions comme vulnraires. Le suc laiteux (dit Chevalier, pag. i5o) arrte promptement , par sa vertu styp tique, l'hmorragie d'une blessure : Quelques ngres m'ont assur avoir employ l'in- trieur, comme fbrifuge , le suc laiteux du taberne la dose d'un scrupule au commencement de l'accs, mais incorpor avec du beurre de cacao, pour en mousser la causticit : ils font boire ensuite au ma* lade une infusion sudorifique, qui peut-tre opre plus puissamment encore que l'agent principal 5 mas je n'ai pas prouv ce genre de traitement. Mode d'administration. La dose des feuilles de ta-* berne, pour chaque bain, est de six poignes , et d'une poigne par pinte d'eau, lorsqu'on l'emploie l'ex- trieur dans les dcoctions vulnraires. On rencontre aux Antilles quatre autres espces de ce genre qui sont, i. taberne fleurs panaches ( ta- bernmontana discolor (Swartz Jamaque) 5 i. tab. feuille de laurier (tab. laurifolia , Lin. Jamaque ) 5 3. tab. ondul (tab. undulata, Isle Trinit) : 4 tab. feuilles de nrion ( tab. nerifolia Porto-Rico.) Ces plantes m'ont t indiques par les ngres gu- risseurs comme doues de proprits fbrifuges 5 mais, ne les ayant pas prouves moi-mme, je ne les con- signe point ici. 5 (44) Explication de la planche neuvime. *M\v^\^^%>^\^^^\\^\^\^ La plante est rduite moiti de grandeur naturelle. 2 Follicules , dont une ouverte et laissant voir des graines imbriques loges dans une pulpe. " TAtvJorf fes,vurhl\ J'iiur ba6m/ . t,u/i< , iAXTA ru a ( 45 ) RHIZOPHORE CHANDELLE, Vulg. MANGLIER CHANDELLE. ( Stomachique fbrifuge. ) Synonymie. Mangles quatica , fbliis subronmds et punctatis. Phim. vol. 6 , p. 81. Rliiopliora candel. Lin. dodeandrie moncgynie. Candela americana. Mangue guaparaba Pison. Famille des chvrefeuilles de Jiissieu. Manglier ronge de quelques auteurs. Caractres gnriques. Calice et corolle en quatre parties, une semence trs-longue , charnue sa hase, feuilles obtuses: pdoncules bigmins, plus longs que la feuille : fruits en alne 5 t viyace). Histoire naturelle. Arbre de la solitude, ce manglier se plat aux Antilles, ainsi que ceux de sa famille, loin des lieux habits, sur les rivages dserts du bord de la mer. Les poissons poursuivis par les requins et les bcunes, s'engagent avec vitesse , et bravent leur perscuteur sous les arcades multiplies que forment, hors de terre, les racines de cet arbre curieux: c'est- qu'ils se drobent galement par cette ruse, celles du pcheur 5. ils se trouvent en sret, l'entrelacement de ces racines ne permettant, point aux squales et autres poissons de la grosse espce d'y pntrer, et rendant impraticable Fuiage des filets , et l'abordage cls barques des pcheurs 5 les crabes et les criques en font aussi leur repaire. On rencontre galement le manglier rouge dans les lagons saumtres qui avoisinenl la mer, o ils se multiplient l'infini ; c'est sous leur pais feuillage, que Je -ngre chasseur arrive en tapinois, ( 46 ) piarchan^ dans Peau jusque la ceinture, muni d'un double tanga pour y carter les miriades de ma- ringouins moustiques et vareux qui l'assaillent et le piquent de mille dards, dans l'espoir d'y surprendre, au milieu de leur sommeil, les bandes nombreuses de ramiers dont il espre faire son butin: heureux , si son adresse rpond son dsir, et si le premier coup de feu le ddommage de ses peines, de sa prvoyance et de son incertitude! car, cette explosion, toute la bande s'envole et disparat jusqu'au lendemain. Le manclicr chandelle s'lve la hauteur de 2,5 pieds 5 son corce est d'un gris bruntre , tachete de byssus verdtres$ sa reproduction est curieuse. Le premier jet qui sort de terre , en produit d'autres qui, au lieu de s'lever, se recourbent circulairement vers la terre, en cerceaux, s'y provignent d'eux- mmes, y prennent racine, et reprsentent en cet tat une espce de guridon. A mesure que la premire tige , qui est la principale et qui doit devenir arbre, s'lve, elle produit d'autres rejetons qui se recourbent comme les premiers , et prennent aussi racines : cette multiplication est telle qu'au bout de quelques annes le mme arbre offre l'aspect d'une fort impntrable, qui a servi plus d'une fois d'asile aux blancs infor- tuns dont la tte tait mise prix dans les derniers massacres de Saint-Domingue. J'y ai pass bien des jours de douleur, en proie la bigaille, aux horreurs le la faim , et priv d'un sommeil auquel les angoisses d'une mort prochaine ne me permettaient pas de me livrer. Les branches de ce mangliersont charges d'hutre ( 47 ) exquises, mais d'une petite espce, qui s'y fixent et conforment leurs cailles aux contours de la branche qu'elles ont adopte - : plusieurs cailles se groupent et forment de petits rochers autour d'elle j les hutres. y dposent leur, frai*, la petite famille y persiste, grossit , et d'aprs les mares , se trouve , tour--tour^ spus l'eau , ou suspendue en l'air. On vend, dans les marchs, de ces rameaux de man-s glier chargs d'hutres 5 mais il est prfrable, pour le gourmet, d'aller en canot sur les lieux, les ouvrir lui-mme, et les savourer l'ombre de ces forts silencieuses. Caractres physiques. Le bois du manglier rouge, est solide , pesant , fibres longues et serres , de cou- leur brune-rougetre , les feuilles sont obtuses , ayant quelques rapports de forme avec celles du poirier 5 d'nn vert fonc en dessus, tachetes de ooints rouges:, ples en dessous 5 la, racine est trs-tendre. Les fleurs sont trs-petites , blanches 5 le prianthe a quatre divisions dresses, dentelures, profondes , aigus et persistantes. La corolle ^.-fides , ptales lancols % douze ta- mnes filamens droits, les alternes plus courts, le anthres petites. Le rceptacle ovode , l'ovaire subul, le style peu apparent , le stygmate aigu. Le fruit est une gousse cylindrique semblable une chandelle baguette dorit le rceptacle forme Pteignoir. Il s'y trouve fix par sa partie suprieure qui est charnue , contourne en spirale , et qui , lors de sa parfaite maturit . dimmucm* de volume . ^ ' ( 4 ) est alors facilement dtach par le moindre vent , en sorte que ces baguettes se fichent d'elles-mmes dans la vase, (les gousses renferment une pulpe d'une; laveur acre et amre. Pnonui'iKs chimiques, La dcoction de l'corce de manglier teint en rouille, ce qui prouve qu'elle con- tient beaucoup de tannin. Elle prcipite en vert la colle forte et le sulfate de fer , et en brun l'a- ctate de cuivre. Sa saveur amre et astringente lui donne d'ailleurs beaucoup de rapport avec le quin- quina dont elle a les vertus. Proprits patlticulikres. Son bois est propre la construction des petits btmens de cabotage. La pulpe de ses gousses , quoiqu'un peu amre , et sem- blable 1 pour la consistance la moelle des os , est re- cherche par les ngres marons qui s'en contentent pour nourriture , faute d'une meilleure. La vertu astringente de son corce la rend propre faire du tan. Proprits mdicinales. L'corce du Rliizophorc- handelle est un excellent fbrifuge , qui, au besoin, peut tre substitue au quinquina dont elle a tous les avantages. Les pcheurs se servent des racines rpes contre la piqre des poissons et des insectes venimeux. Mode d'admini-tration. On ordonne la poudre de l'corce du Rhizophore-chandelle , la dose d'un gros. On lui associe avec succs , d'aprs l'observa- tion de Chevalier , un demi-gros des tiges sches du convoi vulus catharticus (liane purgative minguet) rduites en poudre : alors l'effet est sr et prompt, je puis le certifier d'aprs ma propre exprience. U9 ) Nota. On connat encore aux Antilles plusieurs vgtaux habitant les mmes plages , sous le nom de manglier : tels sont, i. le cereiba , manglier blanc, mangle bobo ou mangle fou ( conocarpus procum- bens j Lin. ) ? dont les feuilles sont couvertes de sel , lors des mares descendantes. Ses fleurs sont jauntres et d'une odeur de miel 5 2 . le manglier gris ( cono- carpus erecta , Lin. )j 3. le cereibuna ou mangle arbrisseau , dont la feuille est ronde et paisse , d'un beau vert ? la fleur blanche , le fruit de la grosseur d'une aveline et amer 5 4- ^ c manglier noir ou sal , appel quapariba paries Indiens , et mangue ver- dadeiro par les Portugais. Ce dernier vient trente pieds de hauteur 5 son corce est gris - bruntre 5 il se multiplie d'une manire aussi curieuse qu'ton- nante. De ses rameaux flexibles levs et tendus par- tent des paquets de filamens qui descendent jusqu' terre dans la vase , s'y couchent , y prennent racine, et croissent de nouveau pour former des arbres aussi gros que ceux dont ils ont tir leur existence , ce qui les multiplie l'infini. Leurs branches sont aussi charges d'hutres. La fleur est de couleur de rouille, et il lui succde une gousse allonge contenant des graines dont les ramiers sont fort friands. L'corce en infusion est recommande dans l'anasarque. On en combine les effets avec ceux du quinquina , du sucrier et de l'amandier. / ( 5o) jRxPT CATION" DE LA PLANCHE DIXIME. * x \VUA'^ V^ ^-W^V* VW Le rameau est reprsent de demi-grandeur natu- relle. Il est garni la partie infrieure dhtne petite espce d' hutre ? dont les coquilles grou- pes sont exposes Vair, la marie descen- dante j et plonges sous fonde au moment du flux. i. Calice. 2. Partie spongieuse et spirale du fruit au moment du desschement qui permet sa partie infrieure de quitter l'teignoir ou calice , pour tomber per- pendiculairement dans la vase , o la germination a lieu. 3. Fleur de grandeur naturelle. 4- Port de Parbre dans Ploignement. Les racines s'levant hors de terre et s'y enfonant une seconde fois pour laisser chapper de nouvelles tiges. 77mJoiv Desi'4>urfi7\ Jm.t ACAf E A OUATEE FE ( 5f ; ACACIE a quatre feuilles. ( Stomachique fbrifuge. ) Synonymie. Mimosa nnguis cati,Lin. Acacia qua drifolia , siliquis circinatis 9 Plum. ic. 4* Phik. tom. 1. fol. 6. Caractres gnriques. Calice ^-fides. Fleurs globuleuses , disposes en grappes , lgume gibbeux, allong , contourn en spirale 5 pdoncules simples 5 quatre feuilles larges , pinnes ? sans impaire ; sti- pule et ptiole en pine 5 feuilles insensibles au tact 5 ( vivace ). Histoire naturelle. L'acacie quatre feuilles , distingues par leur forme et leur disposition ? se trouve dans plusieurs forts de la Martinique , de la Jamaque ? de Saint- Jago-de-Cuba et de Saint-Domin- gue. On l'y remarque peu ? en raison de la petitesse de ses fleurs 5 mais les animaux des hattes sont friands de ses siliquesetde ses feuilles. La rcolte des corces qu'on emploie comme fbrifuges > se fait immdiate- ment avant la saison des pluies. Caractres physiques. Le bois de l'acacia quatre feuilles est jauntre , l'corce d'un brun vio- let , parseme de points blancs 5 ses feuilles sont disposes par deux l'extrmit d'un ptiole dich- tome qui lui-mme est accompagn de deux pines son insertion au tronc. La forme des feuilles se rapproche de celles du htre 5 c'est un trapze irr- gulier j marqu de nervures lgres ? et d'une cte (& ) peu saillante en dessous. Elles onl deux pouces de longueur sur un de largeur. Les Qeurs sont d'un blanc jauntre ? monoptales, monadelphiques , poyandriques et ramasses par pe- tites ttes pdoncules et en grappes'. Le fruit est une siliquc longue ? troite, deux ou trois fois recourbe sur elle-mme , applate , ren- fermant des semences noires, irrgulires, saillantes au dehors. ( Eueyel. mtli. ) Proprits chimiques. Ces gousses, dans leur tat de verdeur, contiennent un suc visqueux, astringent, cxtraclo-rsineux qui noircit l'air j les teinturiers savent en tirer parti. Son eorce a du rapport avec celle du quinquina, et prcipite en vert la colle-forte et le sulfate de fer. Elle est amre et astringente. Proprits mdicinales. La saveur de cette eorce l'a fait justement apprcier recommandable dans les fivres intermittentes, o elle peut suppler au quin- quina. On la rduit en poudre , qu'on administre avec avantage dans les intervalles des accs. J'ai saisi l'occasion de la prescrire l'hpital de Saint-Marc i le Saint-Domingue ) , dans une fivre ataxique 7 accompagne d'anxits et de vomissemens qui se re- nouvelaient au retour de chaque paroxysmes : elle rpondit a mon attente. Cette eorce fait aussi partie des lavemens fbri- fuges si en voue dans les Colonies o les fonctions de l'abdomen sont souvent perverties. Mode d'administration. On fait un excellent vin fbrifuge avec deux poignes de cette eorce , deux gros de racines de gingembre concasses 5 et un gros > ( 53 ) cPoxide de fer ? au maximum , pour trois litres de vin de Bordeaux. On laisse infuser pendant la nuit , sur des cendres chaudes. La dose du vin est de deux onces toutes les trois heures pendant Fapyrexie qui prcde le paroxysme. Celle de Fcorce en poudre est d'un gros demi- once Explication de la planche onzime. */V/WWV*\.x/V/vVX La plante est reprsente cTujie dimension moindre que iiature. i. Portion d'une grappe garnie de ses fleurons. 2. Graine entire. 3. Graine coupe. ( H ) PARKI1NSONIE. ( Stomachique fbrifuge. ) Synonymie. Acacie grle des Savanes.- Gent pineux f Nicolson. Parkinset. ( Jolyclerc. ) Parkinsonia acu- teata fbliis minutis unicostae adnexis; Plum. vol. 6, pag. 23. Parkinsonia aculeala 5 Lin. decandrie mo- nogynie.. Jussieu, famille des lgumineuses. Caractres gnriques. Calice 5-fides, 5-ptales ovales , l'infrieur rniforme y style nul , lgume en forme de collier de perles 5 deux aiguillons opposs aux cts des ptioles , un intermdiaire trois fois plus long 5 ( vivace ). Hjstoire naturelle. La parkinsonie ne se trouve ni sur les mornes frais et ombrags des Antilles, ni sur les bords des eaux 5 mais elle se plat dans les ter- rains secs et arides de Hattes 5 dans les Savannes br les par le soleil des tropiques : c'est - l , qu'elle dcouvre solitairement sa vgtation singulire. On ne reconnat la parkinsonie aucune proprit pour les arts , ou les besoins domestiques 5 les croco- diles tranent de leurs brandies pineuses , pour recouvrir et cacher la vue, le tertre sous lequel ils ont dpos leurs ufs, dont ils confient l'incu- bation au soleil , et la concentration. Caractres physiques. Cet arbrisseau offre une tige peu rameuse et encore moins touffue 5 les bran- ches sont coudes en zigzag , et offrent chaque ar- ticulation leurs feuilles singulires qui s'chappent , ainsi que les fleurs et les lgumes longuement pdon- cules , du milieu de trois pines, dont l'intermdiaire est la plus longue. JTtJdore Descow^*. J"tn.r Oainc/ Jhtip PARKINSOmE ( 55 ) Les feuilles prsentent une nervure large et fort longue, flanque de deux rangs de folioles rondes , et de forme lenticulaire. Le prianthe est monophylle , quinqufide , ou- vert , tombant avec la corolle , qui est compose de cinq ptales presque gaux 5 l'infrieur plus large est rniforme, arrondi y et ponctu de noir 5 tandis que les quatre suprieurs sont ovales. Les filets des tamines sont au nombre de dix , dclins, jauntres ? les anthres oblongues, d'un rouge aurore. L'ovaire inangul un peu allong, dclin 5 le style peu apparent, le stygmate obtus et redress. Le lgume est trs-long, cylindrique, relev en bosse , c'est--dire alternativement renfl vis--vis les semences qu'il renferme, et rtrci dans l'intervalle, ce qui lui donne la figure d'un collier de perles. Ce lgume est aigu son extrmit , et contient plusieurs graines noirtres. Proprits chimiques. Les feuilles de la parkin- sonie reclent une partie extractive amre , et un peu de tannin 5 les fleurs colorent en jaune la dcoction dans laquelle ou les a fait bouillir. J'en avais suivi l'analyse avec M. Prampein , cbimiste instruit atta- ch l'agence du gouvernement Saint-Domingue 5 ce travail a t dvor par les flammes , ainsi que tant d'autres, lors de l'incendie gnral. Proprits mdicinales. On emploie peu souvent la parkinsonie dans les hpitaux des Colonies 5 mais les multres gurisseurs en font beaucoup de cas. J'a 1 eu moi-mme l'occasion de vrifier les services que sou usa^e peut rendre l'humanit j j'ai eu me louer d'en avoir prescrit les (leurs en infusion tliiiormc, les feuilles et l'corce en lavemens et en bains dans l'atrophie msentrique , et dans les fivres intermit- tentes , les graines toi relies et prpares comme le caf, pour le mme usage. L'exprience la plus chre mon cur est celle que j'ai faite en faveur d'un pre de famille atteint d'une fivre exanthmatique adynamique , qui offrait peu d'espoir par l'intensit de ses symptmes alar- nans. L'estomac ne pouvant plus faire de fonctions, et le malade prouvant une dglutition pnible, soit qu'il dt ce spasme sa rpugnance habituelle , soit Lt construction de l'sophage ? je le faisais frictionner, et j'enveloppais les parties couvertes d'exanthmes et de ptchies, avec des flanelles trempes dans une forte dcoction de parkinsouie , sature de muriate d'ammoniaque. Mode d'administration. La poudre des graines torrfies se prescrit la dose d'un scrupule demi- gros par once de dcoction des fleurs de la mme plante. La dose des feuilles pour les bains et les lo- tions est de plusieurs poignes , et d'une seule par flvstre. * , * Explication de la planche douzime. . WXX W UVVWUW'MW .a plante y est reprsente moiti grandeur natu relie. - /i,-,;/.'/\' Desceurhlx J'rn.rit- tr.irze JevhtSrt OUINOITNA FI T ON . (5 7 ) QUINQUINA PITON, OU QUINQUINA A FLEURS NOMBREUSES, ( Stomchiqn&e fbrifuge. ) Synonymie. Cincliona niontana, foliis oppositis , ovatis^ utrinque glabris , stipulis basi connato-vaginantibus , corymbo terininaii, corollis glabris ( Valmont-Bomare ). Cincliona montana, Linn. Pentandrie mono^ynie. Jussieu, famille des Rubiaces. Cincliona floribunda panicnl terminal! 5 capsnlis turbinatis levibus; foliis elipticis acumiiatis , YValli et Swartz. Tracneliuni arborescns monianum tini facie , fLoribus corymbosis albis , capsnlis minus crassis ( Poupe-Desportes. ) Cincliona niontana de Badier, 1777. Oulikaera des Carabes. Tlie Barck or Jesuits Powder, des anglais. Qnina des espagnols. Qina de Loxa des portugais Caractres botaniques. Corolle infundibuliforme, capsule infrieure deux loges, la cloison parallle, semences imbriques : l'espce caribcea a les pdon- cules uniflores, les feuilles ovales lancoles, les ta- mines plus longues que le tube de la corolle ; l'odeur des fleurs est trs-suave. (Jolyclerc) Caractre spcial. Le quinquina piton , ou quin- quina de montagnes fleurs nombreuses , est pourvu d'une gaine membraneuse qui embrasse la tige au- dessus de chaque paire de feuilles. Histoire naturelle. Le nom de piton , qui aux Colonies signifie soin m et des montagnes , a t donn ce quinquina , parce qu'il se plat de prfrence sur les mornes du nouveau Mexique, de la Guadeloupe, de la Martinique et des autres les Antilles, o J& 4 e . Livraison. (58) quantit Je ses fleurs et leur odeur suave lui donnent un port agrable et le font remarquer. On doit Poupe -Despostes 5 la connaissance de cette espce qu'il dcouvrit en 174.2. ce Quelques-uns de ces arbres , dit-il , taient tombs dans un tang 5> o ils pourrissaient 5 personne ne pouvait boire de cette eau , par rapport la grande amertume qu'elle avait contracte. Cependant un des babitans cir- y> convoisins, attaqu d'une fivre violente, et press par l'ardeur de la soif, en but, et eut le bonbeur d> d'tre dlivr, et de la fivre, et de la soif. Cette corce , introduite en France en 1779 P ar Radieuj est pesante , grise l'extrieur , et d'un rouge fauve en dedans 5 elle est inodore , et contient un principe mucoso-amer 5 la poudre est gristre. On regarde cette espce comme fbrifuge par excellence , au moyen de ses qualits amres , astringentes , mtiques et pur- gatives : on prfre en gnral l'corce des jeunes branches , celles des vieilles et du tronc , surtout si l'arbre vgte dans un terrain qui lui convient, et sous l'influence de l'exposition qui lui est favorable. Le quinquina est appel en latin cinchona^ du nom de Cinchon, vice-roi du Prou, rsidant Lima ? dont l'pouse fut gurie de fivres rebelles par l'usage de cette plante jusqu'alors inconnue, et qu'indiqua un Indien au gouverneur de Loxa en 1 640 j il a pour cela port le nom de poudre de la Comtesse, et tour- -tur celui de poudre des Pres , des Jsuites , parce que l'corce pruvienne fut transporte en Franeey en 1649^ par le procureur-gnral des Jsuites de l'Amrique, qui revint eu Europe pou* se rendre Home Le quinquina piton , nomm aussi bois-tabac-mon- tagne, est beaucoup plus amer que celui du Prou, et par consquent plus actif, puisqu' forte dose il excite le vomissement , et les djections alvines. Il agit aussi plus promptement dans les fivres muqueuses en rai- son de sa proprit plus excitante. Il offre un phno- mne singulier : si on l'corce dans un endroit , il est bientt rong par une espce de crambix fortes mchoires, qui, en peu de temps, le dtruisent j ces insectes se runissent par myriades. Caractres physiques. Le quinquina piton , s'lve 4 pieds de hauteur: son tronc a environ vingt pouces de diamtre , sa cime est trs - touffue , ra- meuse , rgulire 5 son feuillage pais est vert et d'une teinte qui flatte la vue 5 les feuilles glabres sont p- tioles, opposes, ovales, lancoles, rassembles par touffes , longues de six sept pouces , plus ples eu dessous qu'en dessus 5 ses jeunes branches sont lg- rement anguleuses , lisses, de couleur pourpre fonce: l'corce du tronc est d'un gris bruntre, et trs-amre. Les fleurs terminales paraissent en juin et juillet : elles sont disposes en panicule lgant et gradu* dont les branches sont opposes ; le calice , cinq divisions subules, porte le tube allong de la corolle infundibuliforrnej les divisions dulimbe sont linaires, trs-longues, souvent rflchies 5 les tamines filifor- mes sont saillantes 5 le stygmate ovale , rgulier. Le fruit oblong est une capsule en massue , biloculaire, rtrcie sa base, couronne au sommet, et mar- que de raies longitudinales 5 les semences sont com- primes | et ailes aux deux bouts, 6* ( *") A>\lyse cmimiqi:;:. Le quinVpiria pitdri. fourni:, ,- la chimie j offre peu de diffrence qans l'analyse avec ]r quinquina pruvien, si ce n est qu'il produit un principe extractif beaucoup plus amer, solublc dans l'eau et dans l'alcool, donnant une couleur verte aux sels ferrugineux, et \ui prcipit avec la noix de galle* Cette substance , si-gen^ris^ qui n'est ni gomme ni * rsine (d'aprs les remarques de Vauquelin et de Foureroy ) , a la proprit spciale de se saturer de l'oxigne contenu, soit dans l'eau, soit dans l'athmos- plire , et de se convertir alors en une vritable rsine. (On peut consulter ces dtails intrcssans, dans les nouveaux Elm. de Thrapeutique, d'Alibert , t. 1 , pag. 38. ) Le principe colorant est insipide , mais trs- soluble dans l'eau : combin avec les sels mtalliques^, il fournit un prcipit. Proprits mdicinales. Si le quinquina piton fait des merveilles en cas d'asthnie, et pour couper les fivres intetmittentes , il perd tous ses avantages , si on veut l'employer dans les fivres continues ou rmittentes , que le plus souvent il aggrave en augmen- tant l'irritation et tous les dsordres qui en sont la suite 5 c'est pourcruoi , si, aprs avoir administr ce quinquina , Je malade prouve des anxits , des vo missemens et des syncopes , on doit lui ordonner une infusion aromatique opiace. Cet effet prouve que le quinquina piton est trs-styptique et conve- nable dans le scorbut, les gangrnes, les fivres ady- namiques, les coulemens provenant du relchement des membranes muqueuses: il est moins applicable dans un certain temps de la fivre jaune, au moment ( 61 } , e la planche Tr.ErziME. Nota. Le quinquina , moiti grandeur naturelle , a t rectifi d'aprs le dessin de M. Turpin , Iq mien ayant t avari dans une tempte. . Parties sexuelles contenues dans le calice. 2. Fruit. Nota. Poupe - Desportes, dans son catalogue des plantes mdicinales , indique plusieurs autres espces de quinquina 5 savoir, i. le quinquina arbrisseau, ou Jikara des Carabes. C'est le trachelium arhorescens etjluviatile^ laurifoliis conjugatis , jloribus racemo- fis seu corymbosis , albis^ capsulis conicis nigris; ( 65 ) 2. le quinquina petit, trachelium frutescens et Jlu- viatile^ persicjblio . floribus albis longissimis , sili- qu crassio?*i ; 3. le quinquina faux, pseudo acacia fraxini folio rotun do minoriet lucidoj {floribus race- mosis uiolaceis. C'est le Oulbouliou des Carabes. Le quinquina des Carabes a t dcrit par Swartz ? sous le nom de Cinchona angustifolia , liabitant les bords de la mer, et les versans des Mornes de ce ct : sa saveur est mucilagineuse , amre et doucetre $ on l'appelle dans le pays bois-chandelle , Marie-Galantc : poirier de montagne , suivant Jaumes Saint-iaire. (Journal de Botan. de Devaux. ) (66) SIMAROUBA ou BOIS-AMER. ( Stomachique fbrifuge. ) Synonymie. Qunssia simarouba floribus monocis, foliis abrupt-pinnatis , foliolis alternis , sub-petiolatis, pe- tiolo nudo , ilorfbus paniculalis , Linn. Decandrie monogynie. Jussieu, famille desMagnoliers, class. 13,. ord. i5. Simarouba ioliis conjugatis secundm costam simplicem , H. R. P. - Evonymus fructu nigro tetra- gono vulg Simarouba , arr., ess., p. 5o. Les espagnols et les portugais le nomment Simaruba ; ces derniers ajoutent Arbore de las camaras^ arbre pour les dissen- teries. Les Carabes l'appellent Chipion. Les mde- cins Braclimanes Alacre. Caractres gnriques. Calice 5-phylles 5 5 p- tales j nectaire 5-pliylles 5 5 pricarpes distans, mo- nospermes. Caractre* particuliers. Fleurs monoques, feuil- les pinnes sans impaire , folioles alternes comme ptioles 5 ptiole nue, fleurs en pamcule. (Jamaque vivace. ) Histoire naturelle. C'est en iyi3 que, pour la premire fois, on reut, dans les ports d'Europe , de l'corcc de cet arbre, que les habitans de Cayenne et de la Guiane envoyrent comme le spcifique des flux dysseniriques. Nous devons la confirmation de ces proprits au clbre Antoine de Jussieu, qui en retira de trs-grands avantages dans l'pidmie qui se dclara au milieu des chaleurs excessives de l't de 1718. C'est Aublet qui a donn le premier la description et l'histoire naturelle du simarouba. Deux //.//. ./'-. /K\-r.'f/r/t/\ I'm v GatBrt* / t Tt ' <(> 7 ) ngres, dit-il , sont employs recueillir l'corce de cette racine. L'un la coupe par tronons, et l'autre la dpouille aisment en la battant en tous sens jusqu' ce que l'corce s'en dtache. Ces ngres ont la pr- caution de se couvrir pendant ce travail , pour viter de recevoir sur leur corps le suc acre qui jaillit de la racine pendant l'opration , et qui, par sa causticit, occasionne un prurit insupportable , et des levures urticaires la peau. Quoique l'corce des racines soit gnralement la plus estime , on se sert nan- moins de l'corce de l'arbre et de son bois rp, mais double dose. Le simarouba se rencontre frquem- ment aux Antilles. Caractres physiques. L'arbre du simarouba est de moyenne taille 5 son corce est arrire sans stypti- cit , rugueuse , inodore $ celle des racines est d'un jaune ple, cendre au dehors et fauve en dedans. Elle est compacte , filandreuse 5 il en dcoule un suc laiteux, jauntre , amer et un peu corrosif. Son bois est blanc , lger, et les jeunes branches d'un brun violet. On l'offre dans le commerce en longs morceaux rouls, filandreux 7 d'un jaune pte. Les feuilles , d'un vert fonc , sont pinnes sans impaires , alternes, ptioles ; leurs folioles, de neuf quinze, sont alternes, presque sessiles , ovales , lan- coles, coriaces , glabres et sans dentelures. Les fleurs monoques sont axillaires , groupes en panicule cart , dont chaque articulation est munie d'une stipule sessile. Le calice est un peu ap- parent , persistant , partag en cinq divisions aigus : la corolle est blanche } forme de cinq ptales lan- ( 6S } eols, aigus , Gx( S - i s fond du cj.iice : dix l.nuii.. p libres ? \ m ovaire cin j lobes, un style marqu de c:nq stries j le s!\:;m.;lea cinq rayons disposs eu t toile 5 Ifl rceptacle pais, charnu, accompagn de liiX caillj s > i ::..'s. Le fruit pffre cinq capsules conglomres , et runies leur base , un peu ebarnues , ovodes, et iir d'une cornouiiic, contenant une graine Ovale. Les fleura mles ( dit Poiret ) ne diffrent des femelles que par ravortement de leurs ovaires , pi i- -vs d'ailleurs de style et de stygmalc. Les ctamincs manquent dans les fleurs femelles. Analyse chimique. Le principe amer du simarouba eat souble dans Peau et dans l'alcool 5 son infusion est inaltrable par la prsence des sels ferrugineux et de la noix de Galle : mais, en raison de sa propri l gommo-rcsineuse , quoique lgre , el}e prcipite en teinture laiteuse les nitrates d'argent et de plomb. Proprits mdicinales. L'corce du simarouba est place , par son extrme amertume, la tte des toniques les plus actifs : mais il ne faut l'employer que dans le cas de faiblesse des systmes , o elle produit des effets merveilleux , comme dans l'atonie insentrique accompagne de flatuosits , de colli- ques et de tranches , dans les flux muqueux dys sentriqucs , dans les affections vermineuses , dans l'anarsarque , les hmorragies passives , dans les diarrhes qui suivent le scorbut et les fivres inteiv mittentes , dans le catarrhe utrin , et ceux qui sont accompagns de prostration de force et de pleur 5 daouj les scrophules, contre ]es fivres d'accs rebelles , pourvu qu'il n'y ait ni plthore ni irritation gastrique _ ni lsion organiques. On doit toutefois la prescrire avec la plus grande circonspection , et l'viter mme dans les fivres adynamiques primitives, dans celles alaxiques nerveuses , et dans les hmorragies actives , si l'on n'a pas fait prcder son usage par des moyens antiphoglstiques et par des vacuans. Dans les flux dyssentriques mme , o son emploi est prconis avec emphase , on ne doit l'ordonner qu'aprs avoir satisfait aux moyens gnraux , et dtruit l'affection saburrale, si elle a lieu : car son action stimulante augmenterait les dangers d'une vritable phlegmasie Cju'on doit au contraire combattre par les molliens et les mucilagineux. Les naturels des Antilles employrent avec avan- tage, hors de la priode d'irritation, Tcorce du si- marouba jointe celle du monhin et du gouyavier pour la composition d\\n sirop qui eut de trs-grands succs dans l'pidmie de 1800 Saint-Domingue, o je me trouvais alors 5 car la vertu de cette coice est incontestable lorsqu'on sait l'appliquer propos. On en fait usage jusqu' la gurison qui s'annonce dans la clyssenterie, par la cessation des tranches, le retour du sommeil , des urines , et par consquent la raret des vacuations al vines, et leur passage l'tat naturel 5 enfin celui de l'apptit et des forces. Son usage prolong rend la muqueuse intestinale le ve- lout que des vacuations excessives ont enlev 5 ainsi , elle agit plutt comme tonique antispasmo- dique que comme astringente. ( 7 ) Mode ^administration. On ordonne l dcoction de simarouba la dose de deux gros de la racine di- vise d;ms une pinte d'eau qu'on a fait houillir jus- qu' rduction d'un tiers, et que l'on fait Loire au malade en quatre doses, c'est--dire de trois en trois heures, aprs l'avoir aromatise avec un peu de can- nelle. Celte corce lastique , tenace et molle, se r- duisant difficilement en poudre , on la rpe, et on l'incorpore avec du sirop de gingembre , la dose d'un scrupule, jusqu' parfaite gurison. D'autres personnes prfrent l'emploi du simarouba la dose de vingt grains en suspension , et macrs dans demi-once d'eau. Je recommande aux mdecins des Colonies, d'aprs la formule du docteur Phoques, la prparation suivante : *} . Simarouba en poudre. . . . 5. B. pecacuana 3* Extrait aqueux d'opium. . . ?. iv. Conserve de gouyave. . . . ?. ij. Sirop d'corce d'orange. . . Q. S. pourunleo tuaire qu'on prend la dose d'un gros quatre fois le jour Explication* de la tlanche quatorzime. */W\V!W\WMWVVW\xv\W Le Simarouba est reprsent moiti grandeur naturelle, . Fleur hermaphrodite fertile. 2. Une des cinq capsules coupe transversalement 3. La mme coupe perpendiculairement 4 Amande* e 7 ) Nota, Le simarouba de Saint-Domingue est l'et>o- nymus armeniac folio et facie^ ramidis et costis foliorumrufescentibus , Jructu umbellato tetragono ex Insuld Dominicand. ( Poupe-Desportes. ) Le simarouba faux est le malpighia latifolia arbo- rescensy coi'tice sanguineo^ floribus luteis et race- mosis. ( Du mme. ) Le simarouba dit bois blanc est le malpighia arbor excelsa fraxini foliis crassis^ ovatis subts incanis^ extiis splendentibus ' ? cortice levi albicante et amaro y floribus pyramidatis albis^ baccis luteis. (Du mme.) $7* ) GENTIANE A LONGS PDONCLLEs. Vldg* PETITE CENTAUV. j':i. MA&ITI&IE. ( Stomachique fbrifuge. ) Synonymie. Centauriim minus amplo flore cerulro , Vlum. , vol. IV, p. 108. Gentiana ex.ali.ata, Linn. Pentandrie digynie. Tourneiort , genre VIII, infun- dibuliformes. Juss. , fm. dos Gentianes. Loise- leur Deslonchamps . Gentianes, 22,6 e genre, Ciironie. Gentiana corollis quinquefidis coron atis , crenatis , pedunculo longissimo terminali , Linn. Mill. Dict. , ft. 12. An blet Guiane , pag. 2o'3. Yztac xihuilL Hern.Mex., pag. 233, en anglais Gentlaii oeniaury* Caractres gnriques. Corolle 5-iides, campa- niforme 5 style simple , bifurqu l'extrmit , fruits Liloculaires. Histoire naturelle. Celte plante, appele cen- taure ^ est une gentiane dont toutes les parties sont visqueuses 5 elle se trouve sur les bords de la mer des les de la Martinique, de la Jamaque, de la Vra- Crux, de Saint -Yago-de -Cuba, de Saint- Domingue surtout, o on la rencontre frquemment dans la partie appele les cuises de la bate. La centaure d'Europe , dit Tournefort, tire son nom du centaure Cliiron qui fut guri par l'usage de cette herbe , d'une blessure qu'il avait au pied. Par ses puis sans secours la feuille de Chiron Souvent ravit sa proie V avide Achron. ( Deliile, Trois rgnes d la nature. ) T7t*>oj/orr J)cjV0ifrfiz Pm^r . i '.i/t/<>/ den/p . CKXTIIAN A "LONCS PEHMW V: LES . Caractres physiques. La racine de cette plante a a forme extrieure (Tune petite rave rameuse, li- gneuse, d'un blanc sale, et mamelone , quelquefois donnant naissance une seule tige , souvent plu- sieurs rondes , presque ligneuses , de la grosseur d'une plume crire , garnies par intervalles de feuilles longues environ de deux pouces , amplexi- caules , linguiformes, d'une saveur axnre, et d'une couleur jaune verdtre. Au milieu des feuilles suprieures se prolonge une tige, simple d'abord, qui se bifurque ensuite avec articulations, pour offrir chaque extrmit une fleur unique , de la grosseur du pouce , de couleur bleue monoptale, campaniforme , ou infundibuliforme ? divise en cinq parties lgrement serres , et profon- dment dcoupes. Le calice, form de lanires troites, subules, au nombre de cinq, renferme cinq tamines et un pistyl qui traverse les ptales de la corolle, et se transforme en un fruit ovode, semblable une olive 5 il est membraneux , de couleur noirtre , se partageant en deux parties , et offrant deux cellules garnies de pe- tites graines noirtres et glutineuses. Cette gentiane porte ses fleurs et ses semences mres au mois de septembre. Analyse chimique. Toutes les parties de cette plante sont inodores 5 mais, doues d'une bienfaisante amertume , elles fournissent un principe extractif amer. On obtient aussi , par l'incinration de la plante, un sel qui peut remplacer le carbonate de potasse. Proprits mdicinales. L'amertume de toutes les 7 (74) parties do celte gentiane, la font estimer comme to- nique, anti - verminouse , et surtout fbrifuge. Son usage convient dans les cachexies, les anasarques, la diarrhe , si commune aux Colonies , et l'atonie des viscres abdominaux. Sa dcoction procure un dtersif anti - septique convenable dans la cure des ulcres malins et rebelles. Mode d'administration. L'infusion tliiforme se fait avec trois gros de la plante par pinte d'eau. On peut en prparer un extrait qui, une dose plus forte que celui du quinquina, peut le remplacer, et tre beaucoup plus conomique. Je le donnais depuis un gros jusqu' deux , l'poque o , priv des res- sources des pharmacies, j'tais forc de mettre con- tribution les plantes qui se rencontraient sous mes pas ? aux environs des ambulances de l'arme noire , dont les gnraux me retenaient prisonnier , et m- decin en chef, afin de profiter de mes connaissances mdicales. .L'infusion vineuse se prpare en mettant digrer froid quatre gros de la tige dans deux pintes de vin de Bordeaux blanc. J'ai obtenu de trs -grands succs d'une cuillere de ce vin, dulcor avec le sirop d'ther j dans les syncopes qui accompagnent la fivre jaune. (?5) Explication de la planciiz quinzime. (Wl tVIAVt w %/ /W* w Rduite aux ?>]/{ de grandeur naturelle. On a choisi un individu peu lev, 1. Racine et partie infrieure de la tige. 2. Calice. 3. Capsule entire. 4 Capsule triloculaire coupe transversalement. (7) GENTIANE YERTICILLE Vtllg* PETITE CENTAURE A TIGE QUADRANGULAIRE. (Stomachique fbrifuge). Synonymie. Centaurium minus , ad alas floridum. Plum., vol. lV,pag. 107. Gentiana verticillata , Linn. Gentiana corollis quinquefidis infundibuliformibus flo- ribus verticillatis caulc simplicissimo. Linn., bexan- drie digynie. Tournefort , genre 8 infundihulifonnes. Jussieu , fam. des gentianes. Loiseleur Deslon- cliamps, gentianes, 226 e . genre. Chironie. Caractres gnriques. Corolle 5-fides. Infundi- Luli forme , pistyl simple , termin par un stygmate pais et tronqu. Capsule deux loges formes par les bords rouls des valves. Histoire naturelle. Cette petite gentiane qui se trouve , comme la prcdente , sur les rivages de la mer, est estime comme fbrifuge. Je l'ai souvent trouve Saint-Domingue, Cuba*, mais elle est plus frquente la Martinique , Porto-Fiico et Saint- Vincent. Caractres physiques. La racine de cette plante est peu volumineuse , mais elle forme plusieurs bran- ches rameuses : elle est dure , ligneuse , presque noire, et d'une grande amertume. On en voit sortir des tiges un peu plus grosses qu'une plume crire, droites, quadrangulaires , ligneuses, d'un vert fonc. Ces tiges sont pourvues, des distances trs-rapproches , de nuds chacun desquels adhrent deux feuilles semblables celles de la gentiane cioisette d'Europe . PLi Tfi.vjors Jie&eeur ' \ Tin* . (rairtel >././ GENTIANE VEttTICLJJE . ( 77 Elles sont opposes, tansdis que celles suprieures et infrieures , fixes dans un sens contraire 7 et sur les deux autres parties de la tige quadrilatre for- ment une croix. Ces feuilles portent trois nervures saillantes comme celles du plantain , et sont entou- res d'une bordure d'un rouge brun ? si troite ? qu' peine elle est visible. Les fleurs naissent par paquets axillaires , et sont disposes en verticilles autour de la tige. Elles sont trs-petites , blanches ? ou bleu d'azur , monoptales, infundibuliformes , diyises en cinq ptales allongs. Le calice verdtre offre aussi cinq divisions , et porte le pistyl qui traverse la corolle , et forme un rcep- tacle ou fruit ovale qui se partage en deux , et fait voir deux divisions contenant de petites graines rondes et noires. Analyse chimique. Toute la plante a l'amertume de notre centaure d'Europe j elle prcipite en vert la dissolution de sulfate de fer. Proprits mdicinales. Cette gentiane est ino- dore , mais doue d'une amertume qui l'a toujours fait rechercher, et appliquer avec avantage dans les fivres intermittentes : on ne se sert que des tiges garnies de fleurs. Mode d'administration. On ordonne cette plante en infusion thiforme 5 en sirop , la dose de deux onces 5 en teinture, celle d'une once. On la fait en- trer aussi dans la composition des bains fbrifuges et des lotions vulnraires. IMPLICATION DE LA TLANCIIE SEIZIlbir.. a/iaw/v* w Mwmw| w* Elle est reprsente moiti de grandeur naturelle. . Portion de la tige o on observe la disposition qu'aX- fectent les feuilles infrieures. 2. Fleur. 3. Capsu( e entire. 4- Capsule coupe transversalement; 5. Graines. /'/. .'./'/,' /',,, '/rr/i/\ j/a.r <-avin oeutp- INB O T1 M R FM A N *" . (8i ) INDIGOTIER FRANC ou CULTIVE, ( Stomachique fbrifuge. ) Synonymie. Indigofera tinetoria. Anil. Foliis pmnaiis ^ foliolis ovalibus , racemosis , breVBus , legumimbus incurvato fakatis, (Olamatok-. ) -Bntrus ar ericanus, siiiqu incurvat. Tourneiort , 65o , la^s. 22, sert. 3, genrl 3. Indigo vera ycohiteae fjpiis , utriusque Xndiae ( des sava/is de Londres. ) 3 7 cr~V indigo fer a argentea^ Linn., espce peu productive en fcule colorante et qu'on nous en- voie de la Caroline. On doit M. Clievreul la connaissance d'un pro* cd simple et sr pour extraire de l'indigo les parties htrognes qui lui sont associes. Il suffit de mettre de celte pte bleue en poudre dans un creuset d'ar- gent couvert et de l'exposer une moyenne cbaleur. On voit alors le plus pur indigo se sublimer sur les parois du vase. L'indigo sert teindre en bleu la soie et la laine 5 les peintres le mlent d'autres couleurs dans la pein- ture en dtrempe, o. ii produit de beaux tons pour la verdure et pour les ciels. Les blanchisseuses donnent avec cette fcule une couleur bleue a linge. Beaucoup de lgumineuses , telles que les colutea , galega^ robinia, sophora, coronilla , lie dy s arum } medicago , crotalaria , etc. , fournissent aussi une fcule colorante bleue. Caractres physiques. L'indigotier est une plante sous - ligneuse , tige pleine, cylindrique , droite, dure, rameuse, feuille , villeuse et blanchtre dans sa partie suprieure, corce gerce et raye de 8* C'84> fibres. Les feuilles sont alternes, pinncs avec impaire, composes de neuf folio! s ovales, obtuses, entires, (l'un pQUCe de, longueur. Elles sont lisses, douces au toucher, d'un vert fonc en dessus et argentes par dessous, attaches un ptiole trs-court. Moins la feuille es! garnie , plus la foliole terminale est grande. Les stipules sont peu apparentes et subules. Les grappes spiciformes qui naisssent dans les ais- selles des feuilles sont plus courtes que ces dernires, et portant de petites fleurs papillonaces, d'un vert blanchtre, parsemes de veines pourpres. L'tendard est le pins grand ptale 5 il est creuse en cuiller , et chanciv en cur son sommet ; les ailes , d'aprs la remarque oleNicolson, sont les ptales les plus pointus, les plus troits, et les plus colors de tous. Il tort du centre de la fleur un faisceau d'tamines, dont les filamens runis leur base , et diviss sup- rieurement en huit dix lanires , portant des an- thres d'un vert jauntre , environnent le pstyi 5 la fleur est porte sur un pdoncule trs-court 5 les calices monophylles sont diviss en deuxlvres et cinq dnis 5 ils sont trs courts, blanchtres et pubescens; les bractes staces sont plus courtes que les fleurs. A leur chute, le pistyl devient une gousse linaire de huit dix lignes , courbe en montant en forme de faucille * 5 ces gousses, termines en pointe , sont pres- que glabres , brun-violet au dehors , blanchtres en dedans , lgrement comprimes vers les sutures au dessous de chaque graine , qui , au nombre de cinq sept , sont de forme carre quatre angles obtus et . spars par des cloisons olivtres. (85) Les racines de l'indigotier sont dures, tortueuses T rameuses, chevelues et couvertes d'une corce blan- chtre qui est peu adhrente et qu'on enlve facile- ment. Analyse chimique. L'indigo est insoluble dans l'eau et dans l'ther 5 il est inaltrable Pair : il se dissout dans l'alcool bouillant , et dans les acides sulfurique et nitrique. L'acide muriatique n'agit sur lui qu' un certain degr de chaleur. L'acide muriatique oxign dtruit sa couleur, tandis que les alcalis n'ont aucune action sur lui. En lui tant son oxigne , il devient jaune, et reprend sa couleur bleue en l'exposant l'air. Toutes ces observations appartiennent M. Loiseleur Deslongchamps. Proprits mdicinales. L'indigo franc dont la saveur est amre et piquante , est fbrifuge par excel- lence 5 mais il faut en user intrieurement avec r- serve , en raison de certaines proprits dltres. Les mdecins indiens l'ordonnent en bains, pour fortifier le systme nerveux. Suivant Poupe-Desportes, c'est un excellent rsolutif, qui est surtout applicable dans les rysiples , 011 il agit comme sudorifque. Son sel , continue le mme mdecin amricain , quivaut celui d'absinthe. Contus, on applique l'indigo en pithme frontal 5 tandis que sa poudre , dit encore Poupe-Desportes , dterge les anciennes plaies qu'on lave ensuite avec la dcoction de la plante. L'indigo en fcule est employ dans la toilette des Ngres, et pour colorer leurs filets de pche et leurs tangas. Il font usage des semences piles ou des ra- cines infuses dans le tafia , pour dtruire leur ver- ( 8 ) mine. Ou estime aussi les fleurs de l'indigo comme vulnraires i cphaliques. Monr. EX r ADM INISTR ATIOW . Les feuilles s'emploient dans les bains fbrifuges. La racine est estime anti- septique: on l'administre en poudre la dose d'un deux gros, dans Papyrejrie des fivres intermittentes, soif en opial, soit dans un vhicule appropri la maladie. Nota. Poupe-Desportes indique trois autres espces d'indigotiers : i. l'indigo btard emerus major , fol ils rigidiS) angustiset incanis^ flore rubro-amorpha fructicosa.IAna barba Jouis americana pseudo-aca- diflosculis purpureis minimis. (Valm. de Bomare.) Voyez cl. XX , plantes rsolutives. 2. L'indigo sau- vage qu'il appelle de Guatimala emerus minimus montanus , foliis rarioribus , incanis et rigidis sili- quisj rectis pendu lis $ c'est U emerus siliquis longis- simis et angustissimis. ( PI uni. Bar. essais, p. 49 ) Explication de la planche dix-septime. <%ois d'un jaune ple* Ses feuilles sont-simples , ovales, lancoles y pour- vues de ptioles , ondules vers leur bord 5 de deux pouces d< largeur sur quatre cinq pouces de lon- gueur. Elles sont gl res aux de uk surfaces, d'un vert clair en dessus, blanchtres en dessous, elles sont rang par deux ou trois chaque nud. Les fleurs dis '< en paniculcs l'extrmit des v. ; aux sont monoptales, lgrement courbes, va- se 5 par ]e haul , et gonfles la partie infrieure du tube. Le limbe est divis en cinq parties ingales, dentel sur les bords. La corolle est blanchtre, par- seme de filets rougetres, ce qui lui donne un as- pect couleur de rose. Ces fleurs exhalent une odeur des plus suaves. Elles iront que deux tamines fer- tiles, et comme le B. catalpa trois filamens sans anthres. A ces fleurs succdent des siliques trs-troites , biloculaires, bivalves et pendantes} elles sont arron- dies, vertes, puis bruntres au dehors et blanchtres au dedans: longues de plus d'un pied, et renfermant en quantit, de petites graines ailes, de la forme d'un cur, dont les ailes sont termines par des poils, et places en recouvrement. Analyse chimique. L'corcede cette bignone offre beaucoup de tannin qu'on obtient par la dcoction, et dont les tanneurs-corroyeurs se servent. Proprits mdicinales. On emploie l'corce , les feuilles et les fleurs du chne noir d'Amrique, V9 V qui ont une vertu fbrifuge et videmment astringente. On recommande l'usage du sirop fait avecl'corce et ses fleurs dans toutes les circonstances, o on prescrit celui de quinquina. Mode d'administration. L'coree rduite en pou- dre ? se donne en suspension ? depuis deux gros jus- qu' quatre j dans un vhicule aqueux ou vineux 7 suivant le cas. On peut en composer aussi ? avec du sirop ? un lectuaire qui rpugne moins aux fbrici- lans que la poudre en substance. Les feuilles servent composer des topiques astringens ? ou des lotions du mme genre. Les fleurs, rduites en poudre, sont regardes comme fbrifuges , et se prescrivent moiti dose de la poudre : on donne des clystres avec la dcoction de ses feuilles, la fin des dyssenteries. > Explication de la planche dix-huitime. La plante est rduite aux deux tiers de sa grau* deur naturelle. (90) TROPHIS D - AMRIQUE , (bois ramos. ) (Stomachique fbrifuge. ) Synonymie. Arbor non excelsa foliis midis Iat viren- tlbus, Fioribus in fasciculum congeslis, ex luteo-albidi.s et suaveolentibus , fructu amygdaiino parvo, cortice amar ( Poupe-Des portes. ) Ramon-Bucepbalob , fructu racenioso rabro. Plum., vol. VI, pi. io3. Micocoulier petites feuilles. Trophis americana , Celtis occident alis. Tussac. Trophis et alternative- ment savonnier aux Antilles , Bosc. Mirocoulic r des Antilles. ( eltis occidentalis. Linne , cl. XX11I. Poly- gamie monocie . (Vis/ ace ) , Tournefort , cl. 2i , arbres rosaces. Jnss., seel. 2, famille des Amentaces. JMallam-'Taddali. Mal. Tarilla d'Agoa, Portug. Caractres gnriques. Fleurs dioques disposes en pi axillaire. Mles^ calice en quatre parties, corolle nulle, quatre tamines dont les filamens capillaires plus longs ([lie les divisions du calice portent des an- thres ovalaires deux lobes. Femelles, calice mono pliylle trs-petit fortement adhrent l'ovaire , celui- ci trs-petit, surmont d'un style deux divisions divergentes ; feuilles obliquement ovales , aigus. Histoire naturelle. Cet arbrisseau n'a rien de remarquable quant au port 5 mais on le recherche cause de ses vertus mdicinales*, et il est frquemment employ par les praticiens des pays o il se trouve. On le rencontre dans les bois humides , sur les bords des fleuves, et prs des lieux habites. Caractres physiques. Le trophis d'Amrique est un arbre dont les rameaux sont glabres, alternes, mdiocrement tals, revtus d'une corce d'urf J/teot/orr e'*rr/t >l'r////> TR0PH3S ^"AMETRIOUE _ ( 90_ brun violet, parseme de petites taches fauves: gar- nis de feuilles alternes , mdiocrement ptioles y ovales , lancoles , longues de trois quatre pouces et plus, larges d'environ deux pouces, glabres leurs deux faces , trs-entires leurs bords , aigus ou acu- mines leur sommet, veines, supportes par un ptiole trs court, un peu caualicul. Les fleurs sont dioques : les mles disposes dans l'aisselle des feuilles , en un pi de forme de chaton allong, presque cylindrique , obtus, lgrement p- doncule, un peu grle, charg de fleurs sessiles et ser- res, dont le calice, divis en quatre parties obtuses, et, arrondies leur sommet , environne quatre tamines staces du double de longueur du calice. Les pis femelles un peu plus courts, axillaires , leur calice entier , adhrent l'ovaire j deux styles divergens aigus. Le fruit est une baie globuleuse rougetre, cou- verte d'un lger duvet , quatre cts , une seule loge, qui contient une semence unique. (Encycl., par O. d. m. ) Analyse chimique. L'corce du bois ramon, con- tient beaucoup de tannin, et un principe extractif amer. Proprits particulires. Le feuillage du trophis est un trs-bon aliment pour les chevaux , qui ? lors- qu'ils en font usage, deviennent vifs comme s'ils man- geaient de l'avoine , et engraissent promptemen t. Proprits mdicinales. Le bois ramon a lu vertu de tous les amers, et pour cela, il est employ dans tous les cas o ces mdicamens doivent tre prescrits. ( 9^ Poupe-Desportcs s'en servait habituellement ave* suce es (i). Mode d'administration. On fait usage du bois ra- mon en poudre ou en dcoction : un gros de son coree rpe > suffit pour une livre d'eau ou de \in. Explication de la planche dix-neuvime* vwwvwwwwvwww Le sujet est rduit moiti de grandeur naturelle* Il Ji'est charg que eVun chaton femelle, 1 Fruit coup transversalement et offrant son milieu le noyau qu'il contient. 2. Embryon femelle charg de deux styles divergens en forme de cornes. 3. Fleur mle pourvue de quatre tamines dont les filets sont adns aux ptales, () Sdon Rhed, les Malabarois l'indiquent comme conve- nable contre l'pilepsie, la phrnsie et les autres maladies du cerveau ; mais la doctrine nouvelle rprouve ces asser- tions exagres. /y. -v. .'>t\,\u>(tr/t7\ J*hui eo\rw ;^TANKM.E POURPKKK ( s>3 ) DENTIAJNELLE POURPRE. ( Stomacliique fbrifuge.) Synonymie. Exacum purpureum. Exacuni floribus quadrifidis, calicibusquadrangularibus , foliis sessilibus, oblongis, acutis. N. Exacum (Guianeuse) io'iis con- natis , oblongis , acutis. Floribus purpurascentibus. Aubl. Guian. 68, t. 26, f. 1. Caractres gnriques. Calice de quatre folioles droites , carnes , persistantes , corolle monoptale, infundibuliforme , linibe quatre divisions ouvertes, quatre taminesprygines, pourvues d'anthres sagit- tes une extrmit, et de trois cailles rudimentaires la base 5 ovaire suprieur ovale, surmont d'un style aussi long que la corolle, stigmate pais, bifide. Le fruit est une capsule ovale , un peu comprime, marque d'un sillon de chaque ct 5 biloculaire et polysperme. (Encyc. p. O. d. m). Histoire natu relie. Cette plante, originaire de la Guiane, se trouve nanmoins St.-Jago de Cuba, et la Jamaque dans les bois humides, et sur le bord des fontaines. Caractres physiques. La racine de la gentianellc pourpre est annuelle , jaune , grle et tortueuse 5 elle pousse une tige de la hauteur de huit dix pouces , cylindrique , rameuse et dichtome sa partie sup- rieure 5 les feuilles sont opposes, sessiles, lancoles, trs-pointues, tri-nerves , caractre des gentianes, d'un vert glauque , plus ple en dessous. Les fleurs sont purpurines, quadrifdes , pdoncu- les, solitaires , axillaires et terminales 5 les tamines d'un jaune d'or : le calice form de quatre folioles ( 94 ) prsente , pour angles dorsaux , une crte membra- neuse et frange : il est d'un vert Lieu. Les capsules de celte jolie plante servent d'tui pour prserve!; les semences des injures de l'air et del terre, jusqu' ce qu'elle soit invite par un beau soleil les dissminer 5 alors , la premire impres- sion de la rose, il se fait un dpart des graines qui vont et l se reproduire, en se semant naturellement. Analyse chimique. Je ne me suis pas occup par- ticulirement de l'analyse de la gentianelle pourpre; mais je pense qu'on peut lui attribuer les mmes principes qu'aux plantes amres. Proprits mdicinales. La gentianelle est stoma- chique , fbrifuge, emmnagogue , anthelmintique et alexipliarmaque ; dans les fivres intermittentes on l'associe au quinquina , dont elle est l'un des succ- dans : elle convient par consquent dans les atonies viscrales, et surtout dans les diarrhes chroniques produites par relchement , et si frquentes dans les climats chauds. On l'associe souvent aux plantes em- mnagogues : elle fait partie , ainsi que ses feuilles , des dcoctions dtersives et anti-septiques. Mode d'Administration. On l'emploie comme l'in- digo culliv. (Voyez article 17.) Explication de la planche vingtime. (Uixwvv www w vwwii Individu peu lev de grandeur naturelle. 1 . Calice grossi revtu ses angles de crtes membra- neuses franges. 2. Etamine sagitte garnie , la base de son filet ? d trois petites cailles. 3. Ovaire surmont d'un pistyl bilob. (95) PLAINTES FBRIFUGES Rapportes dans d'autres classes. Stomachiques aromatiques. Acacie de Farnse , croton cascarille. Stomachiques vermifuges. Presque toutes les espces de cette classe sont fbrifuges. Purgatives. Les espces de ces classes , soit qu'elles agissent en dbarrassant les premires voies y soit qu'elles procurent des vacuations alvines ? sont les premiers moyens employer pour combattre avec succs les fivres gastriques et plusieurs d'un autre caractre. Diurtiques excitantes. On a le choix, dans cette classe , de plantes dont les proprits y sont indiques et qui peuvent convenir l'tat de la maladie , sur- tout en les associant d'autres espces doues d'une vertu directe et spciale. Rafrachissantes, aqueuses et acides. L'usage de la plupart de ces plantes sont d'un puissant secours dans les fivres angeotniques et bilieuses 5 et le malade, consum par un feu intrieur, voit arriver avec dlices , une boisson propre calmer et tan- clier la soif ardente et insupportable dont il est ac- cabl. Anti-spasmodiques. On trouve, dans les individus de cette classe, beaucoup de plantes dont le choix sage en rend l'usage prcieux dans les fivres ataxiques et ^dynamiques de mauvais caractre. ( Y' ) DllPiiORTIorES ET SUDORIFIQUE8. D'ajivs l'indi- cation remplir >n use tour--tour des amers el des piaules de ces deux cl issu s , lorsqu'il est utile d'aider les efforts (le la nature par une diaphonie ou des sueurs. Epispastiques. Dans un pays o Ton cherche xililisrr en faveur Je l'humanit lotit ce qui s'offre l'observation du mdecin botaniste ? les epispastiques vgtaux indignes remplacent les cantharides et les sinapismes. FLORE MDICALE DES ANTILLES, o u TRAIT DES PLANTES USUELLES DES COLONIES FRANAISES , ANGLAISES , ESPAGNOLES ET POE.UGAISES. CLASSE PREMIERE. Des plantes qui excitent la tonicit des voies DIGESTIVES ET DE l'aPPAREIL FIBRILLAIRE. Sect. 3. Stomachiques anti-scorbutiques. SOMMAIRE. de Paul et Virginie, le cocotier pousse une feuille 3) ou un rgime de fruits, et sa tte s'lve d'un cran: y> lorsque les nouvelles palmes se dveloppent, les infrieures, qui sont les plus anciennes, tombent y> et laissent sur le tronc des espces de hoches rabo- ( io4 ) teuseset annulaires, qui servent la fois do marques d> chronologiques et de degrs pour monter sonsom- met; et comme la circonfrence des plus gros, n'a pas ])lus d'amplitude que celle des bras d'un ngre, ?> lorsqu'il veut y grimper, il se fait, avec une des : palmes tombes, une ceinture dont il s'entoure avec 3> le tronc, et en s'aidant des pieds et des mains, au 3> moyen des anneaux qui lui servent d'appui , il w s'lve jusqu'au sommet pour en tirer du vin ou a> pour en cueillir les fruits. : Le cocotier offre bien d'autres ressouras : tanlt les ngres tressent , avec beaucoup d'adresse et de got, les feuilles scbes pour en faire des macoutes ou paniers , des nates qui remplacent les tapis, et des coufles pour transporter le caf $ tantt ils en couvrent leurs maisons, en forment des parasols, des voiles de vaisseaux, tandis que les fibres en rseaux qui envi- ronnent la partie de l'arbre d'o sortent les branches, procurent des tamis pour filtrer les liquides. On peut crire sur les spathes lorsqu'elles ont produit leurs fruits, et au'elles se sont dtacbes de l'arbre. Les Carabes en faisaient beaucoup d'usage. L'corce extrieure ou le brou, qu'on nomme aussi caire est forme d'un chevelu dont on fait des cordages pour les vaisseaux. Cette espce de bourre est prfrable aux toupes pour calfeutrer les vaisseaux parce qu'elle ne pourrit pas si vite , et qu'tant spon- gieuse , elle pompe l'humidit. La coque ligneuse du coco se travaille pour dif- frens ouvrages. Les joailliers en font des poires poudre 3 des tasses qui acquirent le poli et la couleur ( i5 ) du bois d'bne , si on a eu la prcaution de l'enfouir brute dans la vase pendant trois semaines. Onla retire aprs ce temps , dgage des fibres rousstres, adh- rentes aux sillons de la surface , qui en eussent em- pch le poli parfait , qu'on obtient au moyen de l'huile des amandes du cocotier. Le cocotier aime les climats exposs aux vents, et semble destin crotre dans les sables et sur les ro- chers des rivages des mers Torridiennes, car il languit dans l'intrieur des terres. Ses feuilles rougissent au moment de leur chute. ce Les lourds cocos sont suspendus aux palmiers 3) avec prcaution , dit l'auteur des tudes de la d> nature : ds viennent en grappes , attachs une queue commune , plus forte qu'un cordage de chanvre de mme grandeur , ils sortent du sommet 3> de leurs palmiers ? et posent sur son tronc , qui les w prserve , en partie , des secousses des vents. Leur caire tant compact et lastique , ils ne se : rompent jamais en tombant :. Quelquefois on les voit flotter sur les mers , et ils annoncent aux marins les attrages ; d'autres fois le flux les porte vers des rives opposes. C'est au moyen de ce fruit , dont ils avaient enlev l'amande , que certains voyageurs ont fait connatre la hauteur des mers o ils se trouvaient, en abandonnant leurs flots et leurs courans des cocos , dans lesquels ils renfermaient les dtails de leur navigation , et qui taient ensuite recueillis avec empressement sur les rivages o ils venaient aborder. Caractres physiq ues. Les cocotiers sont des arbres colonnes nues et longues de plus de cent pieds :, sur- ( io<5 ) montes leur sommet d'un bouquet de dix douze feuilles ou palmes, les unes droites , les autres trs- tendues arques ou pendantes, que le moindre vent agile et balance gracieusement en tous ens avec un bruissement particulier. Ces palmiers imposans pa- raissent au dessus des autres arbres , selon l'expression de Bernardin de St. -Pierre , comme une fort plante sur une autre fort: il s'y joint des lianes de divers feuillages, et qui, en s'enaant d'un arbre l'autre, forment ici des arcades de fleurs , et l des cour- tines de verdure. Leur diamtre ne change jamais y quelque hauteur que la tige s'lve. Cette tige est compose de paquets de fibres qui les rendent souples et capables de rsister au choc imptueux des ou- ragans. Au centre du faisceau des longues feniles, on trouve un bourgeon droit presque cvlindrique, tendre, bon manger, et qu'on nomme chou. Le tronc grle , en raison de la hauteur de l'arbre, offre quelquefois une lgre courbure , et est souvent moins gros dans son milieu qu'aux extrmits : il est nu , marqu de cicatrices semi-circulaires produites parla chute des anciennes feuilles. Ces feuilles sont pinnes, longues de douze quinze pieds, larges de trois quatre pieds environ, composes de folioles nombreuses, ptioles 7 ensiformes, fixessur un ptiole commun, nu sa base qui est plus large son in- sertion prs du tronc, et garnie de filamens sur les bords : les folioles forment deux plans rapprochs l'un de l'autre. On voit sortir du milieu des palmes de grandes sp ths univalvcs , oblongues , pointues , qui se ( i7 ) fendent par le ct , et donnent issue une panicule dont les rameaux sont chargs d'un grand nombre de fleurs sessiles et d'un jaune-paille. Les fleurs femelles ont trois ptales et leur calice cinq divisions profondes:, elles se trouvent la base de ces rameaux, tandis que les fleurs mles, qui sont plus nombreuses, garnissent toute la partie suprieure j elles ont trois ptales ovs et aigus*, les tamnes sont pourvues d'an- thres oblongues, incombantes, portes par des filets en nombre gal, simples et de la longueur de la co- rolle. Le pistil offre la base un ovaire rudimentairej le style est court, grle , le stigmate court et trifide , ses divisions rflchies. Le priantlie est strile. Aux fleurs femelles succdent des fruits peu prs de la grosseur de la tte d'un homme , rassembls en grappes, et dont le brou ou caire est trs- lisse et trs-pais. Ces fruits sont oblongs , trois angles arrondis , et ont leur sommet , comme je l'ai dj dit , un enfon- cement lger, plac entre trois petites saillies obtuses. Sous le brou trs-fibreux se trouve une coque ovode, ligneuse , trs-dure , marque sa partie suprieure de trois yeux ingaux , dont un seul est susceptible d'tre nerfor avec le moindre instrument piquant 5 les deux autres offrant trop de rsistance. C'est pai ce procd qu'on peut se procurer l'eau ou lait de coco que renferme l'amande creuse du fruit dont la chair a des rapports avec ceux du noisettier. L'eau de coco est claire , odorante, acide: les cuisiniers l'em- ploient pour relever leurs sauces ; elle sert aussi de boisson rafrachissante aux chasseurs assez heureux ( 'o8 ) ponr rencontrer un cocotier, en poursuivant dans les mornes j la pintade ou le cabri marron. Le coco lier pousse peu avant dans la terre sa principale racine qui est environne d'une quantit d'autres plus petites , entrelaces les unes avec les autres, et qui servent consolider l'arbre-, le piter en l'amalgamant avec le terrain o il doit tre expos la fureur des orages. Analyse chimique. La pulpe amande du coco, d'un blanc blouissant, d'une saveur douce et trs- agrable, miscible l'eau, donne, par trituration, une mulsion ou espce d'orgeat trs-rafrachissant. Elle contient beaucoup de mucilage et de fcule amilace, et peu prs moiti de son poids d'une huile grasse, jauntre, claire, non-congelable , trs-douce tant rcente, mais qui rancit en vieillissant, et prend la gorge 5 elle ne sert plus alors que pour la peinture , l'clairage et la fabrication des savons en la com- binant avec les alcalis. Le caire donne, par macration, beaucoup de tan- nin et d'acide gallique , ce qui lui fait accorder des proprits toniques et astringentes. L'enveloppe li- gneuse et noire de l'amande , donne une huile era- pyreumatique particulire , qu'on obtient par la dis- tillation , et qui est spcifique dans les odontalgies ^ cette coque est trs-usite dans l'Inde, au rapport de Sir Flemming 5 elle fournit galement la peinture, un charbon velout prfrable au noir de noyaux de pches. Proprits mdicinales. Le fruit du palmier- coco peut remplacer , lorsqu'il est rcent, les aman- ( 110 9 ) des douces pour les iocks. L'amande en est trs- nutritive , et lorsqu'elle est nouvelle , elle rafrachit, relche , adoucit et modre les irritations gnrales ou locales 5 mais autant elle produit de bons effets tant frache , autant elle peut nuire tant rance , par une proprit contraire. Il en est de mme de son huile , qui a les mmes vertus que celles de l'a- mande douce , et qu'on emploie utilement comme purgative et vermifuge. Les amandes du coco , molles et abreuves de leur eau , se servent au dessert, et sont , ce point, d'une assez facile digestion } mais elles occasionnent le pyrosis et des rapports nidoreux , si on les mange sches et prives depuis quelques jours de cette eau qui entretient leur fracheur. Le dcoctum du brou , qui acquiert une couleur noire , par sa combinaison avec le fer , procure un tonique apritif , astringent , dont on obtient des succs dans les hpatiques chroniques, et les diarrhes muqueuses , si frquentes et si rebelles sous la Zone Torride. On emploie ce mme dcoctum, aiguis de muriate d'ammoniaque, comme gargarisme styptique dans les angines muqueuses et chroniques, contre les ulcra- tions indolentes de la bouche , contre le gonflement des gencives et le relchement de la luette. Il agit comme dtersif dans le pansement des ulcres ato- niques. Les ngres recommandent la poudre de la coque ligneuse rpe, la dose d'un gros, tous les matins jeun, dans un verre de vin de Madre (deux onces) , / ( ) pour rtablir les forces des valtudinaires. Cette pr- paration , disent-ils , acclre le mouvement du sang, et est favorable aux vieillards. Mode d'administration. Le dcoctum du caire se donne depuis deux jusqu' quatre onces par jour ; sa teinture alcoolique est rpute stomachique , de- puis quatre gros jusqu' une once. L'amande rcente procure une mulsion exquise , en en triturant une once ou deux par huit onces d'eau, ou une livre , sui- vant le besoin, et convenablement dulcore. L'huile se prescrit depuis une once jusqu' deux. La poudre de la coque ligneuse, depuis un scrupule jusqu' un gros. L'eau de coco, comme anti-scorbutique, peut tre bue , sans inconvnient, la dose d'une livre par jour : elle convient principalement aux tempramens plthoriques sanguins. Explication des planchs vingt-unime et vingt* deuxime. KM \l\l\ W\ W* l\l\ (V* WMW PI. ai. Le cocotier est rduit environ la soixant- ime partie de sa grandeur naturelle. Prs de lui est plac un Ngre servant d'chelle de proportion; en observant qiCil ne peut en servir qu } -peu-prs jusqiC la moiti de V arbre , V excdant ne peut tre mesur que par approximation. TJn autre Ngre y grimpe pour faire voir comment les na- turels parviennent au sommet , ou se trouvent les fruits. PI 22 , fig. i. Spatlie ouverte 5 on aperoit l'intrieur le Spadice charg la base de fleurs femelles , son ( 11, ) milieu de fleurs mles et sou sommet de l'extrmit des rameaux des grappes dont les fleurs ont avort. a. Rameau du Spadice charg de fleurs maies au som- met , et infrieurement de fleurs femelles sur cette partie flchie en zigzag. 3. Fleur femelle garnie de son calice et de sa corolle. 4- La mme, dpouille de ces parties et surmonte des trois divisions de son stigmate. 5. Fleur mle. 6. Etamine d'une fleur mle. y. Fruit du cocotier rduit au quart , offrant suprieu- rement trois trous dont un seul est perforable et ou- vert j l'extrieur de la coque est charg de la base des fibres dont le reste a t excis. Le fruit est moiti sorti du brou ou caire filamenteux qui le ren- fermait. Nota. Il y a deux autres espces de cocotiers 5 i. le cocos butyracea sans pines ? feuilles pinnes, folioles simples ? dont l'amande du noyau fournit ? par l'expression , l'huile qu'on vend sous le nom d'huile de Palmiers. C'est le cocotier du Brsil. Co- cos inermis ? frondibus pinnatis : foliolis simplicibus. Lin. ? s. sup. 454 ; 2. . Le cocotier de Guine. Cocos aculeata tota y frondibus distantibus ? radice repente. Lin. mant. 137. Se trouve la Jamaque. ( ) MNIANTHE. ( Stomacliique anti-scorbutique. ) Synonymie. Menyanfches , nympheae folio , Flore albo. Plum., vol. 1Y , p-. 121. Menyanthes indica. Linn. Pentanclrie monogynie. Tournefort, cl. 2, infundi- buliformes. Jussieu , fain. des Lisimarfu.es. Caractres gnriques. Calice cinq divisions , corolle hrisse infundibuliforme cinq dcoupures profondes. Stigmate 2-fide , capsule oblongue une loge et deux valves , contenant des graines nombreu- ses fixes aux rceptacles parallles aux valves. Caractres particuliers. Feuilles cordiformes , ptioles florifres 5 corolles intrieurement poilues. ( Jolyclerc. ) Histoire naturelle. Le mnianthe se plat dans les lagons et sur le bord des ruisseaux, o il tale son feuillage gracieux et diversement color. Thophraste, suivant Loiseleur-Desloncbamps , lui donne le nom de juivetvo y de pwvi mois, et d'^os fleur, d'aprs la vertu emmnagogue qu'on attribuait cette plante. Les btes cornes le broutent , et on retire dans certains pays une assez mauvaise fcule de sa racine , dont les Ngres font du moussa , dfaut de farine de mas. Caractres physiques. La racine du mnianthe des Antilles est fusiforme , de la grosseur du petit doigt, d'un blanc-verdtre nuanc de rose, pivotante, gnicule , marque dans toute sa longueur d'impres- '/7i, *'./'/" /K\ ,;w/r/f/\ / J f/i.i ^kivyaivthe ^rvMPua k mm (n3) Bions transversales excaves d'o partent des fibres. Ces excavations sont les cicatrices qu'ont laisses les feuilles du bas en se dcomposant. Les feuilles sont radicales , cordiformes , horizontalement places , ombiliques leur insertion sur leur long ptiole. Elles sont d'un beau vert luisant en dessus , d'un rouge d'Inde en dessous , garnies de nervures appa- rentes. Les fleurs en toile , qui closent en mai, naissent prs des feuilles et sortent de leur ptiole : elles sont en corymbe 5 les boutons sont d'un rouge assez vif 5 les fleurs panouies d'un rouge pourpr au de- hors, d'un blanc pur l'intrieur, couvertes, de ce ct et aux bords des ptales , de barbes de mme couleur et stacs. Les tamines portent des anthres bifides} le calice est pourvu de cinq divisions 5 le style a le stygmate bilob : le fruit, ainsi que je l'ai indiqu plus haut renferme des semences ovales, jauntres , d'un got amer. Analyse chimique. Le mnianthe a une odeur lgrement suave 5 mais il fournit un principe extr- mement amer qui se combine avec l'alcool et l'eau. Sa dcoction noircit la teinture de noix de galle ce qui la fait estimer astringente. On en retire, par l'ana- lyse , une substance gommo-rsineuse fort a m re. Le mnianthe d'Europe a fourni les mmes rsul- tats MM. Loiseleur-Deslongchamps et Marquis. Proprits mdicinales. La saveur amre du me* nianthe d'Amrique , qui a absolument les mmes proprits que le mnianthe trifoli d'Europe , le fait 10 ( n4 ) rechercher et employer avec avantage, comme puis- sant ionique, un fbrifuge prouv , et un anti-scor- butique suprieur tous les autres. Toutes les fois qu'on a eu occasion d'appliquer le mnianthe , on a vu qu'il n'avait pas usurp sa rputation. On a lou son usage dans les amnorrhes atoni- ques , dans les maladies arthritiques et les hydropi- sieSjdans les rhumatismes et les hpatites chronique s y contre les affections scrophuleuses et cutanes , contre les engorgemens abdominaux , la phthisie , l'hypocondrie et autres maladies nerveuses. Sa proprit astringente le rend galement recom- mandable dans les hmoptysies , dans les diarrhes chroniques , dans la cure des ulcres atoniques et scorbutiques: on l'applique, en ce cas, en topi- que , et on fait prendre son suc l'intrieur. Je lui ai aussi reconnu les proprits vermifuges signales par le docteur Alibert , l'article M- nianthe e ses Elmens de Thrapeutique : dans ce cas on en fait continuer l'usage pendant une quin- zaine de jours. 11 faut cependant n'administrer le mnianthe qu'avec prudence , et en viter l'usage , soit au de- dans , soit au dehors, s'il y a irritation dans le pre- mier cas , et phlogose de la partie affecte dans le second. Les sujets plthoriques ou d'une grande susceptibilit nerveuse doivent s'en abstenir. On le confit dans le vinaigre , et on l 'ordonne en garga- risme aux scorbutiques. Mode d'administration. On ordonne les feuilles et les racines en dcoction , la dose de seize gram- (n5) mes (demi-once), par litre d'eau: le suc de la plante , celle de trente-deux grammes (une once), plusieurs lois le jour, produit plus d'effet dans les affections goutteuses et autres maladies des articulations. La poudre se donne depuis deux jusqu' quatre grammes (demi-gros un gros) 5 en plus grande quantit elle irrite trop -violemment la membrane muqueuse des voies digestives , et provoque non-seu- lement le vomissement , mais mme des djections alvines. L'extrait s'administre a la quantit de quatre gram- mes ( un gros ). Le vin et la bierre peuvent servir de vhicule au menianthe , d'aprs le procd du pro- fesseur Chaussier Le docteur Alibert nous indique les moyens de se procurer un sirop avec le suc repos et dcant du menianthe , et suffisante quantit de sucre concass. On soumet ce mlange dans un ballon, la chaleur du bain-marie seulement. Il a remplac Saint-Domingue, daus ma pratique ? le sirop anti- scorbutique. Les lotions et les fomentations faites avec cette plante dans les maladies cutanes, servent pour le traitement extrieur , et l'on prend l'intrieur , le sirop , le suc , ou le vin de menianthe. Explication de la planche vingt-tp,.oisime. /WVWWWW\*'V\ W M Le menianthe est reprsent moiti de la gran- deur naturelle. 1. Fleur de grandeur naturelle. [ni) IHNGOUStAN, ( Stomac&ique anti-scorbutique. ) Synonymie. C'arcinia mangostana. Foliis ovatis , pedun- culis unifions. Linn. , Sp. , plant. n. 1 . Decandrie juonogynie. Laurifoliajavanensis. Bauli. Pin., 461 Jussieu, fam. des Guttiers. Desrousseaux , lainille des Cistes. P anitsjicamaraiii des Malabarois.(Valni. Boni.) Caractres gnriques. Calice ttraphylle inf- rieur, folioles arrondies concaves, obtuses, ouvertes, persistantes 5 quatre ptales orbculaires , concaves, vass, un peu plus grands que le calice 5 seize tamines environ, filets droits simples, et plus courts que le calice; anthres arrondies , baies huit spermes cou- ronnes par le stigmate persistant, cypiforme, sessile, et plusieurs lobes. Caractres particuliers. Feuilles simples, op- poses , fleurs solitaires et terminales , auxquelles succdent de grosses baies d'une saveur exquise 5 r- corce de la baie est paisse et coriace 5 les loges dont les divisions du stigmate indiquent le nombre, con- tiennent une pulpe succulente, divise par des cloisons trs-minces et membraneuses. Histoire naturelle. Le mangoustan originaire de l'Asie parat avoir t naturalis dans plusieurs les Antilles. Je Fai observ St.-Jago de Cuba , avec l'ad- miration que l'on doit la richesse de son port , la densit de son feuillage , et la supriorit non con- teste de ses fruits, qui, une saveur d'une agrable acidit ? runissent les parfums les plus suaves I 3 /. 3 3. ThwJere D marf~ . 1r*tltrt'f .Av. r/p.'-.'f MAIVGOUSTAY r ( 7 ) Le nom botanique de cet arbre a t consacr la mmoire du D. Garcin ; son bois abattu n'est bon qu' brler, et fait regretter aux voyageurs l'ombrage frais et salutaire qu'il leur procura. Caractres physiques. Le mangoustan cultiv , nourri par le terrain qui lui convient , offre un arbre de moyenne taille qui aurait beaucoup de rapports avec les orangers, si la masse rgulire de son feuillage ne l'levait au-dessus par l'orbe ou plutt le cne rgulier et naturel qui le fait placer dans les avenues d'ornement. Les feuilles opposes ] ptioles , ovales , pointues , sans dentelures , paisses et cassantes , ont de six sept pouces de longueur, sur une largeur de trois quatre 5 elles sont luisantes, d'un beau vert en dessus, olivtres en dessous, et sillonnes de nervures latrales, runies par des rseaux saillansj leur ptiole pais, est l- grement amplexicaule sa base , et canalicul en dessus. Les fleurs, qui ont beaucoup de rapport avec celles du nflier d'Europe , sont aussi solitaires , terminales et portes sur des pdoncules courts et cylindriques. Elles sont d'une moyenne grandeur, ouvertes en rose, composes de quatre ptales gaux concaves, blancbes ou souvent d'un rouge carmin, ou jaune et aurore, Le calice compos de quatre folioles , est moins grand que les ptales dont il a la forme : il est l'ex- trieur d'un vert gai et d'un rouge fonc au dedans. Les tamines, surmontes d'antbres globuleuses et d'un beau jaune, environnent l'ovaire dont le pistil, compos d'un style presque nul, supporte un stigmate (.,8) divis dans sa circonfrence en lobes obtus dont le nombre indique celui des loges du fruit qui ont t fcondes. Les fruits du mangoustan sont sphriques , renfer- ms dans une espce de bote, multil oculaires et de la grosseur d'une orange. Ces baies sont glabres , Fcorce en est paisse , dure quoique fongueuse , et contenant un suc de couleur pourpre 5 d'un vert jau- ntre au deliors , et rouge l'intrieur : elle se dtache facilement de la pulpe qui est blanche , demi-trans- parente , succulente , et d'un got exquis o les par- fums de la fraise , de l'orange et de la framboise , se marient l'agrable acidit de la cerise et du raisin; ce qui les rend trs-rafrachissans. La combinaison de l'arme saccharin et de l'acide est telle, qu'on peut en manger en quantit sans tre incommod. Analyse chimique. Le suc concret et jauntre qui dcoule, par l'incision, des jeunes branches du man- goustan, donne une espce de rsine aromatique recherche par les ngres gurisseurs. La pulpe des fruits avant leur maturit , contient un acide balsa- mique sui generis , qui passe la saveur sucre au moyen de la cuisson. L'corce est astringente comme celle de la grenade avec laquelle le mangoustan a certains rapports. Proprits mdicinales. Les fruits exquis et savou- reux du mangoustan, procurent une fracheur douce et parfume qui apaise la soif ardente des malades accabls par les accs renouvels des fivres ataxiques et dynamiques. On les permet aux malades, suivant Garcin, comme on tolre en Europe l'usage du raisin. ( 9 ) le la groseille , et l'on augure mal de l'tat des pa- tiens qui en refusent la dgustation. Ils sont trs-utiles aux scorbutiques : l'usage prolong de la pulpe lui donne une vertu laxative , qui approche de celle des tamarins , quoique beaucoup moins nergique. A dfaut de l'corce de grenades , celle du fruit du mangoustan la remplace la fin des dyssenteries. Cette mme proprit astringente la rend propre aux gar- garismes qu'on emploie contre les aphtes, le relche- ment de la luette, et dans les angines catarrhales tou- sillaires. On estime l'usage des fruits du mangoustan dans les affections chroniques de la vessie. L'corce du tronc et des rameaux teint en noir. Mode d'administration. On prescrit la pulpe dans les tisanes rafrachissantes et laxatives. On en fait des marmelades et des confitures 5 l'corce se donne en poudre la dose d'un scrupule, et celle d'une demi-once en dcoction , dans les dyssenteries , les hmorragies, et les blnorragies. Explication de la planche vingt-quatrime. VIV\V\tVVtWWV1 vv> Branche de mangoustan avec fleur et fruit , rduite au tiers de grandeur. j . Fruit ouvert , dont on a enlev une partie de la pulpe afin de faire voir la couleur de l'intrieur, 3. Semence de grandeur naturelle. /V. tndtrpe. Jfejwwtifz, Pr'tuv artec J\-r///- MANI T IEM ou MANGO ( 121 ) MANGUIER ou M tt G O. (Stomachique anti- scorbutique. ) Synonymie. Maos-Mang. Te! ftlanglios , Rbeid. Mal. 4 > p. 1 , tab, 1 , 2. Miiga domestiea. Rumph. atiib. , pag. q3, tab. 25. Mangifera idica. Linii. Pentandrie inonogynie. Mangifera ioliis oblongo. Lanceoiatis flo- ribus submonandris , drapa maxima reniibr&ia ( Des- roches ). Jussien , famille des Trbinthaees. Persicse similis pulamine villoso , Ba.nli. Pin, 44- Manga indica frac tu magno rnffdrmT, Raj., hist. 2, p. i55o. Les anglais l'appellent Mango-NLanga. AmLa , ambo et ambe. Raj. , suppi. , Luz. , page 55. Mangas arab. Caractres gnriques. Corolle de cinq ptales , fruits noyau ovode ou rnii'orme. Calice cinq di- visions lancoles. Caractres particuliers. Feuilles simples fleurs . / polyandriques. Histoire naturelle. Le manguier, originaire des paysd'Ormus, de Malabar, de Goa, de Guzarare, de Bengale, de Pgu, de Malacca, a t dbarqu en 1-782, par le capitaine de vaisseau anglais Marshall^ qui, au rapport du chevalier de Tussac, prit une fr- gate franaise venant de Pile de France, et qui en transportait du plan, etde celui d'une inimit d'autres espces prcieuses, St.-Doniingue , o il a t na- turalis depuis dans certains quartiers de File. Ses fruits , dont les qualits sont inapprciables sous la Zne-Torride , sont sains et bienfaisans 5 ils flattent la. vue, l'odorat et le got*, quelques-uns cependant ont une odeur de trbenthine , qui, au premier abord, 7 e , Livraison. 1 1 ( 122 ) tic plat pas loul le inonde 5 mais ou finit par s'y habituer, et on les trouve exquis : l'arbre crot trs- vite, et fournit deux abondantes rcoltes par anne: son bois est dur el trs-cassant. 11 y a beaucoup Je varits de mangos, parmi les- quels on remarque, suivant Tussac (1) , i. le mango vert de la plus grosse espce 5 2 . le mango-prune , trs-petit, mais ayant le got de la prune, le noyau petit et trs-peu filandreux 5 3. le mango-pcbe 5 4* I e mango-abricot , ainsi appel par son rapport avec les abricots d'Europe. Le fruit du manguier , lorsqu'on l'a dpouill de son corce, et coup par tranclies, se mange cru, ou macr dans du vin sucr ; on en fait d'excellentes marmelades , en lui associant le sucre , la canelle , le zeste de citrons et autres aromates 5 on le conft aussi dans le vinaigre avant qu'il ait atteint son degr de maturit 5 et on assaisonne ces atsjaurs ou acharts^ comme l'observe Tussac , avec du poivre, de la mou- tarde , et du gingembre. Enfin , les Indiens, aprs avoir fait scber les noyaux du manguier, les rdui- sent en poudre, qu'ils mlent leurs alimens comme condiment. La pellicule du fruit infuse dansl'alcool^ procure une liqueur aromatique trs-agrable. ce On se sert aussi, dit Tussac, du bois du man- guier avec celui du santal, pour faire brler les y> cadavres des personnes de distinction, et l'on fait y> avec ce bois des cercueils pour ensevelir ceux que l'on ne fait pas brler. Quoique cet arbre soit cn- 4 t .... 11 i~i (1) Journal de Portlism&nn , t a , pag. 180^ ( Ta3 ) w sacr aux funrailles ? les Braclimanes sont ce* pendant dans l'usage d'orner leurs maisons avec >) son feuillage , les grands jours de ftes. Caractres physiques. Le manguier s'lve la hauteur de 40 pieds environ 5 il balance dans l'air une cime touffue porte par des tiges tri ou quadricho- tomes, corce paisse , raboteuse et cendre 5 garnies aux sommits de grandes feuilles alternes, ptioles, oblongues, lancoles, entires, nervures horizon- tales presqu'opposes , lisses, coriaces, d'un rouge clair en se dveloppant , puis d'un vert riche et fonc des deux cts , lorsqu'elles ont acquis leur accrois- sement. Les fleurs fixes sur de longues panicules termi- nales, sont de couleur rougetre 5 les pdoncules co- lors sont accompagns de bractes : le calice a cinq divisions qui se dtachent aprs la floraison , avec les cinq ptales lancoles qu'il renferme, et qui les d- passent.- Les tamines , au nombre de cinq , offrent quatre filamens subuls , striles 5 le cinquime seul porte une anthre qui fconde les germes de l'ovaire sup- rieur , arrondi , surmont d'un style filiforme stig- mate simple. Le fruit est oblong, renfl, un peu comprim et de la grosseur d'un uf. Ce drupe est nu des plus X'iches couleurs 5 on le voit trancher sur son lit de feuillage, et contraster agrablement parle jaune jon- quille , teinte principale et universelle de sa robe , avec le beau rouge , le vert aigue-marine et le bistre , qui en sont les teintes accidentelles ? et forment des 11* ( M ) Uc ns sur la peau j qui s'enlve comme celle de 1a pche et laisse apercevoir une pulpe fibreuse. d couleur aurore. I);ms cette pulpe se trouve renferme une in>i\ i. La fleur. 3. Fruit dont une portion de la pellicule enleve, laisse voir le tissu fibreux. 3. Noyau rcemment sorti de la pulpe, a* //.. UteaJare JJfsfar/rftZzI'f r&rul Jhuf CUftCUMA A "RACINE S TUBEREUSES es ( 12 7 ) CURCUMA A RACINES TUBREUSES; ( Stomachique anti-scorbutique. ) Synonymie. Galanga racines tubreuses, tige simple feuille au sommet , pi oval imbriqu terminal : Diction, encycl. , n. 3. Pomme de terre, Nicolson ,' p. 297. Alloya des Carabes , Plum. , miss. , t. 5 , p. 35. Alleluya des Croles. Maranta allouya , Aublet. guyan , p. 3. Curuma americana caulescens, foliis OYato-lanceolatis , petiolatis , nervosis , spic vat pedunculat , terminali , N. Maranta allouya radicibus tuberosis , culmo simplici , apice folioso f spic ovat, imbricat , terminali; yel curcuma ame- ricana, Encycl. mth., n. 3. Alloia radicibus stolo- niferis , Tussac. A la Jamaque les anglais l'appela- ient Indian Arbw-Boot. Toulola. Carabe, Labat. y t. 1, pag. 477* Monandrie inonogynie, Linn. Fam. naturelle des Balisiers , Juss. Caractres gnriques. Calice suprieur triphylle, corolle irrgulire six divisions ? un drupe noyau mou. Histoire naturelle. Le curcuma d'Amrique croit naturellement la Martinique et Saint-Doniin^ gue , et on le cultive la Jamaque , d'o on en ex- porte Londres % la farine qui y remplace le sagoa^ et qui peut remplacer aussi le maranta de Pnde y dont on fait actuellement de belles plantations , au rapport de M. de Tussac. Cette plante intressante se multiplie beaucoup la faveur de ses drageons sou- terrains , qui produisent cls tiges herbaces , rameu^ ses 9 de la hauteur de deux ou trois pieds , qui sont annuelles et se desschent aprs huit mois de vgta- tion. Cette poque indique la perfection des racines ( ^ 8 ) chevelues et tubreuses j succulentes et farineuses qui sont les ruclimens ce nouvelles tiges. Oulre que ces drageons sont trs -agrables manger bouillis , et as- saisonns comme les saisi (ix d'Europe , on en retire, au moyen Je Feau et J'une rpe Je fer-blanc ou grage, toute la fcule ? qui ne le cde en rien au salep et au sagou. La feule de curcuma d'Amrique procure une excellente bouillie aux enfans, et les cuisiniers l'asso- cient au service des tables en y mlangeant du sucre et des aromates. D'aprs l'assertion formelle de M. le chevalier de Tussac ? ce il parat certain que la fameuse poudre w de Castillon ? qui a eu tant de succs pour la guri- 3) son des diarrhes scorbutiques Saint-Domingue ? d) et dont l'auteur a ( dit-on ) emport le secret dans 3> la tombe ? n'tait autre chose que la feule du maranta , laquelle ce mdecin ajoutait de la & gele de corne de cerf 5 de la canele, du piment et 3> un peu de grofie. Caractres physiques. Les racines du curcuma d'Amrique forment plusieurs fiamens longs ? tor- tueux, velus, qui se terminent chacun par une tu- fcrosit ovode de la grosseur d'un oeuf de perdrix ou environ. L'corce pileuse est brun-viol tr ? et la partie interne blanche et farineuse. - Les feuilles portes sur des ptioles fermes , roides ? canaliculs ? envaginans ? ont deux pieds de longueur ? sont radi- cales y grandes , lancoles , semblables celles du balisier ? tantt d'un vert sombre ? et souvent d'un vert-gai tendre ? pourvues de nervures latrales cour bes et nombreuses. ( I2 9 ) Du collet de la racine , s'lve perpendiculairement et avec grce , entre ces feuilles engainantes, une tige cylindrique paisse , de la hauteur de vingt pouces environ , offrant son sommet une runion de plu- sieurs feuilles semblables aux premires pour les cou- leurs et la forme , mais plus petites. Du centre de ces feuilles s'chappe un pi en massue , de la gros- seur d'un uf de poule , emhriqu d'caills spatha- ces dont le centre est vert, la partie suprieure blan- che, et les bords ross. De l'aisselle des cailles sort une fleur blanche ou lgrement colore, monoptale, corolle irrgulire et six divisions j les trois sup- rieures dtaches l'une de l'autre} les trois infrieures runies et formant trois chancrures sur le mme ptale. Elles renferment des tamines blanches, pais- ses anthres jaunes. Le fruit est une capsule ove, trois cotes , uniloculaire , monosperme 5 l'embryon est petit et farineux. Analyse chimique. Le suc de la tige et des racines du maranta tant insipide et inodore, doit faire regar- der comme chimriques les prtendues vertus alexitres de cette plante, contre les empoisonnemens internes ou externes. Ce suc n'est pas mme dou de parties mucilagineuses, seules capables d'mousser et de mo- drer l'activit funeste et tifre des substances vnneuses corrosives. Proprits mdicinales. Le suc de cureuma d'Amrique que Labat nomma , d'aprs les Carabes, Toulnutaj jouit bnvolement d'une rputation alexi- tre contre les blessures faites par des flches empoi- sonnes des sauvages 5 d'o lui vient le nom anglais 5 ( '3) qui veut dire Arhrc. utile de Vlndc : on le prconise encore pour combattre les influences dltres du manccnilier , mais cui fideas , vide. L'insipidit de ce suc ne permet pas de lui attribuer aucune vert neutralisante , qu'on trouve plus srement dans l'u- sage de l'eau de Ja mer , ou de l'eau sale , dont l'effi- cacit, en pareil cas, ne peut tre conteste. La proprit la plus recommandablede ce curcuma est celle de son salcp dans les affections scorbutiques. Moue d'administration. On l'emploie comme la fcule de pomme de terre. Explication de la planche vingt-sixime. La plante est rduite au tiers de grandeur naturelle */v/vivwwYw\/vww i. Partie infrieure de la tige, et tubercules qui sont fixs aux radicules. PI. 2/. TAeoJore JMMftrfi/x. J*F (sa&rre/ tPcuat. B.. OLIFRE . C *3x ) BEN OLIFRE. ( Stomachique anti-scorbutique. ) Synonymie. Guilandina moringa , inerinis , foins sub? pinnatis, foliolis inferioribus ternatis, Linn., classe io, pentandrie monogynie. Moringa, Jussieu, classe 14 > ord. 2, famille des Lgumineuses. Moringa oleifera, Lamarck. Glans unguentaria , Bauliin *mvu% Lib. u, sect. 2, 402. Moringa Zeylanica , foliorum pinnis. pinnatis , flore majore, fructu anguloso. Burm, Zeyl 7 162 , tab. 7. Moringon, car., rlied. , mal. 6, p. 19, tab. II. Morunga , Runiph. Balanus myrepsica , Blackw, t. 386. Arbor del Ben en espagnol, Ben- tre 5 Moringa-tre 5 Bezad-tre , Knowles ( Flore du l)ict. des Scienc.-mdic. ) Mu'ring,Malab. Caractres gnriques. Calice monophylle, hyp- pocratriforrne, ptioles insrs au col du calice comme gaux 5 lgume trivalve graines ailes. (Jolyclerc.) Caractres particuliers. Arbre sans pines*, feuil- les comme bipinnes, folioles infrieures ternes* ( Vivace ) Histoire naturelle. Quoique, parla conforma- lion de ses gousses et de ses graines ailes , le ben n'ap- partienne pas au genre bonduc, nanmoins Linn, par une vnration mrite pour Guilandinus , professeur de botanique Padoue , a consacr ce nom ce bel arbre , originaire de Ceylan, et naturalis aux An- tilles , o on le rencontre frquemment , et o. il est employ former des haies d'entourage , sur les ter- rains secs et sabloneux. Il porte ses fleurs pendant six mois de l'anne. Les noix ailes du ben procurent , par expression froid , ou par le secours de plaques mtalliques plus ou moins chauffes ? une huile congelable ( * ) \o et 12 degrs au-dessous de zro. Celte huile ino- dore et limpide ne rancit jamais, et, pour ces prcieu- ses proprits , elle est choisie par les parfumeurs comme tant la plus propre se charger du parfum des fleurs odorantes, et surtout des liliaces et autres, dont Faronic est si fugace 5 mais on lui substitue sou- vent l'huile de ooli , plante des Antilles galement , qui se vend beaucoup moins cher. Pour obtenir Fa- rome des (leurs, on meta plusieurs reprises , sur chaque lit des fleurs dont on veut obtenir l'esprit recteur , du coton imbib de cette huile , qui se charge du principe odorant qu'on rassemble an moyen d'une petite presse. Les dames croles, trs-sensuelles, mlent aux fleurs du franchipanier celles dubenpour parfumer leur linge , et dcorer les surtous des tables somptueuses. L'huile de ben est dtersive et cosm- tique. Caractres physiques. Le ben est un trs-bel arbre qui crot la hauteur de quinze vingt-cinq pieds. Son corce blanchtre en dedans , est noirtre en dehors , d'une odeur et d'un got de raifort sau- vage. L'corce des branches est verte , et celle des racines jauntre. Les feuilles sont deux ou trois fois ailes et alternes, amples et composes de pinnules opposes qui portent chacune cinq neuf folioles ovodes ingales , vertes, glabres, petites et ptioles. Les fleurs qui paraissent en juin, ont un calice mouophylle profondes dcou- pures , une corolle forme de cinq ptales , dix ta- mines, dont cinq striles; les fcondes sont termines par des filamens surmonts d'anthres jaunes , ar- ( i33 ) ondies; un ovaire suprieur, oblong, pubescent, sur- mont d'un style filiforme stigmate simple , sort en panicules parses l'extrmit des rameaux : elles sont blanchtres , d'une odeur trs-suave , et parfu- ment l'air pur qui fait le charme des dlicieuses soi- res de nos colonies. A ces fleurs succdent des gousses longues environ d'un pied , lgrement canelles , trois pices trian- gulaires , pleines, et moelle spongieuse , contenant 18 20 noix sphriques, sur un seul rang, ailes de trois membranes qui se trouvent caches entre les di- visions du fruit, le fruit au milieu. Ces capsules ren- ferment des amandes blanches trs -huileuses , des- quelles on extrait une huile inaltrable, et qui ne rancit jamais. Analyse chimique. Les corces du tronc et de la racine du ben, analogues celles du raifort, tant distilles avec l'alcool , donnent une teinture ammo- niace, acre et volatile, qui runit la saveur et les vertus des anti-scorbutiques crucifres. Leur suc rou-, git le papier bleu. Je n'ai point fait l'analyse de l'huile de noix, mais elle est acre et occasionne des picotemens au gosier. Proprits mdicinales. Les corces du bois et des racines du ben ont l'odeur et la saveur de celles du raifort et du cresson 5 ce qui les a fait employer comme condiment aprs les avoir rpes: c'est cette mme vertu volatile qui en rend la teinture recorn- mandable aux quipages affects de scorbut et de ca- chexie. Les feuilles chauffes et appliques sur les tumeurs, mme syphilitiques, en oprent , dit-on ? la, ( x34 ) rsolution. Leur suc est estime par les Carabes, comme dtersif et anti-seorbulique j sa racine, en suppositoire 7 est employe par les ngresses mal intentionnes. Les siliques, encore jeunes , du ben olifre se font cuire avec les alimens , dont elles relvent la saveur : les semences ailes , et leur huile rcente sont purga- tives 5 mais agissant la manire des plus violens drastiques, on Poserait les employer sans tmrit. On fait) avec l'huile de ben et les oxides de plomb, un sparadrap dessicatif fort employ dans les hpi- taux des colonies. Les ngres estiment les feuilles , l'corce de la racine et les fruits du ben, comme anti-spasmodiques, et prparent , avec, des pilules cet usage. Le suc des feuilles en friction sur les tempes, soulage, dit-on, les en fans dans leurs con- vulsions 5 aspir par le nez , il apaise les vertiges 5 ml l'ail , il est alexitre. Mode d'administration. La dose des racines est d'une once par pinte d'eau, comme tisane anti-scor- butique : les feuilles s'ordonnent par poignes 5 mais elles n'ont que de faibles vertus 5 l'huile s'emploie plus volontiers dans la composition des onguens. Explication de la planche vingt-septime. La plante est rduite moiti grandeur naturelle* . Un ptale, une tanline et le pistil, spars du reste des parties constituantes de la fteur. 2. Forme d'un ptale. 3. Fruit entier. 4. Fruit coup transversalement. 5. Deux graines ailes. 6. Graine spare de ses ailes /'/,_',S'. J nt v *di*rf Pro 'Cffurz &arteZ' Jcrr/n 7 * ( i35 ) LATANIER PINEUX ou HACHE: ( Stomachique anti-scorbutique. ) Synonymie. ChamceropsAntillarum, ou Palmier en ven- tail de Linn, append., ordre des Palmiers. Hexandria monogynie. Palma dactylifera , radiata, spinosissima 9 et thoracibus aculeatis munita. Plumier, yo. VII, p. 54 Palma prunifera folio plicatili , seu flabelliform caulice etsquammato, N. Carnaba. Pis. i658, p. 126* Alattani des Carabes. Caractres gnriques. Hermaphrodite , calice en trois parties profondes, corolle de trois ptales , six tamines, trois pistils, trois fruits pulpeux , monosper- mes , mle, dioque 5 les parties mles de l'herma- phrodite. (Joly clerc.) Caractres particuliers. Feuilles palmes plis- ses , souches pineuses j trois baies uniloeulaires rousstres ? semes de points levs et ples. (Joly- clerc. ) Histoire naturelle. Le latanier ? dit Bernardin de Saint- Pierre (Harm. del nat. , tom. 1. p. 98), ce prsente aux voyageurs des ventails sur ses rochers 3> marins 5 il donne aux noirs , du vin , du vinaigre et du sucre , dans sa sve . t Ce n'est point le seul ser- vice qu'on puisse rclamer dulatanier. Les ngres mar- rons font, par disette, une farine avec l'amande de ses fruits , qu'ils pilent dans le silence de leurs retraites escarpes, et en obtiennent un pain grossier, ou plutt une espce de cassave, aprs l'avoir fait cuire entre deux plaques de fer , ou entoure de feuilles de bana- ( '36) nier , ou sous la braise ardente des pis de mas dont ils ont retir les graines 5 mais les perroquets, friands de ces amandes , les disputent aux ngres qui ne sont point arms contre eux , et dont ils bravent l'impuis- sance, eu trompant leur surveillance, et les devanant au point du jour dans leur maraude. La partie digite des feuilles du latanier, sert aussi couvrir leurs cases, et en y laissant le ptiole ils en forment de trs - bons balais. D'aprs d'autres prparations non moins ingnieuses, on voit sortir de leurs mains adroites, des parasols, des crans, des ventails naturels destins se soustraire l'action du soleil, et qui, jaunes dans leur tat de nature, et sans apprts, puis revtus de couleurs brillantes et *de figures grotesques , fixrent il y a quelques annes, l'attention des dames de l'Europe. Le ptiole long, aplati, souple et ligneux de cha- que feuille , sert aux ngres radouber leurs pirogues et border leurs canots, tandis que rduits en filasse, ils en composent leurs hamacs. La palme suprieure, moins solide , offre encore d'autres ressources , car , indpendamment des usages auxquels l'art ingnieux sait les approprier , les ngres en tressent des cha- peaux, et avec les plus paisses ils en font des paniers, des macoutes bras et somme , pour porter et faire porter leurs provisions au march. Les ngres marrons font des lances avec la partie dure du tronc du latanier , et des pieux avec les- quels ils osent attaquer le crocodile : en vidant les troncs , ils peuvent , la rigueur , procurer des tuyaux pour les aqueducs. ( x3 7 ) On trouve le latanier partout aux Antilles, sur le bord des ruisseaux, dans les ravines , dans les savanes les plus arides et les plus dessches, et dans les can- tons marcageux. Caractres physiques. Ce palmier lgant qui se plat dans les terrains des liattes o il laisse chapper du sol , ses feuilles en ventail , au milieu d'une borne pineuse , vient aux Antilles la hauteur de i5 20 pieds sur vingt pouces de diamtre environ. Son tronc est hriss de pointes produites par les anciennes feuilles, qui, en se fanant et se consumant, laissent autour de la tige, des pines roides et longues, dis- poses en spirale contrarie, et indiquent la forme de la base des ptioles dont elles ne sont plus que les vestiges. Les fibres corticales ou ligneuses du vrai bois du tronc , sont noires et trs-dures, susceptibles d'mous- ser les outils les mieux tremps , et de recevoir un beau poli, ce que connaissent fort bien les bnistes : ^mais cette partie externe et circulaire n'est paisse que d'un deux pouces*, taudis que l'intrieur ou centre j offre un tissu spongieux et filamenteux que les ngres appellent moelle. On voit souvent des objets curieux^ tels que tabatires et tuis faits avec le bois de lata- nier , et qui paraissent comme varioles. Ses feuilles qui, droites d'abord, se courbent en gran- dissant, sont places l'extrmit de longs ptioles plats, canalieuls lgrement , larges et semi-amplexi- caules leur base, pineux sur les bords chez certains individus. Elles sont plisses en ventail, fermes avant leur dveloppement , et reprsentent, lors- 12 ( 3) qu'elles sont panouies, un ventail ouvert, dont cha- que pli est termin par une pointe qui les spare les uns des autres l'extrmit. Le latanier des Antilles offre des fleurs hermaphro- dites , dont on a vu ci-dessus la description : les fruits sortent en grappes d'une spathe , et forment un rgime rameux } ils sont de la grosseur du citron des halliers, et de couleur rougetre} c'est une coque ovode , mince, lisse et luisante, marque d'caills lgres } et ils contiennent une amande. Analyse chimique. Les amandes des fruits du la- tanier , contiennent tous les principes des amandes ordinaires , plus une espce de fcule amilace 5 sa sve un principe mucoso-sucr , susceptible de fer- mentation , et par consquent de produire un acide. Proprits mdicinales. Ses amandes fournissent des mulsions utiles dans les affections scorbutiques: On emploie plus utilement dans ce cas le suc de la sve auquel les Carabes attribuent de puissantes vertus 5 mais la saine mdecine, n'en ayant pas encore fait une heureuse application , le sage observateur doit, dans cette incertitude, ne pas se prononcer. Il doit nan- moins , par intrt pour la science et l'humanit, r- pter les expriences cliniques, indiques par les u" turels du pays , et qui sont seules capables de fixer son jugement sur des proprits peut-tre trop exa- gres, mais qui ne sont point entirement inefficaces. X ( ,3 9 ) Explication de la planche vingt-huitime. iwwx'www* wwv La plante au douzime de grandeur naturelle 7 offre ? prs de sa base ? deux autres troncs qui s'lvent et qui offrent des feuilles digites. *V\ \\W/V\V uV\ vw n* /'/ T/iev/bre -P&rivt/r/t/x /'mu CAPREK A GKOSSES SELIUBS. f*0 CAPRIER A GROSSES SIL1QUES. ( Stomachique anti-scorbutique. ) Synonymie. Cprier grosses siiiques , ordre, classe "VI, sect. YI , genre I , Tournefort.- Classe XII , polyan- drie monogynie, Linn. Fain. 5i , les cpriers, Adan- son. Capparis inermis, foliis ovalibus, glabris, venosis, floribus solitariis axillarbus et terniinalibus, starninibus coroll iongioribus , fructu ovato, N. Capparis arbo- rescens , auiplissima fructu ovato. Plum. , v. 7, p. 102. Capparis alia arborescens, lauri foliis, fructu oblongo, ovato. Spec. 7 , Burm. Amer. , tab. y3 , fig. 2. En espagnol, Aicaparra , Alcaparro ( Flor. du Dict. des Sc.-md. ) En anglais , Lapet-Tre (Flor. du Dict. des Sc.-md. ) Caractres gnriques. Calice dcoup en plusieurs parties. Corolle 4 5 ptales, ordinairement alternes avec les divisions du calice. Etamines dfinie? ou in- dfinies 5 ovaire ordinairement port sur un pdicellej un style, un stigmate, une baie ou une capsule: grai- nes attaches aux parois du fruit ; feuilles alternes. Caractres particuliers. Calice A. feuilles conca- ves 5 corolle 4 ptales arrondis , ouverts 5 etamines nombreuses 5 ovaire en massue, port surunpdicelle, baie uniloculaire. ( Lamarck. ) Histoire naturelle. On rencontre aux Antilles plusieurs espces de cpriers, dont les fleurs font l'ornement des bois o ils vgtent 3 ils tendent l- gamment leurs rameaux sur les murs et les buis- sons des terrains secs et pierreux, ou parmi les fentes des rochers les plus exposs au soleil. Les principales espces sont i.le cprier grosses siiiques dont il est parl dans cet article 5 2. le cprier feuilles ramas - 8 e . Livraison. i3 ( >4 ) ses , capparis frondosus , capparis Americana arborescens lauri folio , fructu subrotundo , Jlore albo , Plum. 3 o. le cprier siliqucs rouges ou pois maboua , fve du Diable , des Carabes 5 cap- paris sjnallopliora , Limi. 5 capparis arborescens laurifolio , fru?tu longissimo , Plum. , spec. 7 5 4. le cprier luisant , capparis Breynia , Linn. , Brejnia elagni ^foliis , Plum. gcn. , 4 5 5. c- prier feuilles d'amandier, capparis amygdalina ferruginea , Linn. 5 6. le cprier feuilles pana- ches de la Jamaque , capparis Jlexuosa Jama- censis. Caractres physique?. Le cprier grosses sili- ques, offre un arbre assez gros et assez lev , dont Pcorce du tronc est paisse , noirtre et ride. Les branches sont garnies , leur sommet , de feuilles iiombreuses ? alternes., ovales, lisses, veineuses, larges, d'un beau vert , semblables celles du laurier, mais plus larges , plus paises et plus arrondies ; il sort de chaque aisselle des feuilles terminales , un pdoncule assez court , sur lequel repose une grande et belle fleur quatre ptales blancs ross , concaves et longs d'un pouce et demi environ : les filets des tamines sont blancs , lgrement* teints de lilas , trs-nom- breux et beaucoup plus longs que les ptales , sur- monts d'anthres oblongues , jaunes 5 ce faisceau imite bien une aigrette lgante dpasse par un stvle stigmate oval. Le fruit de ce cprier est oblong, arrondi, cannel, et marqu de mouchetures transversales pendant un long pdicule, pourvu d'une espce ck petite col- ( ,43 ) lerette indiquant la place du calice prs de son in* sertion la tige*, l'corce du fruit est coriace, ride, d'un vert glac de bistre et sa pulpe charnue. Analyse chimique. La racine du cprier arbre ou grosses siliques, offre un principe extractif amer et lgrement astringent 5 elle est acre et piquante au got. Proprits mdicinales. L'indiffrence des colons qui se crent des besoins au milieu de leurs propres ressources, leur fait ngliger la culture des cpriers dont ils achtent les fruits , haut prix , des bti- nens qui viennent d'Europe, et cependant les jeunes boutons des cpriers des Antilles sont tous suscepti bls d'tre mangs confits au vinaigre. Ils offrent un aliment sain , excitant , et surtout anti-scorbutique. L'corce des racines s'enlve facilement 5 on la met scher l'ombre, o elle se roule d'elle-mme. On l'estime apritive , anthelmintique , et recomman- dable dans les affections de la rate , hystriques , et l'atrophie msentrique. Les cpres, estimes diur- tiques , excitent indirectement les organes gnitaux. Il ne faut cependant pas user avec excs de ce con- diment digestif, qui convient plutt aux tempram- rnens affaiblis muqueux ou lymphatiques , qu' ceux sanguins et nerveux chez lesquels son frquent usage occasionne trop d'irritabilit. Nicolson indique ses graines comme diurtiques, emmnagogues , anti- paralytiques, et propres relever les ragots. Mode d'administration. Plusieurs praticiens des Antilles recommandent dans les cas ci-dessus l'infu sion de l'corce des racines avec addition de sulfate 10* ( i44 ) de fer ? surtout dans les splnites chroniques. La dose de l'corce de la racine est d'un gros ? en substance , ou d'une once par livre de liquide. Les ngres dtergent les vieux ulcres avec le vi naigre dans lequel ont sjourn , pendant quelque temps j les boutons du cprier ? et une once de suc de karatas par livre de vhicule. Explication de la planche vingt-neuvime. La fiante est rduite au tiers de grandeur naturelle. IWWVWWW\^V\\.V VV . Fruit ouvert. 2. Graine. /',' Throdcre Ik f c ow t ut l'in.r (nl/'ris/ i>Ctrfr . MOUttUhLmK CKUISIK ( 45 ) MOURELLIER - CERISIER DES ANTILLES. (Stomachique anti-scorbutique. ) Synonymie. Malpighia punicifolia , Linn. , classe X. Dcandrie trigynie Fam. 49 j les Gramines, Adanson. Jussieu , fam. des Malpigliies. Malpighia mal punici facie ( fructu cerasiformi ) , Plumier , vol. 7 ,i p. 124. Ibipitanga , Marg. , Fis., Achyoulou des Carabes. Caractres gnriques. Calice cinq-pTiille , garni extrieurement la base des pores mellifres , cinq- ptales comme ronds onglets; baie uniloculaire ? trois spermes. Caractres particuliers. Feuilles ovales, trs-en- tires , glabres 5 pdoncules uniflores ou biflores et axillaires. (viv. Jolyclerc.) Histoire naturelle. Le cerisier des Antilles se plat galement dans la plaine et dans les mornes, o il fructifie deux fois par anne : son feuillage lgant est d'un beau vert , charme la vue , et fait ressortir le blanc de ses fleurs multiplies et le rouge de ses fruits globuleux, qui , au premier abord , sont parfaitement semblables aux cerises d'Europe : on fait avec ces fruits des geles aigrelettes trs - rafrachissantes et assez agrables 5 leur acidit nanmoins ne permet point de les manger cruds , moins de les avoir rouls pralablement dans du sucre , et de les avoir exposs au soleil. Caractres physiques. Le cerisier des Antilles est un arbrisseau qui s'lve la hauteur de douze quinze / ( 4<5 ) pieds 5 ses tiges sont tortueuse? j son ppce rugueuse et crevasse 3 le bois peu estime est Liane, lger et cassant. Ses feuilles sont assez semblables celles du grena- dier, mais plus grandes : elles sont longues de 16 k ao lignes, et larges de o a 10 dans leur plus grande tendue 5 elles sont oblongues, lancoles, minces, entires, luisantes , souples, d'un vert gai en dessus , et ple en dessous, attaches par paires le long des rameaux , soutenues par un court pdicule , et d'une saveur amre. Ses fleurs naissent par bouquets des aisselles des feuilles : elles sont en rose , cinq ptales arrondis , Lianes, nues de rose 3 pourvues de dix tamines trs- fines, dont les anthres sont jaunes. Le style est sur- mont de trois stigmates cylindriques, et port sur l'ovaire qui devient une baie charnue sphrique , d'un ronge vif 5 marqu de trois stries vers l'ombilic , d'un got aigrelet , mme dans sa parfaite maturit 5 cette baie renferme trois noyaux stris , ails , contenant x des amandes oblongues 5 ce fruit trs-petit est attach une queue grle. (Nicolson. ) Analyse chimique. Le malpighie fournit de l'acide gallique, et une corce abondante en tannin 5 l'corce est, rouge, mais elle prpare bien les peaux 5 on la nomme mouricie; la gomme qui suinte de l'arbre donne les mmes produits : vingt livres de cerises donnent 2, livres 2 onces de rob rafrachissant , dont l'usage tient le ventre libre. Proprits mdicinales. Ces fruits muqueux , su- crs et aciduls 3 sont trs - salubres, dissipent les ( '47 ) engorgenieiis des viscres, modrent la soif des fbri- citans , et leur usage est indiqu dans les maladies in- flammatoires , bilieuses et adynamiques 5 leur suc, une forte dose , devient laxatif ; le mme suc tendu d'eau, procure une boisson rafrachissante , prcieuse dans le scorbut. L'corce du cerisier des Antilles fournit une gomme pectorale , et qu'on emploie comme adoucissante , dans les catarrhes aigus de la vessie. Mode d'administration. La dose du rob est d'un quatre gros jeun, la pointe du couteau. Explication de la planche trentime. La -plante est reprsente de grandeur naturelle* Le rameau offre des fleurs et des fruits appro- chant plus ou moins de leur maturit. IW\ 'WWW'W w*w* wv 1 . Fleur entire. 2. Fruit coup transversalement. 3. Graine cannele spare de la pulpe 4. Epine du dessous de feuilles. ( i4 ) OSEILLE dp. GUINE <*j RETMIE ACIDK. ( Stemackique anti-scorbutique.) Synonvmtf. Hibiscus Sabdariffa , L. , monadelpbie |>>. .1 1 is, superioribus tripartitis vel font des conserves et des confitures d'une acidit agrable et rafrachissante. La ketmie acide crot na- turellement en Guine , dans les Antilles et dans toute J' Amrique mridionale. Caractres physiques. L'oseille de Guine rouge est annuelle ? et s'lve la hauteur de quatre six pieds. Elle est souligneuse , quoiqu'herbace , tor- tueuse , rameuse infrieurement, sans pines, glabre, couverte d'un piderme rugueux , et carmine ainsi que les nervures des feuilles , les calices et les boutons des fleurs. Sa racine est chevelue, pivo- tante , coriace , gristre et inodore ; la tige renferme une moelle verdtre , acide , inodore. Les feuilles, vertes en dessus , et jauntres en des- sous, sont alternes, glabres , souples , d'une saveur acide et lgrement astringente 5 dentes , nervures principales carmines , portes sur des ptioles assez longs, et ne s' inclinant vers la terre qu'aprs leur parfait dveloppement. Les feuilles du bas de la tige sont plus petites , simples et ovales , tandis que celles de la partie suprieure sont composes de trois lobes ovales lancols , dont celui du milieu est beau- coup plus long; les ptioles sont pubescens leur partie suprieure , et pourvus d'une glande la nais- sance de la nervure dorsale. Les stipules sont fili- formes. Les fleurs sont axillaires , solitaires, presque ses- siles 5 leurs calices sont rouges et presque glabres 5 l'extrieur est monophylle et dcoup profondment en lanires pointues , droites ou courbes , et comme spongieuses. L'intrieur est plus grand , srai-quiu- quefide, jaune-poupr ou pourpre. ( i5o ) La corolle ? malvacc ? est campanulce ? ouverte , rose ou jaune couge , et offre aux onglets des ptales une tache d'uD pourpre trs-fonc, et qui donne cette couleur au fond de 1 fleur. De ce fond s'lve le tube columnifre qui soutient les nombreuses tamines , adhrentes sa superficie et au sommet *, filamcns libres vers leurs extrmits et portant des anthres rniformes. L'ovaire suprieur , est oval ? surmont d'un style filiforme engan dans le tube des tamines y quinqufide au sommet , et stigmates globuleux. La corolle fltrie est remplace par le calice intrieur, qui s'allonge , devient pais ? d'un rouge fonc , charnu et d'un got acide. Le pistil se change en un fruit sec > oval > cinq loges ? composes chacune de trois lames minces oblongues ? lisses en dedans et hrisss au dehors de poils fins et piquans. Chaque fruit renferme une vingtaine de graines noires et r- niformes. Analyse chimique. L'oseille de Guine fournit . beaucoup d'acide oxalique soluble dans quatre parties d'eau froide ou deux d'eau bouillante. Il rougit les couleurs bleues vgtales : en le combinant avec des substances salines , il forme des oxalates. C'est un excellent ractif pour reconnatre la prsence de la chaux dans les eaux minrales. Cet acide m'a servi pour l'analyse des eaux du Port--Piment. ( Isle de Saint-Domingue. ) Proprits mdicinales. On fait avec la confiture ou le sirop de cette ketmie une boisson salutaire et temprante que boivent avec dlices les malades ( i5i ) atleints de fivres inflammatoires, adynamiques ou bi- lieuses. Ils demandent avec empressement un remde qui ne peut leur inspirer nul dgot , et qui porte dans leur systme un calme bienfaisant et rparateur. Les scorbutiques prouvent un grand soulagement de l'usage de cette boisson. Dans ce cas , on ducore avec son sirop les apozmes de cresson de savanes etautres anti-scorbutiques d'o il rsulte un sel neutre par la combinaison des parties volatiles de l'une avec les parties acides de l'autre. On mle des feuilles entires dans leurs potages , et leurs autres alimens, auxquels on peut ajouter des prparations de mars , pour les rendre plus efficaces dans le scorbut et les autres maladies chroniques. Les feuilles sont employes extrieurement dans les cataplasmes comme mol- lientes et rsolutives. On les ordonne aussi dans les clystres rafrachissans et anti-putrides qu'on prescrit dans certaines diarrhes. Les racines amres indiques comme apritives et toniques s'emploient rarement. Mode d'administration. La dose du sirop et des confitures est de deux cuilleres par livre d'eau bouil- lante ; celle des feuilles, une poigne par pinte d^apo- zme 5 le suc se prescrit la dose d'une deux onces. Il existe aussi une autre ketmie acide qu'on appelle oseille de Guine blanche . (i) (1) Ketmia acida, africana, candida. Hibiscus digitatus (Pluin. ) Cav. , diss. 3 , n. 21 5 , t. 70 , fig. 2. Ketmia africana , foliis et caulibus viridibus 5 fructu albo. (Desp. ) ( i5 2 ) Sa racine est blanche au dehors, gristre intrieu- rement. L'piderme do la tige est verte , les feuilles sont digites, divises en cinq parties allonges j d'un vert tendre : les fleurs sont un jaune clair 5 le centre prs des onglets d'un jaune fonc 9 le calice intrieur verdtre ? moins acerbe que dans l'espce prc- dente. Le second calice est dcoup en plusieurs seg- mens pointus , d'un vert fonc 5 les graines renfermes dans le fruit, sont plus petites, et leur nombre est d'environ quarante : du reste , cette plante est sem- blable la prcdente. ( Nicolson. ) Explication de la planche trente-unime. La plante est de demi-grandeur naturelle *VV\VVVi'VVWW*/WW\'%'V 1. Brandie garnie de fleurs et de fruits, n. Portion du fruit ouvert. 3. Graine de grosseur naturelle. /'/. 3a Thodore. Zf&faruriiZz. ^rrur l'.r/irv,-/ UCU& .fl^ AU AT) -BU ^ (i53) OXALIE ou ALLELUYA a FLEURS JAUNES. (Stomachique anti-scorbutique. ) Synonymie. Oxys lutea, J.-B. , 2, 388. Trifolium acetosum corniculatum , C. B. Pin. 33o. Oxys lutea acetosae sapore, trifolii bituminosi, foliis, Poup.-Desp. t t. 3, p. 233. Tournef. , Oxys, cl. 1, Cainpan., sect. 8. Jussieu , fam. des Geraines. Alleluya , oxalis fru- tescens , Linn. , clas. X. Dcandrie Pentagynie. En espagnol , Alleluya. En anglais , Wood-Sorrel. Caractres gnriques. Calice cinq-phille 5 cinq- ptales. Caractres particuliers. Pdoncules ombellifres, feuilles longs ptioles , ternes , ovales , glabres 5 fleurs redresses 5 tige droite. Histoire naturelle. L'oseille maronne des An- tilles , tant pourvue de cette acidit salutaire qui fait rechercher l'oseille d'Europe, on l'emploie aux mmes usages 5 on la rencontre dans les bois et dans les forts humides. Cette plante inodore est recherche parles ngres fumeurs, pour ntoyer leurs dents 5 mais comme elles sont agace? par ce moyen , ils ont recours , pour dtruire cette impression dsagrable, l'usage de la liane savon, dont ils portent sans cesse la bouche des petits btons. Caractres physiques. L'oxalide est une plante annuelle dont la tige s'lve de huit onze pouces : elle est droite, rameuse vers le sommet, diffuse 5 ses feuilles longs ptioles sont ternes 5 ses folioles ovales termines par une impaire plus grande 5 la ra- ( *S4 ) cine est traante , fibreuse , et articule. Elle donne naissance aune tige tortueuse, portant suprieurement environ quinze ptioles garnis chacun de trois folioles. Les fleurs non panouies ont les boutons rouls en spirale comme comme ceux du jasmin d'Europe , et en se dveloppant laissent apercevoir les ptales ca- chs moiti l'un par l'autre 5 elles sont de couleur jaune soufr , glaces de jaune orang , et comme veines. Ces fleurs , au nombre de trois cinq sur chaque rameau, sont accompagnes de boutons allon- gs, pointus et non dvelopps. Le calice persistant a cinq divisions aigus 5 la co- rolle est deux fois plus grande 5 les styles et les ta- mines, de mme grandeur, ne paraissent pas l'ext- rieur. A la fleur succde une capsule cinq loges polys- permes renfermant plusieurs semences stries trans- versalement , et munies d'unarille charnu , qui s'ouvre avec lasticit. Analyse chimique. Cette oxalide fournit par excel- lence l'acide qui porte son nom , et qui dissout , comme on le sait , les oxides de fer. Il sert enlever les taches d'encre , le sel rehausse le ton et donne de l'clat certaines couleurs 5 cette plante contient beaucoup d'eau , du mucilage, et de l'oxalate acidul de potasse. Proprits mdicinales. L'oxalide a toutes les proprits de l'oseille de Guine ou ketmie acide. On l'emploie dans les tisanes anti-scorbutiques , apri- tives, et on obtient du suc par vaporation, un sel qui procure une limonade rarement employe , cepen- ( 55 ) dant ? en raison de l'abondance des citrons qu'on ren- contre partout aux colonies. On obtient une tisane salutaire et temprante , convenable dans les dissen- teries et diarrhes adynamiques et scorbutiques ? avec une poigne de bourgeons d'oseille ? une de cresson de savane par livre d'eau ? dulcore avec le sirop de nymphsea du pays qui remplace trs-bien celui de diacode. Cette tisanne d'ailleurs appaise l'exacerba- tion de la fivre ? teint la soif des malades > modre l'ardeur des viscres du bas-ventre , et provoque 3a sortie des urines. L'usage de l'oxalide convient par- consquent dans les fivres angotniques et autres maladies inflammatoires 5 dans les livres jaunes . gastriques ou bilieuses, ataxiques ? adynamiques ? etc. ? et dans les inflammations des reins ? de la vessie ? et du canal de l'urtre. L'oxalide dtruit l'amertume de la bouche, si d- sagrable dans certaines affections , et stimule l'ap- ptit. Les malades affects de calculs vsicaux base d'o- xalate de chaux ( disent les auteurs de l'article oxalide d'Europe ) doivent s'abstenir d'en faire usage. On ajoute aux potages des malades les jeunes pousses ou les sommits d* oxalide. On fait avec cette plante un sirop et des conserves. Mode d'administration. L'oxalide s'emploie la dose d'une poigne en dcoction par deux livres d'eau ; le suc celle d'une once deux 5 le sel peut se faire dis- soudre la dose d'un gros deux par livre de vhi- cule. On dulcor avec le sirop de batterie, ( !) Explication de la planche trente-deuxime* ha plante est reprsente rduite au tiers de grau* deur naturelle. //. .7/ 77u; - " x Prn.r . <;,/.,;./. \'a/p. KA^illK VINMOtl (i5 7 ) RAPHIE VINIFR, Vulg. Palmier a Vin. ( Stomachique anti-scorbutique. ) Snonymi. Raphia vinifra-. Palisot - Beauvos. ( Flore d'Oware , tom. i, pag. y 5. ) Calamus-Sagus ? Jus-Sagus Palma-Pinus. Grtn j famille des Palmiers. Palma Pinus sive conifera. Lob. icon Palma Pinus Sylvestris, Dalech. Peregrinus fructus squam- mosus. Clus. Exot. Palma conifera ex Guine squa- mis ad pediculnm conversis. Bauh. , Pin. pag* 5 etc* Sagouier vinifre. Sagus Raphia Encyc. p. o. d, X. M. < Sagus spadice ramosissimo , singulis floribus squam circulari cinctis , fronde Pinnat ( N. ) Yecot Grevv. mus, pag. 200 , ce genre a de trs-grands rap* ports avec le Rotang ( Calamus ). Caractre essentiel. Fleurs la plupart mono* quesj un calice double, l'extrieur trois divisions 9 squamifornies \ l'intrieur trois divisions plus lon- gues 5 point de corolle ? six tarnines : dans les fleurs femelles ? un ovaire ovale ? un seul stygmate obtus ? une noix presque globuleuse ou allonge ( suivant Pespce ) , couverte d'caills imbriques du sommet vers la base. Caractres particuliers. Fleurs mles sessiles ? fruit oblong , stipe fusiforme surmont d'une cou- ronne lgante de palmes, dont la base embrasse cir- culairement la tige, et dont les infrieures ? en se d- tachant , laissent la partie la plus solide du ptiole ? entoure d'une bourre paisse* 9 e . Livraison* i4 ( i58 ) Histoire nttreli.e. Ce Palmier, commun aux" Isles Mol noues et au Malabar , crot galement aux Antilles. Ou l'y rencontre auprs des rivires, sur les mornes escarpes et silencieux , o son stipe matriel le fait distinguer des autres palmiers taille svelle et trs-cleve. Les rgimes sont normes et chargs d'une grande quantit de fruits couleur de bois d'acajou y comme vernisss, et semblables ceux du sagouier 7 mais plis oblongs. Le chasseur intrpide . le naturaliste impatient et curieux, attirs par le parfum et le riche aspect des fleurs de toute espce , qui forment la vgtation va- rie de ces collines , qui fuient , selon Bernardin de Saint-Pierre, les unes derrire les autres en amphi- thtre, trouvent la rcompense de leurs fatigues dans les palmiers vin dont la sve leur fournit l'ins- tant une liqueur agrable, tonique et rafrachissante 5 il suffit , pour l'obtenir , de perforer l'arbre deux pieds de terre, et de pntrer jusqu'au canal mdul- laire. Cette sve, comparable celle du cocotier , offre un liquide qui , outre ses qualits prcieuses dans l'tat frais , donne du vinaigre par la fermenta- tion , du sucre par le rapprochement, et enfin de l'alcool par la distillation. Le tronc de ce palmier sert btir les ajoupas , et le feuillage sert les cou- vrir. Les fruits dpouills de leurs cailles contien- nent une amande susceptible de fermentation ? et dont on obtient une liqueur enivrante. Caractres physiques. Le stipe ou tronc de ce Palmier vin s'lve peu. Il est droit ? beaucoup plus ( i5 9 ) gros au sommet qu' la base 5 couronn son sommet par une touffe de feuilles grandes, nombreuses, trs- amples , pinnes , pendantes , dont le ptiole com- mun est garni de petites pines presque dans toute sa longueur. De la base de ses feuilles sortent et pendent de trs-grands rgimes ou spadices, trs*ramifis , sous- diviss en un grand nombre d'autres rameaux serrs , rapprochs , ingaux 3 chacun d'eux environn de deux ou trois spathes partielles , courtes , cunifor- mes, comprimes, tronques, fendues longitudinale- ment un de leurs cts. Les fleurs sont sessiles et disposes alternativement sur chacune des divisions du spadice , enveloppes leur base par une sorte d'caill circulaire, dure, coriace , un peu jauntre , sse, presque luisante : ces cailles sont imbriques > et recouvrent les rameaux dans toute leur longueur. Les fleurs mles , situes sur les mmes rgimes que les fleurs femelles , en occupent la partie sup- rieure : elles sont trs-nombreuses , persistent pen* dant quelque temps, et tombent enfin la maturit des fruits, qui forment, par leur ensemble, leur rap- prochement et leur nombre, une grosse touffe ovale, serre, compose de baies sches, presqu'ovales , lui- santes, cailleuses, les cailles trs -serres, fortement imbriques du sommet Vers la base, ovales , obtuses. ( Encycl. mth. ) Analyse chimique. La fcule amilace du pal- mier vin, n'offre rien de particulier l'analyse. JX 14* ( itfo ) existe dans sa sve un principe mucoso-suci' suscep- tible d'acqurir une for le acidit par la fermenta- tion. Cette mme seve donne du sucre et de l'alcool 1 suivant les procdes chimiques auxquels on la sou- met. Proprits mdicinales. Le Sagou du palmier vin s'y rencontre en petite quantit ? mais on l'em- ploie utilement comme analeptique , lorsqu'il s'agit de relever les forces des personnes puises. La sve jouit de toutes les proprits de celle du cocotier. ( Voy. cet article. ) Mode d'administration. On prpare le Sagou au lait, ou au gras : son usage est salutaire, mais il est in- dispensable de l'aromatiser. Explication de la planche trente-troisime. JjB Palmier vin est reprsent rduit au trentime de sa grandeur naturelle. On a choisi un moyen indi- vidu. 0?i aperoit au-dessous de V ample masse de feuillage qui couronne son tronc , des cailles envi- ronnes de bourre , formes par les vestiges persis- tans des ptioles. //.v /i.V/ori- />rs,vrrf///i J'rru- . Girrt < !<'// IjfU & JT,i S. ( 161 ) GREINTADILLE BLEUE. ( Stomachique anti-scorbutique. ) Synonymie. Passiflora caerulea. Liiin. Passiflora foliis palinatis , lobis integerrimis , stipulis lunaribus into gris aristatis, N. Granadilla polyplvyllos, fructu ovato. Tournef. 241. Granadilla pentaphyllos f flore caeru- leo niagno. Boerh. Lugdb. 1, pag. 81. Murucua Pison, Bras. p. 247. Passiflora ( Passionis flora) La- marck. Flos passionis major, pentapliillus. Sloan. Jam. Histoire 1, p. 229 , Raj. suppl. 329. Clema- tis quinque folia americana. S. flos passionis. Rob. ic. ex Linn. Caractres gnriques. Calice cinq divisions profondes, cinq ptales planes alternes avec les divi- sions du calice, obtus, ouverts 5 nectaires en forme de filets disposs circulairement 5 cinq tamincs dont les filets, runis infrieurement en colonne, sont tra- verss par le style portant Fovaire son sommet, ce- lui-ci couronn par trois stigma en tte. Caractres particuliers. Feuilles palmes, trs* entires , les ptioles, glabres , pourvus de deux glan* des. ( Viv. ) Histoire naturelle. Que de varits de formes et de couleurs dans cette classe nombreuse qui fait ? des rochers sombres et bruts, des ampbi thtres o brille l'clat des plus belles fleurs ! Que de festons ? ( **o de colonnes naturelles formes dans les forts des Antilles, par ces belles plantes dont les Heurs (sur lesquelles se prsentent tantt l'azur 4e plus tendre, le blanc de la neige, le rouge de la rose ou celui du feu, quelquefois merne toutes ces couleurs runies) pen- dent et l, balances dans les airs par les brises du matin et du soir ! Qu'il est doux de pouvoir admirer ce spectacle enchanteur , sur le bord d'une rivire tranquille et profonde, qui comme un miroir , rfl- chit ces masses lgantes de fleurs , de fruits et de feuillage tranchant sur un ciel sans nuage ! Quelle preuve incontestable de l'immensit des ressources du Crateur , prouves par la riche varit de cou- leurs et de formes de ces fleurs du nouveau monde l Les unes se font remarquer par leur coloris, d'au- tres par leur nombre, quelques-unes par la prodi- gieuse lvation laquelle elles savent atteindre eu embrassant l'arbre qui les supporte, et de la cime du- quel leurs sarmens plongent encore jusques vers la terre qui les nourrit. La forme des feuilles , la cou- leur et la saveur parfume des fruits de certaines eu rendent l'tude trs-intressante. Je donnerai l'his- toire d'une partie dans les classes suivantes , ou je me contenterai de les indiquer lorsque leurs pro- prits n'ont pas t suffisamment approuves. Quis ut Deus ? doit tre le cri de ravissement au milieu de cette contemplation , un lan naturel du cur at- tendri vers l'auteur de ces merveilles. Caractres physiques. La Passiflore bleue origi- i t 63 ) aaire du Brsil , se trouve aussi aux Antilles , et. elle est mme acclimate en France. Ses sarniens sont ronds, glabres, verdtres , grimpans ,. triangulaires leur partie suprieure. Elles sont pourvues de feuil- les alternes assez grandes, vertes, glabres , palmes ,. cinq divisions ovales oblongues trs-entires sur les bords, et un peu obtuses leur sommet. Les ptioles sont glabres et chargs de deux glandes. Il sort de l'aisselle des feuilles , des vrilles qui protgent leur enlacement. Les stipules sont semi-lunaires, bord extrieur arrondi et entier , mucrones infrieure- ment par un filet stac Les pdoncules sont axillaires solitaires , portent chacune une trs-belle fleur de trois ou quatre pou- ces de diamtre , et garnie sa base d'une collerette de trois follioles ovales , concaves , entires et d' un- vert ple. Le calice est cinq divisions oblongues^ mucrones, verdtres en dehors, blanc-vert intrieur rement. Les ptales sont blancs , alternes avec les divisions du calice qu'ils galent en grandeur. La couronne est compose de filets nombreux , disposs sur un rang 5 ils sont moins longs que les ptales 5 leur som met jusques vers leur milieu est d'un bleu d'azur, le milieu est blanc, et la base purpurine. Le fruit est ovode, pyriforme, de la grosseur d'une forte prune$ l'extrieur est orang, et l'intrieur con- tient des graines noirtres niches dans une pulpe aqueuse blanche et odorante , d'un got acide trs- agrable. ( i4) Analyse chimique. Le fruit de cette grenadilla offre , l'analyse , de Pacide malique et un principe sucr gommcux. Proprits mdicinales. On fait avec le fruit de la passiflore bleue>une limonade que recherchent les scorbutiques 5 mais il est tant d'autres fruits plus uti- les et plus comunment employs , que je crois inu- tile d'numrer les proprits qu'on lui accorde gra- tuitement. Mode d'administration. On emploie ce fruit comme celui du Grenadier. ( Voy. ci-aprs.) Explication pe la planche trente-quatrime. vvyvyv w* wvvw w vv >a plante est reprsente presque de grandeur naturelle, et les dtails moiti de la leur* /y. ,7.;, //<<>/// , ///r Put-r, (r'/A/n'/ JcztA) GliKNAJIlER' SAUVAGE S,*"JTH o ( i65 ) GRENADIER SAUVAGE. ( Stomachique anti - scorbutique. ) Synonymie. Malus punica sylvestris, malus punica sati- xa., Bauli. zriioi% 43S. Punica granatum , foliis lan- ceolatis caule arboreo , Lin. icosandrie monogynie. Punica sylvestris, Tournef. clas. 3i arbres rosacs 636. Juss. sect. 8, fam. des nryrthes. En espagnol Granado, en portugais Romeira, en anglais Pomd-Granate-Tree, Granaat Boom en hollandais ( FI, du D. des Se, md. ) Caractres gnriques. Calice monopliylle 5 p- tales dfinis , attachs au sommet du calice 5 tamines nombreuses , ovaire infrieur couronn par le calice persistant : fruit multiloculaire polysperme 5 graines anguleuses j tiges ligneuses. Caractres particuliers. Calice campaniforme co- lor, cinq divisions ; corolle cinq ptales crpus 5 tamines nombreuses j un style , un stigma 5 feuilles linaires : tige souligneuse. (Aux Antilles, viv. ) Histoire naturelle. Originaire de l'Afrique , et commun aux environs de Carthage , d'o il parat ti- rer son nom ? le grenadier crot abondamment aux isles Antilles , o il ne fait pas seulement l'ornement des forts , ses proprits mdicinales le faisant re- chercher sous plusieurs rapports. Charg de ses bel- les fleurs couleur de feu , cet arbuste offre le plus Leau coup d'il ? et contraste richement avec le vert diversement nuanc du feuillage 7 et les couleurs du ( ,66 > fruit , qui revt chaque jour une robe diffrente, Sui- vant les progrs qu'il fait vers sa maturit j et cotte transition gradue dure pendant toute une saison. Le grenadier sauvage offre deux varits mmes proprits, et qui ne diffrent que parles fleurs plu* ou moins grandes , et les fruits doux ou acides. Le grenadier se multiplie par drageons 5 il perd ses pines par la culture. Caractres physiques. Le grenadier , qui se plat dans un terrain substantiel et l'exposition du soleil,, s'lve aux Antilles la hauteur de i5 20 pieds. Ses rameaux sont pineux , anguleux , trs-grles , recou- verts , suivant l'ge , d'une corce brune ou cendre y garnis de feuilles troites, lancoles , entires, con- tournes , opposes , lisses-rouge dans leur jeunesse 5. vert fonc ou mme souvent brun aprs leur entier dveloppement 5 les ptioles courts et rougtres Les fleurs, d'un rouge clatant, brillent au sommet des rameaux. Elles sont presque sessiles , ordinaire- ment solitaires , quelquefois cependant groupes en* petit nombre. Le calice est campaniforme , trs-color , pais et cinq divisions. Il enveloppe une corbeille compose de cinq ptales ondes et comme chiffonns, d'un rouge de sang. Lis tamines sont trs-nombreuses , leurs filets sont pourprs et les anthres jaunes. Le style et le stigma sont d'un rouge vif. Les fruits du grenadier sont sphriques , dprims ,, ombiliqus, couronns parle calice persistant, leur corce coriace ? d'un brun pourpr ou ferrugineux,. ( i6 7 ) confient une pulpe rose ou amthyste , douce ou aci- dul , suivant la varit > et enveloppant, dans plu- sieurs loges formes par une membrane jaunti'e , des graines nombreuses anguleuses Analyse chimique. Les fleurs du grenadier , con- nues sous le nom de Balaustes , contiennent du muci- lage, du tannin et un principe extractif. L'corce et la membrane qui recle les semences et qui est vendue par les droguistes sous le nom de Malicorium, ont une saveur acre , astringente , peu ou point d'odeur , et donnent l'analyse les mmes rsultats , plus un peu d'huile essentielle. Les unes et les autres colorent en noir , la dissolution de sulfate de fer. La pulpe con- tient un peu de mucilage , un principe sucr , du tan- nin et un acide vgtal particulier. Proprits mdicinales. Lorsqu'il s'agit d'exciter l'inertie des membranes muqueuses de l'estomac ou du canal intestinal, on associe les fleurs ou l'corcedu grenadier aux tisannes astringentes qui conviennent dans les catarrhes ou les dyssenteries atoniques ? les mnorrhagies. La pulpe, surtout celle qui est lgre- ment acidul, est rafrachissante, et sert confec- tionner le sirop de grenade , qui est d'un usage trs- rpandu et trs utile dans le typhus, la fivre jaune, et dans toutes les maladies aigus, inflammatoires des voies urinaires et les sueurs colliquatives. Dans les ma- ladies adynamiques et principalement dans tous les cas d'affection scorbutique , on prfre alors la varit de grenadier fruit aigre. On peut l'unir ceux du goyavier et du monbin pour obtenir une boisson ( i<58) acide et lgrement astringente , utile la fin des leu- corrhes et des blnorrhagies. On obtient de la for- mule suivante , un gargarisme dtersif trs-utilement employ dans les angines muqueuses et les aphtes. Prenez ( dit Poupc-Desportes ) corce de grenade et de citron , de chacune 3 gros 5 une demi -poigne d'oxalide et de cresson $ muriate d'ammoniaque, et sulfate d'alumine de chaque un gros 5 miel deux on- ces , eau huit onces. Faites infuser et passez avec ex- pression. On ajoute du quinquina s'il y a gangrne. Mode d'administration. Les fleurs et l'corce du grenadier , se prescrivent en infusion ou en dcoc- tion . la dose d'une once par livre de liquide , qu'on dulcore avec un sirop appropri. On compose, avec la poudre, des lectuaires ou des pilules j et si l'on veut remployer en substance, la dose est d'un scru- pule un gros dans deux onces de vin 5 celle du si- rop est d'une once par livre d'eau 5 les graines, quoi- qu'astringentes , se mlent aux mulsions, La limonade, faite avec une orange acre, le suc de limon et celui de grenade , dulcore de sirop de bat- terie est laxative et rafrachissante. La poudre de l'corce est aussi employe en topi- que dans le relchement des organes gnitaux , la chute du vagin ou du rectum. Le docteur Poil ok assure que les racines sont anthe- mintiques. ( Gazette de sant, n. 34-1816. ) On prpare avec la pulpe de la grenade un vin aro- matique et astringent auquel an a donn le nom d vin de Palladius. (iWl'VW*WV\ftiW\ i . Fruit ouvert. 2. Fleur coupe perpendiculairement. 3. Graine. ( l 7 ) ANANAS CONIQUE, ( Stomachique anti-scorbutique. Synonymie. Ananas en pain de sucre. Ananas couronne de Jrmie ( St.-Dom. ) Ananas aculeatus znaximD Cru et u conico. Pluin. Bromelia ananas foliis ciiiaAo spinosis, mucronatis, spic comos , Linn. ord, cl. 6 , I.exondrie monogynie. Ananas aculeatus fructu conico, Toumef. appendix. Class. 3 ordre Y, fam. des ananas, Jussieu. Famille 9 les gingembres, Adan- *oi. Archidops-Kap-tsjakka . Rheed liort. mal. V. Xi, pag. 1 et 2. Ananas, anana , fayama , pinas, Bout. Carduus Brasilianus foliis aloes , Baub. pin. 084. Boniama Car. En espagnol ananas, pina. En anglais ananas, pine^ Apple. Bromelia , tire son nom de Bromel , botaniste sudois auquel ce genre a t consacr. ( Flor. du Die. des Se. md. ) Caractre gnrique. Calice persistant six divi- sions, les trois internes plus longues 5 un nectaire au dessus de la base de chacune 5 six tamines hastes , plus courtes que le calice 5 ovaire infrieur 5 un style filiforme : un stigma trifde 5 baies agrges. Caractres particuliers. Feuilles cilies pineu- ses, mucrones-, pi chevelure vivace. Fruit conique couleurs clatantes. tt. .7o\ r/tr'ot/ore /tetfcourmz Pmjr ba&rrel ,h*7/m. ANA'JVA S C OX 1 O TE ( 17) Histoire -naturelle. L'Ananas conique , -vulgai- rement connu sous le nom d'Ananas-Pain-de-Sucre 9 en raison de sa forme , crot spontanment aux An- tilles dans les savanes humides des bords de la mer 5 #t plus particulirement sur les mornes escarps y prs des sources ou des cascades ombrages par les hautes futaiesque la hache y a respectes. Le quartier de Jrmie, St.-Domingue , en produit une grande quantit 5 et leur rcolte fournit aux caboteurs une pe- tite branche de commerce avec les villes de Tint- rieur de la colonie. Le voyageur fugitif ou gar , en tranchant l'un de ses fruits , se dsaltre j et peut ai- sment continuer sa route ? s'il n'en a pas mang en trop grande quantit , car leur abus trouble la digestion. L'corce de cet Auanas n'est point jaune comme celle de celui qui porte ce nom et qui est dcrit plus loin. L'enveloppe de l'Ananas conique est ver- dtre , nuance de pourpre , d'orang et de violet : on reconnat sa maturit la vivacit de ses couleurs et au parfum agrable dont s'imprgne l'atmosphre qui entoure le fruit. ........ l'Ananas chri Elve avec orgueil sa couronne brillante. (Parny. ) Pour manger l'Ananas , il faut le dpouiller de son corce et surtout enlever, sous chaque cusson ? une pointe trs-piquante , reste du style qui s'est dess- ch 7 et qui causerait une grande irritation la gorge ( 172 ) si on ne sVn mfiait pas. On coupe ensuite le fruit pat* tranches epic l'on saupoudre de sucre. On Je met aussi macrer dans du vin. On fait avec le suc d'/\na* nas , des glaces , des sorbets , des confitures . des marmelades, une limonade, un vin excellent} et sur- tout des pastilles qui procurent la bouche une fra- cheur agrable et parfume. Caractres physiques. Les feuilles qui partent des racines rie la plante sont ouvertes en faisceau , longues de deux pieds environ , troites , canalicules , d'un vert glauque comme celles de Palo's, et hrisses sur les bords d'pines courtes , brunes ? aigus , dispo- ses en scie. Elles environnent une hampe cylindrique cannele et colore , feuille chaque articulation y courte et portant un pi glomrul ou rceptacle commun garni de fleurs lilas, sessiles, en entonnoir , disposes au centre des compartimens ? sur lesquels les ovaires paraissent demi-enchasss dans leur pulpe. Ces fleurs se fanent et tombent mesure que le fruit grossit ; elles sont quelquefois striles et donnent alors une semence rouge et applatie. Le fruit est un rceptacle charnu compos de beau- coup de baies symtriquement disposes , reprsen- tant une pomme de pin , et exhalant un parfum d'une odeur particulire. Ce fruit est surmont d'un fais- ceau de feuilles courtes qui sert, ainsi que les ille- tons, propager la plante 5 ces feuilles sont ordinai- rement vivement colores. La chair de l'Ananas-Pain -de-Sucre est blanche 5 la coupe transversale reprsente une toile ou disque 7 (i 7 3) dont les rayons dlis divergent du centre la circon- frence. Si la robe de cet Ananas est colore avec clat , sou parfnm est aussi plus agrable que celui des autres es- pces. Son suc est cependant trs-acide 5 il agace les dents et fait saigner les gencives : cependant on le mange avec plaisir ? car il runit la saveur vineuse de la pche, celles des fraises ? des framboises et des melons les plus exquis. Analyse chimique. Le suc d'Ananas contient de l'acide actique , de l'albumine ? et un principe ex- tractif gommoso-sucr . Proprits mdicinales. Le suc de l'Ananas demi- mr , est un bon diurtique ? et d'un trs-grand se- cours contre les affections de la vessie et la grave! le. On l'emploie utilement en lui associant le fer contre l'ictre et l'hydropisie 7 et cette prparation remplace aux colonies Le rnalate de for dans le traitement des atrophies msentriques. . Le vin que l'on obtient des Ananas par la fermen- tation j est agrable et trs-rafrachissant. On coupe 4 cet effet le fruit par rouelles , et on le met macrer dans de l'eau 5 quelques - uns lui ajoutent du sucre ? fin de faire dvelopper plus promptement la fer- mentation vineuse. On obtient alors une liqueur qui a beaucoup de rapport avec le vin de Malvoisie. Il est cordial ? dtruit les nauoses ? et ranime la chaleur naturelle 3 mais on doit l'interdire aux femmes en- ceintes. * I ( 74) La limonade faite avec l'Ananas est trs-rafrachis- sante, et indique dans les maladies inflammatoires , bilieuses et adynamiques , dans le typhus et la fivre jaune , o elle produit d'excellens effets} mais on doit en user avec modration , et la rendre vineuse ou al- coolique j afin d'viter les inconvniens que j'ai dj fait connatre. Le suc de l'Ananas procure 5 sans aucun apprt j un gargarisme dtersif, qu'on ne doit pas ngliger dans les angines muqueuses , et compliques de gan- grne 5 il sert alors de vhicule. Les ngres vantent beaucoup, pour la cure de leurs ulcres atoniques , le digestif suivant : Prenez suc d'ananas , de feuilles d'agave-karatas , et de celles d'alo's, de chaque deux onces ; baume de sucrier un once \ jaune d'uf , n. 1 5 taffa , quantit suffisante f mlez pour l'usage. Mode d'administi*Ation. Le suc d'Ananas se donne depuis une once jusqu' quatre , dans un vhicule ap- propri au genre de la maladie qu'on a combattre, La dose du vin ne peut tre indique prcisment r puisqu'on en fait souvent usage sans prescription mdicale. Explication de la planche trente-sixime* La plante est rduite au quart de sa grandeuf naturelle* '*. . /y. :h Tsetrre Jk*c0urtt7x. J*i (PairrrZ J'cufy POIVRIEH A OMELLE S . ( !?7 y POIVRIER EN OMBELLES; Vvlg. Bois d'Anisette. ( Stomachique anti-scorbutique. ) Synonymie. Piper umbellatum. Lin. DiandrieTrygine. Saururus frutescens foliis cordiformibus et latis , non umbilicatis, anethi odore. Pluin. Saururus foliis am- plis orbiculato cordatis , sinu aperto , petiolis vaginan- tibus. Brwn. , Jam., 2o3. Piper longum racemosum Sloan. , hist. i36. -Piper foliis orbiculato cordatis, acu- minatis , venosis, spicis umbellatis , caule erecto, sul- catOj pubescente, Wild. Spec. , plant. , vol. I , p. 167^ n. 4^. Jussieu , famille des Orties. Joborandi , ou Bihiniitrou des Carabes. Caractres gnriques. Fleurs en chaton, spa- dice filiforme, couvert de fleurs. Calice, 2 phylles , corolle O. , deux anthres la base de l'ovaire , style O. , 3 stigmates, une baie monosperme. (Lam.) Caractres particuliers. Feuilles cordiformes 5 comme rondes , aigus , veines 5 pis en ombelles (Antilles, vu ace, Jolycl.) Histoire naturelle. Lorsque la botanique n'avait pas encore subi les heureux changemens que lui ont fait prouver d'utiles et sages nomenclatures, on avait donn la plante dont il est question , sans avoir gard sa forme et ses caractres, le nom de bois cfani- sette , parce que cet arbrisseau exhale une odeur d'aneth qui lui a valu la dfinition de Plumier. Mais il tait rserv des botanistes profonds et clairs ? de le classer d'aprs son type ? dans les poivriers ? dont il a tous les caractres. 10 e . Livraison. i5 ( '7) On Je trouva aux Antilles sur tous les mornes frais el tonfius. L'odeur suave 1 1 n , i 1 rpand autour de lui, attire les regards complaisans qui aiment admirer l'lgance de sa Uge et de tout son ensemble, dont l'aspect est entirement tranger l'Europen. Caractres physiques. Les tiges de ce sous-arbris- seau sont verdtres, de a hauteur d'un deux pieds, droites, simples, genouilles, eaunelcs et lgrement pubescentes. Les fouilles sont amples, distantes, ptioles, cor- diformes , entires, termines en pointe, fortement chaneres leur base, ou deux lobes rapprochs, quelquefois velues en dessous, marques de nervures qui s'tendent de la base jusque vers le milieu de la feuille o, elles se ramifient. Les ptioles sont longs, glabres, cylindriques, amplexicaulcs , et munis, leur base, d'une gaine ou large membrane o l'pi se- trouve enferm avant l'inflorescence. Les pis sont axillaires, blanchtres, au nombre de trois six, disposs en ombelle , mdiocrement pdi- cules, ports sur un pdoncule commun, droit, et de, couleur blanche. Les cailles de chaque fleur ( calice ) sont arron- dies, un peu cilies, et paraissent un peu tomenteuses l'il nu. Les anthres sont blanchtres, l'ovaire oblong,' surmont de 3 stigmates pais, rflchis, noirtres. (Encycl. mth. T. Y. p. 4^4- ) Analyse chimique. Toutes les parties de la plante sont acres et stimulantes, et il s'en dveloppe un arme , dont jusqu'ici l'utilit n'a point t apprcie. ( '79 )' On retire de ses graines une huile essentielle qui a les proprits de celle d'anis. Proprits mdicinales. On prescrit l'h uile essen- tielle des graines sur un morceau de sucre ? dans les atonies de l'estomac qu'prouvent les scorbutiques temprament lymphatique 5 tandis que ce mme moyen pourrait exciter les plus grands dsordres dans les mmes circonstances chez un individu ro- buste ? plthorique , et dou d'une sensibilit ner- veuse irritable. Son usage inconsidr occasionnerait des maladies inflammatoires. Le moyen le plus sr est de l'employer en dcoction ou en macration vineuse. C'est de cette manire qu'on en retire beau- coup d'avantages ? et que je le prescrivais dans les hpitaux des colonies , d'aprs la formule de Poupe Desportes 5 laquelle je faisais subir un lger change- ment. Par exemple , les scorbutiques prouvaient du soulagement d'une tisanne compose avec gingembre/ un gros 5 une orange sure coupe par rouelles . des bourgeons de bols d'anisette , une poigne : un gros de limaille de fer en nouet, pour deux pintes de via. Dans les douleurs pngitives qu'prouvent les ma- lades dans la pripneumonie ? je faisais appliquer, au lieu de moutarde ? del poudre des graines du Poivrier ombelles , incorpore avec du blanc d'uf y qu'on tendait sur du coton pour sn faire une espce de cata- plasme. Ce mme topique procurait du soulagement dans les douleurs rhumatismales. Cette poudre dissipe le relchement de la luette par atonie 3 elle est aussi odontalgique, sternutatoire et rubfiante ? comme tous les aromates de ce genre x5 * ( i8o ) Mode d'administration. La dose Je Droite essen- tielle est de 4 8 gouttes 5 celle de la poudre des grai- nes, d'un scrupule un gros*, celle des feuilles et des bourgeons, d'une poigne par pinte de liquide* ExrUCATION DE LA PLANCHE TRENTE-SEPTIEME. VWWVV*' www vwvw Le Poivrier moelle est reprsent au tiers de sa grandeur naturelle. Fig. I Fleur entire grossie. On y distingue deux cailles calicinales, deux anthres supportes par des filets dont l'insertion est aux deux cts opposs de Povaire. Celui- ci, globuleux supporte trois stigmates rflchis. Fig. II. Graine grossie. Une partie de son enveloppe cor- ticale a t enleve afin de mettre jour la semence Miiicpie qu'elle contient. /V. ,'/// / lupi/or,' tvcoi/rfi/x Pm.v Imfirv'e/ Jiv/fe y< ( 18jl ) ORANGER ACRE ou SURE. \ ( Stomachique anti-scorbutique. ) Synonymie. Citrus aurantium sylvestre. Lin. Polvadel- pliie icosandrie. Tournefort, cl. 21, arbres rosacs, sect. VI. Jussieu, famille des Orangers. Aurantium. sylvestre , medull acri , inst. k. tr. Caractres gnriques. Caice monophylle mul- tifde 5 corolle polyptale 5 ptales alternes avec les flivisions du calice : tamines dfinies, attaches la base des divisions du calice , filets distincts: ovaire supre $ un style, un stigmate: une baie multijocu- aire 3 feuilles alternes, tiges ligneuses spinifs l'tat sauvage. (Lam.) Caractres particuliers. Calice cinq divisions profondes 5 corclles cinq ptales elliptiques^ environ vingt tamines 5. filets comprims*, un style: un stig- mate entte: baie charnue, divise par neuf ou onze cloisons, recouverte d'une corce aurore chagrine, glanduleuse et mamelonne 5 graines ovodes 5 loges vsiculeuses : ptioles ails 5 feuilles aigus. Histoire naturelle. Sous un ciel aussi brlant, quelle surprise agrable doivent prouver le chasseur ou le botaniste , en escaladant avec peine les mornes escarps , s'ils dcouvrent des Orangers sauvages pommes d'or. Ces fruits qui n'ont cependant point la douce saveur de l'orange de la Chine, tanchent nan- moins la soif ardente 5 temprent les mouvemens imptueux d'un sang crui^ en augmentant l'exaltatioa ( i8? ) des forces vitales , porte le i rouble dans tous les sens $ donnenl des palpitations} R4) 'es, et forme la hase des potions antispasmodiques. L'corce amre et aromatique s'emploie en infusion aqueuse, en teinture, en poudre ou en conserve, pour stimuler les fibres de l'estomac et des intestins. On voit, d'aprs l'analyse des parties constituante des fleurs, feuilles et fruits, qu'ils doivent tre d'une grande utilit dans les maladies scorbutiques. Explication de la planche trente-huitime. fc\^UMAUVU/WiAf\VW Le rameau d'oranger acre charg d'un fruit mur est de demi-grandeur naturelle* . Fruit coup transversalement. /'/..'/ TftviH/ffn? JJcscptirft/x fm*r > Oa/rrtf/ J t HYDROCOTBLB OMMEUuEM (,85) HYDR0C0T1LE A OMBELLE. ( Stomachique anti-scorbutique. ) Synonymie. Hydrocotile umbellata , Lin. Hydrocotile foiis peltatis, umbellarum radiis numero^is nosculis multoties lonioribus , N. Hydrocotile maxima, folio unibilicato , floribus in umbellam nascentibus. rlum. , Spec. 7 , Miss. 4> tom. 3. Tournefort 328, cl. VII, Ombell. , sect. 9. Jussieu , fa in. des ombellifres- acaricolia des Carabes. Pis. , Bras. 260. Erva de Capitaon. Marg. Bras. 27. Cotyldon aquatica Sloan, fam., bis. 1 , p. 3i2. Hydrocotile, suivant Lamark 9 Tient de "hs , eau , et de kotuM , gobelet. Caractres gnriques. Corolle pentaptale. Cinq tamines, deux styles ? deux graines nues, accoles, ovodes infrieurement , souvent de bas en haut. Feuilles en parasol. Caractres particuliers. Ombelle multiflore, invo- lucre trs-petit, graines comprimes, semi-orbiculaires; feuilles orbiculaires en bouclier, la hampe plus courte que les feuilles. Histoire naturelle. Amie des savannes inondes, Thydrocotile ombelles se plait ainsi que ses cong- nres , au milieu des eaux , o son humble stature Yj fait peu remarquer, quoique son port offre un ensem- ble intressant de formes peu communes. Ses feuilles ayant une surface plane servent de repos certains petits oiseaux qui y sont balancs , et d'o ils peuvent se dsaltrer. Caractres physiques. L'Hydrocotile dont il est question est une plante le plus ordinairement flot- ( 06 ) ttnte ) crue ses feuilles rondes et petites font remar- quer. On ne peut iuieu\ les comparer qu' celles le la capucine. Les liges sont menues, rampantes, et poussent chaque articulation de petites racines fibreuses. Les feuilles sont orbiculaircs, crneles dans leur contours par de larges dents, coupes carrment leur sommet, fixes leur surface infrieure sur de longs ptioles qui prennent leur insertion au centre, garnies de nervures qui s'tendent de l'insertion du ptiole la circonfrence , et d'autres plus petites et obliquement places. Les hampes sont axillaires, plus courtes que les ptio- les, chaque hampe supporte son sommet une ombelle compose d'une vingtaine de fleurs, enveloppes par tles rayons beaucoup plus longs qu'elle -, chaque fleur est stelliforme , compose de cinq ptales d'un blanc pur j la corolle contient cinq tamines. L'ovaire charg de deux styles devient un fruit com- pos de deux moitis accoles, comprimes, s'ouvran-t de bas en haut et renfermant deux graines nues. Analyse chimique. La racine de l'Hydrocotile ombelle est aromatique , piquante et chaude la d- gustation. Elle fournit l'analyse une huile essen- tielle trs- odorante, l'extrait aqueux est amer, et contient peu d'arme, dont s'empare l'alcool lorsqu'on les y met en digestion. Les tiges sont acres et d'une odeur volatile. Proprits mdicinales. Les racines qui ont l'o- deur de celles du persil , sont apritives et convien- nent dans les obstructions des reins et du foie. On les; ( m ) mle aux tisanes anti scorbutiques aromatiques. On fait confire les racines, et on les ordonne coniine masticatoires: leur vertu cordiale et touique les rend recommandables dans le catarrhe pulmonaire avec prdominance d'atonie. Les feuilles sont rarement employes; on leur prfre, sous tous les rapports, les tiges des cressons de savanes., dont il est question plus bas , et dont les proprits sont incontestables. Mode d'administration. En raison des vertus hroques de l'Hydroeotile, nous engageons les jeunes praticiens n'employer cette plante qu'avec rserve et prudence. La teinture alcoolique se donne la dose d'un gros par livre de vhicule, et d'une once en dcoction, ou bien celle d'un gros en poudre dans du vin. Nota. On trouve aux Antilles deux autres espces d'Hydrocotile, dont les vertus ne sont point prou- ves j je me contenterai de les indiquer ici: 1. Hydrocotile pi. Hydrocotile spicata. ( Commune Saint-Domingue. Cuba. ) 2. Hydrocotile droite. Hydrocotile erecta. (Jamaque.) Explication de la planche trente-neuvime. * V A -VI X\ V^V%^^A^W\ W% Z>a plante est rduite ci moiti de grandeur naturelle \ ( 188 ) DRYMIS AROMATIQUE. Vulg, EcORCE DE WlNTER. ( Stomachique anti - scorbutique. ) Synonymie. Ecorce de Caryocostin. Drymis Winteri \ L. F. Drymis pedunculis aggregatis, terminalibus, pis- tillis quatuor, L. F. , suppl. 269. Drymis Forsteru Mutis. Peryclimenum rectum , foliis laurinis, cortice aromatico acri. Sloan. Act. Angl. Laurit'olia magel- lanica cortice acri. Bauli. , Pin. 46 . Cortex Winte* ranus. Clus. , eyot. y5. Boigne cinnamomifera eliva fructu. S'oan. Feuil. observ. y vol. 3, p. 10 , tab. 6 y iam. des Anones. Juss. , Lamark... Carractres gnriques. Calice infrieur mono- piille trois divisions. Six douze ptales ouverts , tamines nombreuses anthres didymes et paissies au sommet. Quatre huit ovaires ovodes y point de style. Stigmate unique applati. Quatre huit baies sessiles unil oculaires ? contenant chacune quatre se- mences. Caractres particuliers. Corolle six ptales, tamines indfinis. Quatre ovaires sessiles. Stigmate pais situ sur le ct. Histoire naturelle. On a pendant long-temps confondu le Drymis aromatique avec la winterane , canelle blanche. Mais des caractres distinctifs et bien tranchs ne permettent plus de s'y mprendre , en confrontant les diverses parties de la plante. Le Drymis, nomm winterane par Clusius , devait son nom au capitaine Whiter 5 dont il consacrait le PI. 40. 77i-'at/arc /)i-jwirr/i7x. Pm.r (rairt/'Z jVu/p DRYMIS AHOMATITIE ( i8 9 souvenir, et qui e premier, le dcouvrit en 1579, au dtroit de Magellan d'o il l'apporta en Angleterre. L'lude de cet arbre curieux et intressant a depuis fix l'attention des Banks , des Forster , Fothergill et autres clbres mdecins botanistes. Caractres physiques. L'arbre connu sous le nom de Drymis aromatique est d^une assez haute stature, d'un feuillage toujours vert, et se plat particulire- ment dans les lieux bas que le soleil claire. Son corce, connue dans le commerce, sous le nom de Caryocostin s'y prsente sons forme de fragmens rouls ouapplatis, pais et spongieux , lisses , d'un jaune canelle au-dedans, et d'un gris de cendre l'extrieur: cette dernire surface est ineale et rabo- teuse, ou, plutt, couverte de stries vermiculaires longitudinales, et de saillies transversales et rgulires distantes. Les feuilles sont nombreuses, parses, quelquefois alternes sur les jeunes rameaux, ovales lancoles 9 trs entires et ayant de grands rapports avec celles du laurier. Les fleurs viennent l'extrmit des rameaux. Les pdoncules y naissent plusieurs ensemble en faisceau y chacun porte une seule fleur dont la corolle offre sij ptales d'un blanc pur, souvent teint de pourpre. Les tamines ont leurs filets paissis l'extrmit ? et des anthres didymes extrmit offrant la ru- nion des deux lobes qui les composent 5 elles sont nombreuses et jaunes. A la chute de la corolle succde un fruit compos de quatre ovaires sessiles, qui dans leur parfait dve- ( J 9 ) loppcment , forment quatre baies ovodes, bruntres j poinlilles au sommet; et un peu sur le ct , o l'on aperoit l'insertion du stigmate qui y parat comme un point enfonc. Chaque Laie contient dans une seule loge quatre semences ovodes noires et luisantes. Analyse chymique. Le Drymis aromatique se trou- vant assez communment St.-Domingue, j'ai eu occasion d'en soumettre la distillation, et j'ai obtenu une eau aromatique , surmonte d'une trs-petite quantit d'huile essentielle , d'une odeur trs-suave et trs-pentrante. Proprits mdicinales. Le docteur Alibert nous confirme que dans Je vaisseau du capitaine "Winter^' et plus tard en 1600, lorsque la flotte commande par l'amiral Van-N.oort revint du dtroit de Magellan, on eut souvent recours cette corce pour assaisonner les mets et combattre les ravages du scorbut. S'il m'est permis de citer ma propre exprience, j'accor- derai les plus grands loges ses proprits, dans l'emploi que j'en ai fait au milieu des- hpitaux de St. -Marc et du Port-au-Prince ( le St.-Domingne ),' Une poigne de cresson de Savannes, un gros d'corce de Drymis et une orange sure par pinte d'eau, procu- raient aux scorbutiques une tisanne salutaire dont ils prouvaient les meilleurs effets. Quelques gouttes de son huile essentielle dans une limonade, composaient une boisson encore plus agrable. Enfin cette corce convient dans tous les cas oui 'ou doit recourir aux substances aromatiques. ( 1 9 1 ) Les habitans du dtroit de Magellan, dit Valmont- Bomare, sont toujours munis de cette cOrce sans pareille, dont ils font usage comme antidote lorsqu'il ont mang de la chair du lion marin , qu'on regarde comme vnneuse. Suivant Geoffroy elle est aussi sudorifique et employe avec succs dans la paralysie et les catharres. Proprits particulires. Cette corce, essentiel- lement aromatique, a le parfum des clous de giroffle, et la dgustation offre une saveur acre et piquante qui se rapproche de celle du poivre. On la confit dans la verdeur, et elle sert alors de condiment dans les ragots. En Europe , o elle est fort rare , des droguistes peu assortis la remplacent ou la sophistiquent avec l'corce du winterania , canelle blanche. Mode d'administration. La dose de l'corce de Drymis en poudre, est de deux grammes (ou demi- gros) en substance, ou malaxe avec le miel, sous forme d'lectuaire. Celle de l'huile essentielle, de 3 8 gouttes sur un morceau de sucre , ou dans un vhicule appropri la nature de la maladie. Les fleurs s'ordonnent par pince dans une livre d'eau bouillante. ( l 9 a ) Explication de la planche Quarantime <*/V'WWVw\ i 'V\ %/v/WX i. Ovaire surmont des tainines. 2. Ovaires vus la loupe. 3. Ovaire coup transversalement* 4. Ecorce du Dry mis. //. ./. J'cdore IKsfCOwt. /Vuw /'.r/>//<>/ \fc*tfp*frf. mESSON DE SAFAN*: COMMUN. ( 193 ) CRESSON DE SATANE COMMUN. (Stomachique Anti-Scorbutique. ) Synonymie Lepidiumiberis, Lin. tetradynamie siliculeuse. > Conysalinarise folio, Poupe Desportes. Tournefort, clas. V _, Crucifres , sect. II. Jussieu , famille des Crucifres. Caractres gnriques. Silicule margine; cordi- forme, polysperme , valvules carnes, contraires. Caractres particuliers. Fleurs diandriques , qua- tre ptales ; feuilles infrieures lancoles dentes en scie , les suprieures linaires trs -entires. ( Ann. Jolycl. ) Histoire naturelle. Le cresson de savane com- mun crot aux Antilles., sur le bord des eaux, dans les savanes humides , et y sert de pture aux canards de . toute espce dont on trouve une norme quantit ; toute la plante a une forte odeur de cresson et en a les proprits. Caractres physiques. La racine du cresson de savane commun est pivotante , rameuse , sous- ligneuse. La tige est cylindrique , roide , droite , de la hau- teur de deux pieds environ , rameuse sa partie su^ prieure. 11 e Livraison. 16 \ ( '94 ) Les feuilles radicales sont spatules , dnies dans lOUt leur contour , quelquefois en lyre : les ieulles de latine sont linaires, et les unes et les autres sont glabres. Les fleurs sont jauntres , quelquefois d'un blanc pur : la corolle est compose de quatre ptales disposs en croix ; elles sont places en grappes droites et ter- minales. Les fleurs , a leur chute , sont remplaces par des silicules courtes , ovales , divises dans leur longueur , et s'ouvrant de haut en bas. Les valves , carnes sur le dos , contiennent plusieurs semences , ovales et trs- menues. Ces siiicules , d'abord d'un vert glauque , de- viennent, par suite , jaune paille, et enfin rougetres. Analyse chimique. Le cresson de savane donne 5 l'analyse , ainsi que toutes les autres crucifres , de l'ammoniaque , et une huile volatile. Sa racine offre les mmes rsultats, mais un plus haut degr. Cin- quante livres ont donn , a la presse , un suc , lequel trait au bain marie , a fourni huit livres deux onces d'extrait. Proprits mdicinales. Le cresson de savane com- mun est gnralement employ , aux Antilles , dans l'hydropisie et les affections scorbutiques compliques d'anmie; dans les catharres pulmonaires muqueux ; dans les nphrites, dans les affections de la vessie, celles scrophuleuses , cutanes ; 'dans les engorgemens des viscres, et la phthisie pulmonaire. On l'estime lithontriptique; mais on sait quoi s'en tenir sur celte prtendue vertu. ( 19^ ) La racine est incisive , diurtique , vermifuge , et surtout stimulante et anti-scorbutique. Mode d'administration. La racine de celte plan le est d'une saveur acre , si brlante et si piquante , qu'on ne peut l'employer en nature , mais la dose d'une once ou deux pour un litre de liquide , aqueux ou vineux. La proprit du bouillon fait avec la tortue , le cres- son et les crevisses , est tellement apprcie , qu'on l'offre dans les Cafs publics , o les marins, affects du scorbut , se prsentent en foule , pour en rclamer les bons effets. L'extrme volatilit de ce cresson :ie per- met pas de l'emnloyer en dcoction ; mais on en donne le suc exprim , la dose de trois a quatre onces. Alors , il purge doucement. Le vin et l'aikool sont choisis pour en extraire les principes volatils et mdicamen- teux. La dose de l'extrait du suc exprim , est de 12 grains un demi-gros. La teinture akoolique de ce cresson tant trop pn- trante , on ne l'emploie qu'en gargarisme , ou contre les ulcres de la bouche , encore est- on oblig d'- mousser sa trop grande force , par le moyen du miel. Le lait prpar avec le cresson de savane est re- command dans les affections cutanes , dans les em- barras des reins et de la vessie , dans la phthisie et les maladies chroniques du poumon. On fait un petit lait avec le cresson de savane. Cette prparation est trs-estime , et employe avec avan- tage par Poupe Desportes , est purifiante et apritive. Il se prpare ainsi : Prenez cresson, une poigne; faites infuser une demi-heure, dans petit lai , une pinte; exprimez l'infusion. ( Jf96 ) La racine du cresson de savane , employe comme masticatoire, excite la salivation. La racine rpe, malaxe avec du vinaigre, procure un cataplasme r- vulsif, qui remplace celui de moutarde , dans les affec- tions rhumatismales, les fivres ataxiques , etc. L'infusion de celle plante , laquelle on ajoute du quinquina , se prescrit avec succs , avant le frisson des fivres intermittentes. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUARANTE-UNIEME. La fiante est de grandeur naturelle; on a feint un petit individu* Fig. i. Feuilles radicales au trait } racines colores. 2. Fleur grossie. 3. Semence de grosseur naturelle. /'/, jJwodtre fl^'ont/r/tAJ'r'n-v . rHSSO'^ DK HAVANE PETIT. ( T 97 ) ^v.vA.^vv\^AA\A.^v^^AAvvv^A^v^.^v^^^iV^vv^vv^^A.^vv^vv^-v^^^.^^^A.^\v^^^.^^A1V^.^vv^^^^^.^^v^. , '^.'W CRESSON DE SAVANE PETIT. ( Stomachique Anti-Scorbutique. ) Synonymie. Thlaspi nasturtii sapore. Poupe-Desportes. T. Iberis humiliorde Sloane. Passerage, Lepidium iberis, Lin. tetradyn. siliculeuse. Tournefort, cl. 5 Crucifres, sect. 2. Jussieu , famille des Crucifres. Caractres gnriques. Silicue margine , cordi- forme , polysperme , valvules carnes contraires. Caractres particuliers. Fleurs diandriques , quatre ptales crucis; feuilles radicales , ou inf- rieures , ailes avec impaire a neuf folioles ovales , oblongues , quelquefois entremles de folioles beau- coup plus petites. Les suprieures , sessiles , en fer de lance et crneles. Histoire naturelle. Le cresson de savane petit habite les mmes parages que le grand , dont il a les proprits. Caractres physiques. Sa racine pivotante est trs- peu fibreuse; elle pousse une tige cylindrique , glabre, haute de douze quinze pouces , rameuse dans la partie suprieure. Les feuilles sont d'un vert glauque ; les radicales sont ailes , avec impaire , le plus souvent composes de neuf folioles , qui alternent quelquefois avec d'autres 16. ( '9 ) beaucoup plus petites. Les feuilles qui garnissent la lige et les rameaux sont en fer de lance , crneles dans leur contour , et portes sur un ptiole rudi- men taire. Les fleurs sont blanches , petites , disposes en grappes h l'extrmit de la tige et des rameaux. L'ovaire , aprs la floraison , se transforme en une silicule courte ovale, comprime, cordiforme, garnie d'un rebord, et divise en deux loges qui s'ouvrent par le sommet , en sens contraire de la carne dorsale des valves , et qui renferment chacune une seule graine. Analyse chimique. Ce cresson offrant, l'analyse, les mmes rsultats que ceux du prcdent, noits nous contenterons d'y renvoyer le lecteur. Proprits mdicinales et mode d'administration. Les vertus de cette plante tant galement appliques dans les mmes circonstances que celles o le cresson prcdent procure tant d'avantages , il est inutile de nous rpter. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUARANTE-DEUXIEME. La plante est reprsente de grandeur naturelle* i. Feuille radicale au trait. '2. Fleur grossie. 3. Graine de grosseur naturelle. P/.4 J /t **;/*>/** ^'4<"ivv//'///;/'///./' . r/>/ve/ Jl'ft//r rAJKBLa-: DE SAINT-DOMAN'GIJI u ( 99 ) lW*tW\VV*rt^**MlW< vw v*** w* wwvw^-v^ w% CAKIL DE SAINT-DOMINGUE. ( Stomachique Anti-Scorbutique. ) Synonymie. Bunias Cakil, Lin. Tetradynamiesiliqueuse.-!- Erucago Cakil, Tourn. clas. V. Crucifres, sect. 7. Jussieu, famille des Crucifres. Cakil est un nom arabe. Caractres gnriques. Silique pulpeuse, caduque, quatre angles ingaux , aigus; murique. Caractres particuliers. Siliques ovales lancoles , lisses , composes de quatre pices articules les unes avec les autres. Histoire naturelle. Le Cakil se plat sur le bord des ruisseaux, ou dans les lieux aquatiques, ainsi que la plupart des crucifres. Il y vgte humblement comme elles , sans avoir redouter que l'clat de ses fleurs lui attire la main capricieuse des curieux qui ne lui trouvent rien de remarquable. Mais la nature a d- dommag le cakil de son ensemble peu brillant, en le douant de proprits anti-scorbutiques stimulantes , qu'il possde un liaut degr. Caractres physiques. Les tiges du cakil sont cy- lindriques, peu rameuses, rarement droites , mais le plus souvent irrgulirement llchies. Ses feuilles sont lancoles, plus troites la base ^ ( ?<)() ) obtuses nu sommet ; grossirement dentes ; d'un vert terne suprieurement , glauque infrieurement ; me- sure cpjc la lige prend de l'accroissement , les anciennes feuilles jaunissent. Les fleurs sont blanches, fouettes de jaune citrin trf-pale , disposes en grappes , peu garnies au som- met de la tige. La corolle est compose de quatre ptales crucis; leur sommet est large , et leur base termine par un long onglet. Les lamines offrent des filets d'un vert tendre , surmontes d'anthres sagitles, jaunes. Elles sont au nombre de six , dont quatre plus grandes. Le fruit est une silique compose de deux valves alonges , qui s'articulent infrieurement avec deux autres valves qui forment le tiers de la longueur du fruit. Elle contient plusieurs semences allonges , ob- tuses aux deux extrmits, et garnies de stries en spi- rale. Ces semences sont d'une couleur rougelre terne. Analyse chimique. Le cakil se fait remarquer par une saveur piquante et amre , il donne l'analyse , de l'ammoniaque et une huile volatile , qui d'ailleurs exis- tent en assez grande quantit dans toutes les crucifres. Proprits mdicinales. Toutes les prparations de cette niante conviennent dans certaines modifica- tions du scorbut ; dans l'hydropisie , dans les obstruc- tions du foie, et des glandes msentriques; dans tous les cas enfin o les anti-scorbutiques sont indiqus. Mode d'administration. La racine du cakil, infu- se dans le vin blanc , se donne la dose de deux onces par pinte de liquide; le suc de ses tiges, celle de ( 201 ) deur onces. Les jeunes bourgeons en dcoction , ou mangs en salade , sont trs-utiles aux scorbutiques. On obtient, par la distillation, l'esprit de cakil , qui peut remplacer celui de cochlaria , et se prescrit depuis vingt jusqu' trente-six gouttes , dans une verre de son infusion. Sa prparation la plus efficace se fait en combinant la plante pile dans du vesou, ou jus de canne sucre., qu'on a laiss fermenter, et qu'on soumet ensuite la distillation; ce mme esprit est encore plus pntrant, en ajoutant au vesou moiti de Tafia. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUARANTE-TROISIEME. La plante est rduite moiti de grandeur naturelle. i. Parties sexuelles, de grandeur naturelle; une foliole du calice et un ptale , pour tudier leurs rapports, 2. Silique de grandeur naturelle. 3. Gaaine. ( 202 ) % v -v VW- i x x . 4 k**x'W'V^.V^'V.-v^v'%%V^< WtWvv\V\VXWtV\l CLEOME TRYPIIILLE. Fulg. Kaa a trois feuilles. (Stomachique Anti- Scorbutique.) Synonymie. Sinapistrum d'Amrique, ligneux Tryphille odeur de cresson alnois, Plum. Sinapistrum frutescens, Triphillum nasturtiisapore. Idem S. Polygama^Lin. T- tradynamiesiliqueuse. Sinapistrum, Tourneibrt, cl. V , Crucifres, sect. Y. S. Juss. , famille des Crucifres. Caractres gnriques. Trois glandes nectarifres , chacune chaque sinus du calice , except le dernier; ptales, tous montant; silique porte sur un pdicelle uni-loculaire, deux valves; semences rniform.^s ; un placenta. Caractres particuliers. Fleurs suprieures t- Irandiques mles ; feuilles ternies ; follioes presque sessiles , comme aiguillonnes sur les bords; tige sous- ligneuse. Histoire naturelle. Le Come d'Amrique diffre des plantes anti-scorbutiques prcdentes par son port plus lev, par sa tige sous -ligneuse, enfin, par ses lemlies trifides et plioles. Il se plat nanmoins, comme elles, dans les ter- rains bas cl humides , sur le bord des ruisseaux, comme s'il semblait choisir ce lieu pour indiquer une pro- prit que confirme sa saveur , qui est semblable F/.A y/t<\*aorc Jfe*i*eottrfy'ci. 7*in.r . aSrief Sc?f/{> CLEOME2 TMYFiaiLI.E ( 203 ) celle du cresson d'Europe. Les ngres remploient comme condiment. Caractres physiques. La racine du clome try- phille est pivotante , munie de fibres latrales , longues et menues. Elle donne naissance une tige cylindrique, qui se subdivise au sommet en rameaux alternes. L'- corce de la tige est d'un vert cendr. Les feuilles sont alternes , composes de trois fol- lioles ovales, pointues , lancoles, finement dentes sur les bords , ptioles partiels , trs-courts; mais ptiole commun , de la longueur des folliolcs. Elles sont d'un beau vert en dessus, glauque en dessous; garnies d'un grand nombre de nervures obliques , extrmit rflchie vers la cte moyenne. Les fleurs, qui paraissent en juin , sont disposes al- ternativement en grappes terminales; elles sont jaunes , cruciformes , trs petites ; leur calice est vert, et a quatre feuilles. Il leur succde des siliques longues et troites , portes sur un pdicelle ; elles sont uniloculaires , contenant beaucoup de semences rniibrmes , spares par un placenta transparent, de la longueur de la slique. Analyse chimique. On retire de l'eau distille et ammoniacale du clome; plus une huile volatile et p- ntrante qui, prouve par la langue, y imprime une causticit remarquable. PaoPRiTs mdicinales. Indpendamment de ses vertus anti-scorbutiques, le clome est stimulant, in- cisif et diurtique : son corce rpe , et applique l'extrieur, agit comme rubfiant; tandis que le suc ( ao4 ) do louic la plante , dulcor avec le sirop do batterie j convient dans l'asthme humide, et dans les maladies des reins cl de la vessie, qui ont pour cause l'altra- tion des membranes muqueuses , et la prsence de la gravclle. Mode d'administration. On fait , aux Antilles , avec toutes les parties de la plante, un vin et un sirop anti- scorbutique, qui ne le cdent en rien aux prpara- tions de ce genre , qu'on excute en Europe avec le cresson , le raifort et le cochlaria. i Nota. On trouve encore aux Antilles le Clomc procumbens de Saint-Domingue et de Cuba, fleurs hxandriquea , feuilles simples lancoles, petioles, tiges renverses , qui, assure-t-on, jouit des mmes proprits que le prcdent. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUARANTE-QUATIUE3IE. La plante est reprsente au tiers de grandeur naturelle. i . Silique ouverte, a. Graine. ( ao5 ) TOME PREMIER. CLASSE PREMIRE. Des plantes propres remdier aux accidens dus la pr- sence des vers dans l'estomac ou le canal intestinal , soit qu'elles agissent directement sur eux, ou secondairement en provoquant une contraction violente et leur expulsion, puis la rectification des digestions. 4 Stomachiques Anti-Helmintiq ues. SOMMAIRE. D'aprs la forme cylindrique, ou plate, ou vsicu- euse des vers qui portent le trouble et l'agitation dans notre conomie s on peut rduire trois classes leur division mthodique; savoir: i les ascarides et les lombrics; 2 les tnia et les fascioles; 5 les hjdatides et les bicornes. Les vers dterminant , par leur prsence dans le le corps humain, une foule de maladies varies, dont ils sont la suite naturelle, ou plutt la consquence, avec quel empressement ne doit-on pas accueillir les moyens de dtruire ces ennemis acharns , qui causent sans cesse des dsordres par les lsions profondes qu'ils impriment aux voies digestives ? On doit avoir pour but dans le traitement des af- fections vermineuses, de rectifier les digestions, en vacuant de l'estomac et des intestins , les matires muqueuses qui les rendent languissantes , et y servent au dveloppement et l'entretien des vers. Dans la premire vue , on emploie les mtiques et 12* Livraison. 17 ( 206 ) les purgatifs, auxquels on fait succder les vermifuges , ou anthelmintiques proprement dits , comme dous d'une proprit particulire, dllcre pour les ani- maux et prouve lellepar l'engourdissement puis la mort que ces mdicamens procurent des vers rendus vi- vans, mais qui soumis l'influence des vrais anli-hel- minliqucs , prissent de suite : on termine la cure par les amers. Dans l'action des purgatifs , la contraction pristal- lique est telle, que les vers froisss se dtachent et sont entrans en partie par les djections. L'emploi immdiat des anthelmintiques doit frapper de mort ceux qui ont rsist aux purgatifs. Parmi ces mdicamens qui agissent directement sur les vers , on peut mettre au permier rang, les huiles, qui, en bouchant les traches de ces animaux, les font prir en les privant de la respiration. Viennent ensuite les anthelmintiques qui dcompo- sent leur tissu , tels que le mercure et ses prparations ; et parmi les vgtaux, l'hroqae cvadille , dont le dessin n'est pas encore connu, quoiqu'on fasse jour- nellement usage dosa poudre, qui runit les qualits purgatives , anthelmintiques et amres ,* mais qu'on ne doit prescrire qu' une faible dose , et avec la plus grande prudence. On trouve dans cette classe beaucoup d'individus qu'on peut lui substituer avec autant d'a- vantages , et moins de dangers. On termine le traitement par un usage prolong des amers , qui s'opposent la formation des mucosits si favorables au dveloppement des germes. Les vers dj forms ne trouvant plus se nourrir, et se sous- traire l'action des amers , prissent , et les malades les rendent dcomposs ou desschs. Thodore PfffottrhlK P/'/i.v ofcrieZ Jculi* ( 207 ) ANGUINE AMRE. ( Stomachique Anti-Helmintique. ) Synonymie. Coloquinte fruit oblong, Colocynthis flore albo fimbriato, fructu oblongo , Plum.,tom. 2, pag. 35. Amer. 86, tom. 101 ; Raj. , suppl. 332. Trichosantes pomis turbinato-ovatis. Lin. Anguine trichosantes amara. Lin. monocie syngenesie. Tournefort, classe I re , cam- paniformes, sect. VII, Jussieu, famille des Gucurbi- taces, Caca-Palamo , Mal. Swalew Appel, Belg. Fruitte quisonte, Portug. Caractres cxk*]iOTit* r Mle, calice cinq dents, corolle en cinq parties; trois filets : femelle, calice cinq dents; corolle en cinq parties, cilie ( type du genre); pistil trifide; semences de la pomme aigu. Caractres particuliers. Feuilles triangulaires , sinues, rudes au toucher; fleurs blanches, franges; fruits turbines, ovales , oblongs. Histoire naturelle. L'anguine amre se plat aux Antilles , sous les votes silencieuses des forts , o. sa fleur frange s'panouit en dcembre; et son fruit arrive sa perfection en avril. Embrassant troitement les branches des arbres qui lui servent d'appui, ses tiges sarmenteusesse contournent avec lgance et sup- portent quantit de fruits que l'air balance mollement. Caractres physiques. Cette plante fournit des tiges menues , anguleuses , vertes , glabres , o sont dispo- ses , des distances peu loignes les unes des autres , des feuilles petites, triangulaires, sinues, alternes, J 7- ( 208 ) rudes au toucher, vertes, tachetes de points gris- tres , et soutenues par un ptiole de la longueur de la feuille. Les tiges sont pourvues de vrilles simples , opposes aux feuilles. Les fleurs sont grandes, d'un blanc de neige , teint de violet ple , sur quelques individus. La corolle pr- sente cinq divisions , dont la forme est ovale-obtuse. Le contour de chacun de ses ptales est garni d'une frange compose d'une multitude de fdets capillaires, peu distans, assez longs, et del couleur de la corolle. L'inflorescence a lieu en juillet. Les fruits sont turbines et ont beaucoup de rapports avec ceux du la mlongne ; ils sont longs de quatre six pouces, sur deux de largeur, d'un vert tendre tranch par des raies longitudinales jauntres. Ces fruits sont diviss l'intrieur, en neuf loges conte- nant quantit de semences oblongues et un peu troites , termines aux deux bouts par une pointe. La pulpe du fruit est blanche et extrmement amre. Analyse chimique. L'anguine amre contient une gomme rsine, plus une huile trs -acre, doue de toutes les proprits de celles du strychnos 9 et pro- pre, comme elle, agacer les nerfs et les irriter violemment. Proprits mdicinales. L'anguine amre, en rai- son de ses principes gommo-rsineux , offre un mdi- cament hroque , dont il faut user avec la plus grande rserve; son abus peut causer les plus grands dsordres dans l'appareil des fonctions digestives , o son mode particulier agit sur le systme nerveux, qu'elle branle et distend douloureusement > tandis qu'elle cause des ( 20 9 ) rosions aux membranes muqueuses avec lesquelles elle est en contact , si l'on n'a pas le soin d'encha- ner , d'mousser sa vertu corrosive, au moyen des mucilagineux. Les ngres, qui ne doutent de rien , l'emploient dans leur mdication, pour purger abondamment, dans les cas d'atonie, d'hydropisie , d'apoplexie, et de carus Mais , je le rple, je n'ai jamais os l'administrer,, qu' trs -petites doses , dans les affections vermineuses, surtout dans celles o l'on reconnat la prsence du tnia. L'huile de l'anguine amre est si caustique, que j'ai vu son application sur un ulcre , produire , chez un ngre , une affection ttanique, et des convulsions que j'ai eu beaucoup de peine rprimer. Mode d'administration. On ne peut prescrire l'ex- trait de cette plante, que depuis deux grains jusqu' six. On applique sur le bas-ventre le marc de sa pulpe- crase , dans les affections vermineuses , et on en fait entrer quelquefois dans les dcoctions destines com- poser les clystres anthelmintique. Poupe-Desportes ordonnait deux gros de pulpe d'anguine > une once de celle de casse , quatre gros d'huile d'ooli et trente gouttes de laudanum, par pinte d'eau de mer , pour les lavemens qu'on prescrit dans la colique du Poitou. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUARANTE-CINQUIME. Le dessin de La plante est excut de demi-grandeur naturelle. Fig. i. Fruit coup transversalement, ( 210 ) AZDARACH BIPINN. Vldg. LILAS DES INDES. ( Stomachique Antl-TIclmintlque. ) Synonymie. Melia azdarach, foliis bipinnalis , Lin., cl. X , dcandrie monogynie. Jiissieu , classe XIII , ordre II , mliaccs. Tournefort, classe XXI, arbres rosacs. Arbor Fraxini folio flore caeruleo , Bauh. , T/fetJ, lib. II, sect. IV. En franais, azdarach, lilas des Indes, mar- gousier, faux sycomore, arbre saint, arbre chapelet; azdarach bipinn , Lamarck. En espagnol , azdarach , cinamomo , ortega. Lii angiaa^o/icclarach , bead-tre , false sycamore, ( Flore du Dict. d* se. med. ) Aaria- bapou, en malabarois. Amargoseira, en portugais (X). Caractres gnriques. Calice cinq divisions, corolle pentaptale; tamines , cinq ou dix filets runis en cylindre ; un style , une baie ou une capsule. Caractres particuliers. Calice cinq dents; corolle cinq ptales ouverts; dix tamines, dont les filets runis en cylindre supportent autant d'anthres, et environnent un style; drupe sphrique, jaune; noix sillonne de cinq cannelures , et dont l'intrieur est divis en cinq loges monospermes. Histoire naturelle. lgant dans son port, l'az- darach , originaire des Indes orientales, et parfaite- ment acclimat aux Antilles , y balance avec grce , au moindre vent, ses panicules dlies, charges de //. Jo. j nodere -Awvw/jrZr JPm*e Ga&rrf i (cif&- AZEDARACIf BIP1NN fleurs ou de baies dores : il y marie l'air de l'atmosphre ses suaves manations , comparables celles du lilas de France , dont il reproduit ainsi la couleur tendre et le parfum. C'est pour propager ce bel arbre, qu'aux Antilles, et dans tous les pays o il se plat , on en fait planter devant beaucoup de mai- sons , dans l'espoir de respirer le soir , sous son om- brage, l'air aromatique qui s'en dgage en quantit cette poque paisible de la journe. On y entend sou- vent, au milieu de la nuit, l'amant dire sa belle : Je te revois sous le dais de verdure Que forment les lilas aux panaches fleuris. ( BaHezi.-) Cependant , comm *or n'cat parfut dans la nature, cet arbre, qui veille et charme la plupart des sens, recle, dans ses baies, une proprit dltre pour certains animaux, tandis que pour d'autres , elles n'of- frent qu'un aliment sans danger. Les ramiers , par exemple , se repaissent avec avidit des baies de l'az- darach , et leur chair n'en contracte aucune qualit malfaisante. Ces baies contiennent une huile concrte, dont on fait des bougies , en Perse et en Syrie , tandis qu'en Espagne et en Portugal, ses noyaux trs-durs, con- vertis en chapelets, exercent la pit des fidles de ces beaux climats. Cette huile sert aussi en peinture. Caractres physiques. L'azdarach s'lve, au-del du tropique, la hauteur de soixante pieds. Le tronc est droit, surmont dbranches irrgulires, dontl'- corce est, ainsi que celle du corps, verte et lisse. Les feuilles alternes , sont runies par touffes l'ex- trmit des rameaux; elles sont deux fois ailes, ( 2I2 ) folioles larges, ovales, pointues, dnies, glabres, souvent ineises ou lobes, un peu luisantes cl d'un vert agrable , quelquefois vari de teintes diffrentes. Les fleurs naissent au sommet des branches, en danicules droites, moins longues que les feuilles. Les ptales, au nombre de cinq, sont obtus, assez allon- gs , d'un violet trs-tendre , ou d'un blanc blculre. Le tube, form par la runion des filets des la- mines , d'une couleur plus fonce, contraste agra - Llement par son violet pourpre , avec la lgre teinte des ptales. Le fruit est une noix globuleuse, charnue, de la grosseur d'nno pp il* r>pri^> , rneonvprt.e, d'un brou assez pais qui, d'abord vert, jaunit en mrissant. Elle contient un noyau obrond, marqu de cinq sil- lons, et divis, l'intrieur, en cinq loges, qui ren- ferment chacune une graine oblongue. Analyse chimique. Je ne puis donner aucun ren- seignement cet gard , une partie de mes manuscrits ayant t dvore par les flammes. Proprits dltres. Parce que, sous un ciel tempr , on aura fait manger des animaux des baies d'azdarach , sans qu'ils en aient parus incommods , il n'en faut pas conclure qu'elles n'agissent pas comme substance vnneuse sous la zone torride : des exp- riences , trop nombreuses , ont constat les vertus toxiques de la pulpe des baies de l'azdarach. Prises fraches , et au nombre de six a huit , elles excitent des nauses, des convulsions, des grincemens de dents, et le rire sardonien. Bientt le corps se couvre d'une (i3 ) sueur froide; une soif ardente consume le malade, qu'une propension au sommeil ne peut appaiser ; les vomissemens et les vacuations alvines, excessives, annoncent l'impression funeste de ce poison vgtal sur les viscres; et si l'on n'administre promptement des secours , la malheureuse victime prit au milieu des tourmens. On remdie cet empoisonnement , par des boissons sucres; et, au milieu du trouble alarmant qui l'ac- compagne, une limonade, donne grandes doses, peut encore conserver la vie. Proprits mdicinales. En loignant ce tableau dsesprant des effets funestes du fruit de l'azdarach, nous dirons, l'avantage de cet arbre , que ses fruits, son corce, son suc, ses racines jouissent d'une cer- taine rputation comme vermifuges; la pulpe des baies sert composer un onguent qu'on emploie avec avan- tage dans les affections cutanes. Les fleurs et les feuilles sont estimes aprilives, anodines , et emmnagogues, mais je ne puis rien affirmer cet gard. Des bains de la dcoction des feuilles favorisent les ruptions et cal- ment les douleurs articulaires. Les feuilles sches et pulvrises, jointes l'huile des fruits, forment un onguent contre les convulsions, spasmes, et douleurs nerveuses. Mode d'administration. L'corce et les racines se donnent en dcoction , la dose de huit grammes ( deux gros ) , par chopine d'eau. Sa pulpe et son suc, a celle de quatre huit grammes, selon l'ge. On administre , trois heures aprs, l'huile de ricin, pour expulser les vers morts. ( 2.4 ) Nota. Il existe aux Antilles une autre espce d'azdarach, transport des Indes : c'est l'azdaracli toujours verd, mlia semper virens. Il s'lve la hauteur de trente pieds , et porte des fruits olivaires , passant, l'poque de leur maturit , d'une teinte jaune la couleur purpurine. L'huile qu'on en retire est estime vulnraire. EXPLICATION DE LA PLANCIIE QUARANTE-SIXIEME. Uazdarach est reprsente de grandeur naturelle, Fig. i . Fruit en maturit parfaite. Nota. Mon dessin de l'azdarach ayant t la proie de l'incendie du cap ( le St.-Domingue ) , o je me trouvais , j'ai cru ne pas de- voir choisir de plus parfait modle que celui de M. Turpin, d'aprs lequel j'ai fait copier celui-ci qui rend la nature mme pare de toutes ses grces. SY.4 TTuodort J'm.r , PAPAYER COMMUN (41$) *.*.%*% w%* w^^v^w* *VWWV**W*VM*^W^W**Ml****VWV** PAPAYER COMMUN. ( Stomachique Antl-Helmintique ) Synonymie. Papay a vulgaris ; papaya foliorum lobis sinuatis , Lin., diaecie decandrie. Carica papaya Brown Jam. 36o. Arbor platani folio etc. Bauh. pin. i3k Papaya fructu maximo melonis Effigie, Plum., vol. VII, pag. n5, vel caract. spec, pag. 20 , Ess., pag. 91. Papaya maram., rheed.-malab.,pag. 23,tab. i5,f. 1. Ambapaya rheed.- malab. , pag. i\ } tab. i5, fig. 3. Papaye Boom. Valent., pag. 169. Arbor melonifera, Bout. 96. Pino-guara., pis. 159. Carica seu papaya, digitatis foliis , floribus suaveolentibus _, melonis fructu. Pino - guam. , hort. malab. Abapaye , en Carabe. Aleul, all , en Carabe^ petite papaye. Caractres gnriques. Fleurs mles : calice trs- petit, corolle en entonnoir; tube trs-long, grle; limbe cinq divisions contournes en spirale; dix exa- mines au sommet du tube F leurs femelles : calice trs-petit; corolle cinq p- tales trs-longs , rflchis; un style trs -court; cinq stigmates; baie sillonne; une loge; graines nombreuses. Caractres particuliers. Bois de l'arbre , spon- gieux , laissant transuder un suc laiteux-glutineux ; tronc hriss par les vestiges des feuilles prcdentes, qui sont comme circulaires; les feuilles ptioles, et nombreuses au sommet de la tige; entremles de fleurs; les mles portes sur de longues grappes pen- dantes; les femelles , en petit nombre , sur un pdicule court, pais et pendant. On rencontre souvent des fleurs hermaphrodites sur les arbres mles , ou femelles : ( "6 ) les feuilles des mles sont moins grandes que celles tics femelles. Histoire NATURELLE. Cet arbre curieux du nouveau Monde, le papayer (i) dont le tronc sans branches, form en colonne, hriss de melons verts, porte uu chapiteau de larges feuilles semblables a celles du figuier , offre , le plus souvent , des fleurs maies et des fleurs femelles sur des individus diffrons. Cet arbre se plat dans des terrains lgers, mais il porte peu de fruits; s'il vgte au milieu d'un sol sabloneux. Le papayer crot promplement , et s'lve, en un an, la hauteur de dix h douze pieds; il donne des fruits presque toute l'anne. Les fruits du papayer , trs-fades, se mangent rare- ment cruels, mais souvent cuits, en compote ou en conserve ; alors on leur associe des aromates et du sucre. Le suc de la pulpe est employ comme cosm- tique pour effacer les taches de la peau, causes par le soleil. Dans quelques colonies, les ngres conomes savonnent leur linge avec les feuilles du papayer. La vgtation de cet arbre est si prompte , qu'une de ses graines mise en terre, offre , au bout de deux ans, un sujet portant fruits; mais sa dure n'est que de quatre cinq ans : pass ce temps , le feuillage se fane, pourrit, et sa chute ne prcde que de peu la mort du tronc. Caractres physiques. La racine du papayer est blanchtre, perpendiculaire, tendre et odorante; sa tige nue , et d'environ un pied de diamtre , s'lve (i) Etudes de la nature , par Bernardin de Saint-Pierre. Paul et Virginie. f ( 217 ) jusqu' vingt pieds; elle est pleine et solide vers la base; tendre et spongieuse au sommet; divise int- rieurement par des cloisons charnues et blanchtres; son corce moyenne est paisse, verdtre , revtue d'une pellicule cendre ; la surface est hrisse de ves- tiges ptiolaires des anciennes feuilles. Les feuilles sont portes sur des pdoncules creux , longs de prs de deux pieds; parses , mais rassem- bles en couronne la cme des arbres , dont elles protgent les fleurs. Elles sont grandes , divises trs- profondment en sept , neuf,, ou onze lobes , dont cha- cun est plus ou moins sinu et incis , surtout dans les pieds mles. Ces feuilles, d'un vert tendre en dessus, sont glauques en dessous. Les fleurs naissent au sommet de la tige , entremles avec les feuilles. Les fleurs mles , portes sur des pdoncules grles , pendans, long? de deux ou trois pieds, sont compo- ses d'un calice monophylle , divis en cinq parties oblongues et d'un vert soyeux. La corolle est monoptale; le tube qui la forme , est long, lgrement courb, divis en six ptales , qui s'tendent jusqu'au tiers de la longueur totale de la fleur; avant l'panouissement, ils sont rouls en spi- rale , les uns sur les autres. Les tamines, au nombre de dix, sont places au centre du tube; elles supportent des anthres oblon- gues et jauntres. Le pistil manque. Les grappes sont formes d'environ soixante de ces fleurs, dont la couleur est d'un blanc teint de citrin; elles exhalent une odeur extrmement suave. Lorsque ces fleurs ont rpandu leur poussire fcon- ( a i8 ) danle, elles se fltrissent, se dtachent de la grappe, et ne laissent aucun fruit. Les fleurs femelles, trs-nombreuses, sont portes sur des pdoncules courts ^ simples , etpendans. La corolle est compose de cinq ptales trs-longs rflchis depuis le milieu de leur longueur: d'un Liane de neige , d'une consistance paisse. L'ovaire occupe le milieu de la corolle; il porte un style termin par cinq stigmates, et devient un fruit qu'on nomme papaye. Ce fruit est suspendu au haut de la lige, prs de l'endroit o les ptioles des feuilles prennent naissance. Ce fruit, dit Valmont-Bomare, a le plus souvent la grosseur et la figure d'un melon; son extrieur est marqu de plusieurs ctes; la pellicule qui le revt , est d'abord d'un vert fonc , il s'claircit, se mlange de jaune, mesure que le fruit avance vers la maturit. Dans ce dernier tat , la papaye est d'un jaune aurore. Ce fruit, creux l'intrieur, ren- ferme une pulpe fongueuse , doucetre , et peu aro- matique; les parois sont tapisses a et l de graines bruntres , noires , oblongues , rides 9 bosseles , enve- loppes sparment dans une membrane transparente; grosses comme des grains de coriandre , et d'un got aigrelet. Analyse chymique. D'aprs l'analyse du suc du pa- payer , faite par M. Vauquelin , dit M. le docteur Alibert, cette substance mise sur des charbons ardens, exhale une odeur de corne brle. Ce suc donne , la distillation, i une huile concrte, colore, trs-dsagrable, et tout--fait semblable l'huile s animale eDippel; 2 du carbonate d'ammoniaque , en quantit; 5 de l'eau, de l'acide carbonique, et de l'hydrogne carbon. Rduite en poudre, elle se ( 2I 9 ) dissout trs-facilement dans l'eau. Si on expose cette dissolution la chaleur , elle se prend en gele , comme le blanc d'oeuf, et se prcipite par l'infusion de noix de galle , par l'acide muriatique oxign , et par tous les acides minraux. Le charbon est compos d'alumine, de magnsie, et de phosphate de chaux. Proprits mdicinales. Toutes les parties du pa- payer offrent des moyens srs administrer dans les maladies vermincuses ; et le succs ne peut tre incer- tain, si on en faitl'applicaion d'aprs les rgles de l'art. Les graines ont un lger got de poivre ; elles sont estimes stomachiques : on les donne quelquefois dans les affections scorbutiques, hystriques et cystiques. Rduites en poudre, et prises intrieurement, pendant plusieurs jours, la dose d'un scrupule, elles font mourir les vers. Mais tel est l'avantage du suc de papayer, employ comme vermifuge , c'est que , d'aprs les expriences ritres de MM. Charpentier et sir Fleming, une seule dose suffit pour tuer tous les vers , quelque grande qu'en soit la quantit. Poupe-Desportes recommande l'usage de la poudre des semences de papayer, la dose de son suc. Mode d'administration. Pour masquer la saveur acre et amre du suc de papayer, on lui associe un poids de lait de vache , ou d'une infusion aromatique , mais non sucre 3 afin de lui conserver toute sa vertu. La dose du suc est , d'un deux gros pour les enfans , et de deux quatre , pour les adultes , dans le trai tement du tnia. On se procure , sur les lieux , le suc laiteux du pa- payer, en incisant ses fruits verts; alors cette subs- ( 120 ) tance, employe sur-le-champ, produit toujours un effet sr, tandis qu'il est incertain en Europe, o on ne peut se le procurer que concret, ou dans un tat d'altration qui le rend peu efficace. On emploie aussi les dcoctions des racines du pa- payer, qui sont galement doues de vertus anlhel- minliques. La dose est d'une once des racines , par livre d'eau, prendre cnqualrefois, une heure de distance. Lorsqu'on ne peut se procurer que du suc de papayer concret, on le fait dissoudre dans de l'eau bouillante , en l'agitant. On fait cas , aux Colonies , d'un lavement vermifuge , compos avec une poigne de feuilles de papayer , une once d'huile de ricin, et suffisante quantit d'eau de mer. Nota. On trouve aux Antilles , une autre espce de pa- payer, appele parles Ngres, papayer sauvage ou pineux. Papaya foliis digitatis , foliis integerrimis caulespinis iner- mibus instructo. . . Caricaspinosa, syst. veget. Gmel. , gen. 1 127. Brwn. , fam. 36o. Aubl. pi. Guy. 2 , p. 908 , tab. 346. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUARANTE-SEPTIEME. Papayer ma le, sur l'avant-scne , il est charg de fleurs. Dans le lointain, on distingue un papayer femelle charg de fruits. Les deux arbres sont rduits environ au 5o* de grandeur. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUARANTE-HUITIME. 1. Portion d'un tronc de papayer femelle, portant fleurs et fruits. 2. Fruit du papayer femelle ouvert. Ces deux figures sontrduites au8e de grandeur naturelle. 3. Grappe pendante de fleurs mles, rduite au quart. /V. AS. Thodore. A:>/tr//A /*//*.* Ga&rieZ, Jcufy M. 4, TheoJarv -flrstvt/rfl/x -/Jwrf' . (rttbrt'ff Jczify> A 3 kS ( 221 ) WV*.V-WVW*< DOLIG A POILS CUISANS. ( Stomachique vermifuge. ) Synonymie. Vulg. Pois Pouilleux ou Pois gratter. Do- lichos pruriens Lin- Diadelphie dcaudrie Doliclios vola- bolis , leguminibus racemosis ; valvulis sub-carinatis , liirtis, pedunculis ternis. Lin. Jacquin. amer. 201 , tab. 122 , et Pict. 99, tab. i88_, mill. Dict. n 3. Pliaseolus hirsutus , virgatus , prurigineus floribus race- mosis magnis atro-purpureis^, et ftidissimis Pum. spec. 8, miss. 2 , tab. 92. Phaseolus utriusque indiae lobis \il- losis pungentibus minor sloan. jam. hist. 1, pag. 37. * Phaseolus americanus; folio molli lanugine obsito , sili- quis pungentibus, semine fusco, punctato. Pluk. tab. 214, fig. 1. INai-corona. rheed. malab. 8 , pag. 6 , tab. 55. Raj. suppl. /|44 Fabas cuseira. Lusit. maagde Krugt. Belg. cacarad. pruritus. rumph. amb. 5 , pag. 393 , tab. i[\i. -T- Strizolobium Brwn. jam. 290. Mantia Kaira des Carabes. Tournefort, class. 10. papillona- ces. Juss. fam. des lguminenses. Caractres gnriques. Calice campaniforme , tendard arrondi; deux callosits sa base; gousse allonge (Dolichos, Aohr/o , long); graines ellipti- ques , comprimes ; un ombilic sur l'un des cts ( Lam. ) Caractres particuliers. Tige volubile , lgumes en grappe; valvules comme carrnes, brisses; p- doncules ternes. Etendard de la corolle, ovale; trois fois plus petit que les autres ptales. j3 Livraison. 18 ( 112 ) Histoire NATURELLE. Malheur au hardi botaniste qui veut moissonner des fleurs auprs du dolic poils cui- sans ; ne iil-il que secouer lgrement l'arbre qui donne appui la lige sarmcnlcusc et grimpante de cette liane, qui s'tend et s'attache jusqu'aux sommet des habitans sculaires des forts, il sera puni de son inexprience j la moindre agitation de l'air soufle et dirige vers lui un duvet court et brun trs-brillant, tellement pntrant que les pores de la peau ne peuvent lui refuser passage. Il en rsulte une dmangeaison excessive , cuisante , et d'autant plus incommode , que plus on frotte la partie , et plus on enfonce ce corps tranger dont la prsence devient alors insupportable. De mauvais plaisans , dit Valmont-Bomare , mettent quelquefois de ce duvet dans le lit des nouveaux ma- ris pour les empcher de dormir, et les en faire sortir. J'ai t tmoin d'une plaisanterie de ce genre.au Gros Moine (le Saint-Domingue), chez un habitant qu'un ngre dlivra bientt de ses souffrances, en le faisant frictionner avec un mlange de beurre , de cacao et de cendres chaudes. Cette plante se rencontre dans les bois et sur les terrains incultes. Le dolic poils cui- sans n'agit pas seulement mcaniquement, mais il sort de chaque poil une liqueur particulire caustique que a pointe du duvet inocule. Caractres physiques. Les tiges de ce Jolie, sont cylindriques , lgrement velues , grises , volubiles et grimpantes. Les feuilles amples , sont composes de trois folioles ovales pointues; les deux latrales ont leur ct ext- rieur plus grand, plus large et coude arrondi; ces ( 223 ) folioles sont d'un vert gai et presque glabres en dessus, couvertes en dessous de poils fins , luisans et couchs , et sont presque soyeuses des deux cts dans La jeu- nesse. Les fleurs viennent sur des grappes axillaires , soli- taires , pendantes, lches, longues d'un pied et plus, et garnies de dix trente fleurs, suivant les terrains. Les pdoncules propres sont courts et disposs trois trois par tage. Ces fleurs lgumineuses ont le calice rougetre velu; leur tendard couleur de chair et .beaucoup plus court que les autres ptales; les ailes oblongues. obtuses, d'un violet pourpre , et leur ca rne linaire , pointue , pointe courbe et montante t d'une couleur vert-blanchtre. Les gousses sont longues de trois pouces, presque de l'paisseur du doigt , mdiocrement comprimes , courbes en S , munies sur le ct et au milieu de cha- que valve , d J une cte tranchante et longitudinale , et abondamment charges de poils roussetres, brillans; ces gousses contiennent trois ou quatre semences ovales, lisses brunes avec un ombilie blanc (encycl. mlh. ) Analyse chimique. La dmangeaison atroce que font prouver les poils du dolic dont nous parlons se gurit de suite par l'application de la cendre chaude; ce qui paratrait annoncer une combinaison et un pro- duit du poil analogue l'acide oxalique observ dans les pois chiches par M. Deyeux. Proprits mdicales, le docteur Gilbert, dans son exercice Saint-Domingue , a reconnu les proprits anthelmintiques du dolic poils cuisans; mais il faut , 18. ( \ ) dil-il , adoucir l'action mcanique irritante du duvet , 811 l'crasant, le mlant ensuite a un sirop simple, ou le prescrivant dans de la bouillie de farine de mas. Le duvet de ce dolic est employ par les ngres comme vomitif. Selon Rhed , les graines du pois gratter sont aphrodisiaques ; il recommande la dcoc- tion de la racine dans le calharre vsical, comme diu- rtique. Mode d'administration. M. X***, se mfiant des proprits suspectes , quoique non contestes du dolic poils cuisans , qu'il croit peut-tre trop souvent pres- crit dans les affections vermine uses, indique le procd suivant comme capable d'en mousser l'activit. On prend, dit-il , dix douze lgumes garnis de r> leurs poils, on les jette dans une bouteille ordinaire, et on verse par dessus un quart de syrop (eau mre , du sucre ) et le reste d'eau. On agite fortement, et on laisse infuser du soir au lendemain ; on l'admi- nistre par cuilleres pendaut trois jours , suivant D l'ge, ayant l'attention de faire manger de suite . l'enfant, une cuillere de farine de manioc sche ( ou de tout autre poudre absorbante). Ce moyen fait toujours rendre des vers; on purge aprs cela avec l'huile de ricin. EXPLICATION DE LA PLANCHE QUARANTE-NEUVIEME. la plante est rduite moiti de grandeur naturelle. Fig. i. Fleur. Fig. 2. Graine. //. . a TTieof/t/re JDescotir/i/x Fmir OB,fl*KNJ,AXl*K (m&ru'I JaiS>? \m s . ( 2i5 ) , vwx .w-v v-w wv> %^-vv^wvv* *''.rcvTtrfi7\ /'//t.v . air^eZ J\-it//> . DENT A SAVEUR BE PYIiETHRE ( a 3i ) BIDENT A SAVEUR DE PYRTHRE. ( Stomachique antlieimintique. ) Synonymie. Cresson du Para. Bidens fervida, Bidens foliis subcordatis , serrulatis , petiolatis, flore luteo N. Spilantus oleracea. Lin. Syngenesie Polygamie. Santolina humifusa pyretri sapore. Pum. gen. 10, vol. IV_, pag. 46. Jussieuj famille des Corymbifres. Caractres gnriques. Rceptacle paillasse , co- nique; calice de plusieurs folioles, deux extrieures plus longues. Semences solitaires deux artes , dont l'une est plus longue. Caractres particuliers. Feuilles comme cordi* formes, dentes en scie ( Joliclerc). Histoire naturelle. Les bidens ayant quelque rap- port avec les santolines , plusieurs botanistes leur ont donn ce dernier nom; mais il nous suffit de faire re- marquer ici que la plupart des santolines appartiennent l'Europe , et au continent de l'Amrique nord , tan- dis que presque tous les bidens ne se trouvent qu'aux Antilles et dans quelques contres de l'Asie. Caractres physiques. Les tiges de cette espce sont basses, longues de sept huit pouces,, cylindri- ques vertes , peu feuilles. Les feuilles sont opposes, rhomboales, pointues l'extrmit, arrondies la base; elles terminent des ptioles environ aussi longs qu'elles; leur contour est grossirement dent; leur surface suprieure est lisse vert ple , l'infrieure jaune gristre., quelquefois to- menteuse. ( & ) Los pdoncules sont nuds, allongs; portant leur base une petite bracte linaire caduque* La fleur est grosse, hmisphrique ou conique, com- pose d'une quantit de fleurons trs-serrs , spars par des paillettes , et d'un jaune d'or. Proprits mdicinales. Le bident saveur de py- rthre, est une plante acre et chauffante, qu'il ne Faut employer qu'avec prudence. Poupe Desportes , Che- valier, et autres praticiens nous l'ont indiqu comme liydragogue et sialalogue; mais je lui ai reconnu des proprits anthelmintiques bien plus certaines; ce- pendant, pour prvenir tout danger, on ne doit pas l'administrer , quand la dialhse vermineuse est ac- compagne d'un tat d inflammation des visres abdo- minaux ; car l'usage en serait dangereux. On se sert de la racine comme masticatoire. Proprits chimiques. L'eau et l'alcool s'emparent facilement des principes conslituans de ce bident. Le dernier menstrue surtout retient son principe aroma- tique. L'infusion aqueuse contenant du tanin, noircit en y ajoutant du sulfate de fer. Mode d'administration. La prparation la plus or- dinaire de ce bident, consiste le faire prendre en infusion thiforme, et en dcoction par clystres; dans ce dernier cas , on peut monter la dose jusqu' une once pour une chopine d'eau; tandis que pour en ob- tenir une infusion salutaire et incapable de nuire, on ne peut la permettre qu' la dose d'un demi-gros pour quatre onces d'eau bouillante ; on en fait aussi un syrop qu'on donne aux enfans par cuilleres caf. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQUANTE-DEUXIEME. Le dessin est excut de grandeur naturelle. 'l'Aeot&re Dw.vitrfr'/: ym.v . airuiZ Jeu//' UJWAH1 A ;iAl a iKS ( a33 ) ANGELIN A GRAPPES. ( Stomachique anthelmintique, ) Synoymie. Andira racemos, andira foliis impari-pinnatis, foliolis oppositis, lanceolatis, iritegerrimis , floribiis race- mosis. Andira vulgo angelin. Pis. Bras. pag. 175. \ Angelin racemosa foliis nucis. juglandis Plum. m. 121. Caractres botaniques. Fleurs petites , sessiles , disposes en grappe panicule et terminale , sur des pdoncules velus. Galice monophylle , court , cinq petites dents; tamines runies dans leur partie inf- rieure ; ovaire ovale oblong. Pdicule , charg d'un style en aleine , et hors de la gaine forme par les fi- lets des tamines. Fruits ovodes pdicules ,, termins par une petite pointe, munis d'une cte longitudinale, pubescens , durs , presque ligneux ( EncycL inlh. ) Histoire naturelle. Les formes extrieures de l'An- gelin grappes rappellent l'Europen expatri , de doux souvenirs , puisque de loin il croit voir un arbre du pays qui l'a vu natre , le noyer , avec lequel l'An- gelin a beaucoup de ressemblance. Cet arbre se plat dans la plaine et sur les mornes boiss, o on le ren- contre frquemment. Caractres physiques. Cet arbre s'lve jusqu' cinquante pieds , sa tte est vaste et touffue, son tronc a environ trois pieds de diamtre, son bois est dur, et d'un rouge noirtre l'intrieur. Les rameaux sont garnis de feuilles alternes , ailes avec impaire , et composes de sept ou neuf folioles lancoles, pointues , trs-entires, opposes et portes chacune sur un ptiole court. Les fleurs sont petites , disposes en grappes panicu- les aux extrmits des branches. Elles produisent des fruits de la grosseur d'un uf de pigeon , ovodes t 14 < Livraison. 19 ( '-3-', ) Verts au commencement, ayant leur superficie parse- me de petits points blancs, et munis d'une cte lon- gitudinale d'un seul ct ; celle carne a l'aspect d'une suture. Ce brou renferme une coque dure , roussetre , qui conlieul une amande amre et d'un mauvais got. Analyse chimique. L'corce, le bois et le fruit de l'Angelin , au rapport de Pison, sont amers comme' de l'iilos. L'eau dissout celle partie amre , tandis que l'alcool se. charge de la partie rsineuse. C'est tout ce que ma mmoire peut me rappeler. Mon travail ex- cut avec M. Prampein, chimiste attach au gouver- neur de Saint-Domingue, ayant t perdu par suite des funestes vnemens de celte colonie infortune. Proprits mdicinales. On accorde l'corce, au bois et surtout h l'amande des fruits de l'Angelin des proprits anthelminliques ; mais le danger que l'on court en outrepassant la dose convenable, fait que ce vermifuge ne peut tre administr que par un homme de l'art. Mode d'administration. L'corce et le bois mis en poudre, se donnent depuis douze jusqu' trente six Tains. Quant au noyau pulvris, il ne peut tre pres- crit qu'audessous du poids d'un scrupule , car il de* Tient dltre plus forte dose. EXPLICATION DELA PLANCHE CINQUANTE-TROISIEME* Le dessin est rduit aux deux tiers de grandeur naturelle, Fig. I. Fleur entire. Fig. 2. Fleur dcompose. Fig. 3. Ovaires et tamines. /'/. , //. o/v Uiwvierti/z, /'///,/ , L HA K ( a35 ) / BOCCONIE FRUTESCENTE. { Stomachique anthclmintiquc. ) Synonymie. Bocconia frutescens. Lin. Dodecandrie mono gynie. Bocconia frutescens chelidonii foliis majoribus, floribus racemosis. V. L. Poupe-Desportes: Bocconia. hort. cliff. 202. Jacq. amer 149. Bocconia racemosa spondilii folio tomentoso. Plum. gen. 35i,vol. 4 > pag"* 19 Trew. erh. t. 4. Bocconia racemosa , foliis majo- ribus , sinuatis, racemis terminalibus. Brovvn. jam. 244. Chelidonium majus arboreum, foliis quercinis.Sloan, jam. hist. 1, pag. 19a. t. Cocoxihuill. lierm. max. 1 58 Juss. fam. des papavraces. Caractres gnriques. Calice caduc, nrdnare- t ment diphylle; corolle communment ttraptale; tamines dfinies,, 1 ovaire; 1 style oustigma; 1 cap- sule; graines attaches aux cloisons de la capsule; tiges herbaces , rarement ligneuses; feuilles alternes. Caractres particuliers. Cal. 5 feuilles caduques i concaves aigus ; corolle 0, lam. 8 ou 10 filets trs-grles dont 4 sans anthres , 1 style; 2 stig. ; ovaire port sur un pdicelle , pricarpe charnu , comprim > uniloculaire , Bivalve. (Lamark. ) Histoire naturelle. Arbrisseau indigne la Ja- maque , l'le de Cuba , Saint-Domingue et autres les antilles , la Bocconie frutescente s'lve la hau- teur de huit neuf pieds , et a du rapport avec les pa^ ( *3G ) vots et les chlidoines , quoique sa fructification l'en loigne. Sa tige est creuse et remplie de moelle comme celle du sureau d'Europe, il en transude un suc jau- ntre , dont on se sert pour teindre de celte couleur. On le trouve dans les Lois, el dans les savanes hu- mides. Caractres physiques. Son tronc est ingal, creux, et rempli de moelle, il est divis suprieurement en quelques rameaux cylindriques , cassans , et marqus de cicalr;ces que laissent les feuilles aprs leur chute. Toutes ses parties sont pleines d'un suc jauntre sem- blable celui de la chlidoine. Les feuilles sont assez grandes , alternes , ovales , ohlongues, smi pinnalifides , sinues, dcoupures ovales et dentes ingalement , vertes , et glabres en- dessus, d'une couleur glauque en-rlpsemis avec un duvet rare; et portes sur des ptioles courts. Ces feuilles ont 16 mi 17 pouces de longueur, sur une lar- geur de prs de G pouces , et donnent cet arbrisseau un aspect assez agrable. Les fleurs sont ptioles , verdtres , nombreuses disposes en panicule ample, et pyramidale. Chaque rameau en porte une son extrmit. La fleur consiste en un calice de deux pices ovales , oblongues , con- caves, et caduques, et d'un vert gai; en douze ou seize tamines jaunes , dont les filets horizontaux por- tent autant d'anthres linaires et pendantes, aussi longues que les folioles du calice; en un ovaire sup- rieur obrone , pdicule , surmont d'un style pais et smi-bifide, ayant deux stigmates ouverts et rfl- chis. ( 2 3 7 ) Le fruit (qui parat lre une silique charnue) est ovale oblong, pointu aux deux bouts, muni d'un petit rebord longitudinal de chaque ct , ce qui le fait pa- ratre aplati, il est d'un pourpre violet , et contient une semence de mme forme et verdtre. (Ency* mth. ) Analyse ciiimique. Le suc , couleur de safran , est piquant, acre , caustique , un peu amer, d'une odeur forte, volatile et nauseuse. Proprits mdicinales. La Bocconi excite vive- ment le canal alimentaire, aussi Tordonne-t-on dans l'hydropisie , les atrophies msen triques , et dans l'ictre. Son suc dterge les ulcres , et les darlres ; mais sa principale proprit est d'tre vermifuge et purgative. Mode d'administration. On ordonne la Bocconi en dcoction la dose de deux ou trois gros de sa racine dans une livre et demie d'eau. On la fait prendre aussi en infusion vineuse , comme amre , et propre fortifier et stimuler les voies digestives. Le suc de la plante tant phis hroque, se donne petite dose. Un gros dans du bouillon de poulet , suffit comme tonique , ad- ministr deux fois par jour. On obtient un bon collyre dtersif, par la combi- naison de quelques gouttes de ce suc dans une once d'eau , que l'on emploie contre les ulcres des paupires. Les feuilles piles et infuses en eau de vie fournissent un vulnraire et un bon rsolutif. Une once des feuilles de Bocconi et de tabac vert, deux gros de racine de dentelaire , et une once de mu- 9* ( 233 ) rtafe do soude, offrent une trs-bonne Iolion, contre Certaines espces de dartres* EXPLICATION DE LA PLANCHE CiNQUANTE-QUATRIEME. La Bocconie est reprsente au quinzime de grandeur pour faire voir son port. Fig. I. Fleur non panouie. Fig. 2. Fleur en tat d'inflorescence. Fig. 3. Semence revtue de sa partie corticale. Fig, 4. Semence moiti nue 77t- .>,/.'/; ./K\j'r.>ir/-//7z J'm.r . (ra&rt'eZO '.in,- ' IBJIOISE A FEUILLES D'ABMOSE . ( *3 9 ) AMBROSIE A FEUILLES D'ARMOISE. ( Stomachique vermifuge. ) Synonymie. Ambrosia artemisifolia elatior. Lin. mono'cie Pentandrie. Ambrosia maritima artemisiae foliis ino- doris elatior. Herm. lugdb. 32. Tournefort, Flosc. A sect. i _, 458 , raj. suppl. 109. Ambrosia frutescens x matricarise facie. inodora. Poup.-Desp. Jussieu, famille des corymbifres. Atyonaragle en Carabe. Caractres gnriques. Fleurs conjointes et mo-. noques. Mle, calice commun, monophylle aplati, corolles monoptales tabules, trifides , infundibulifor- mes , fleurons munis de cinq tamines anthres droites , style filiforme , termin par un stygmate or- bicul et membraneux. (Rceptacle nu. ) Femelle. Calice monophylle , entier , le ventre cinq dents, unilore, corolle nulle, noix surmonte d'un style bifide , forme du calice endurci , monosperne. Caractres particuliers. Feuilles bipinnatifides grappes panicules terminales, composes uniquement fie fleurs mles , les fleurs femelles dans l'aisselle des feuilles suprieures. Histoire naturelle. L'ambrosie feuilles d'armoise se rencontre aux Antilles, tantt sur les montagnes,. et tantt sur le bord de la mer; d'o vient qu'on lui a donn les pithles de montana et de maritima. Celle plante digne d'occuper une place dans le sanctuaire d'IIygte, est communment employe par les mdecin* ( *'|0 ) et par les ngres , ce qui prouve en faveur de ses pro- prits. Caractres physiques. La tige de celte ambrosie est branchuc, pubescente , et s'lve jusqu' quatre ou cinq pieds. Les feuilles sont alternes d'un vert un peu blanchtre surtout intrieurement, profondment pin- nalifides , pointues, et dcoupures dentes ou incises. Elles ont quatre six pouces de long sur trois pouces ou plus de large, et sont munies de pinnules jusqu'au- prs de la tige qui les porte , ce qui les fait paratre peu prs sssles. Les fleurs mles forment , par leur disposition , des pis verdlres ou jauntres terminant les rameaux et la tige. Chaque fleur semble renverse, et tourne vers la terre. Analyse chimique. En vaporant la dcoction d'm- brosie , on obtient une subtance rsineuse , un acide vgtal et un principe amer. Proprits mdicinales. Plusieurs praticiens des An- tilles m'ont assur v avoir administr avec succs cette mbrosie dans le traitement des fivres intermittentes, ce qui prouve qu'elle est doue de vertus toniques et stimulantes , des voies digestives. Elle n'est pas moins recommandable dans les affections goteuses qui dri- vent de l'atonie de cet organe, et dans les leucorrhes chroniques qui supposent dfaut d'action des membrane* muqueuses du vagin. Poupc-Desportes l'indique comme un excellent rsolutif; d'aprs ma propre exprience je puis assurer l'avoir employ avec avantage comme anthelmintique. ( Ml ) Mode d'administration. Selon l'indication rem- plir , on donne l'Ambrosie en poudre la dose d'un demi-gros; en infusion celle d'une once par chopine d'eau. On retire l'essence par la distillation des fleurs et des sommits dans l'alcool. Elle se donne depuis un gros jusqu' deux dans une verre de son infusion. L'extrait de l'Ambrosie, qu'on obtient par la macration des feuilles dans l'eau , et prpar suivant les rgles da l'art, se prescrit depuis un gros jusqu' deux EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQUANTE-CINQUIEME. Fig. i. Fleur femelle, Fig. i. Fleur mle. Fig. 3, Fleur vue au microscope. ( 4 ) VitiMMVW%MMtl < WV v\\vv wv* PASSIFLORE A FEUILLES DE LAURIER. r ulg. Pomme de Liane. ( Stomachique vermifuge. ) Synonymie. Passiflora laurifolia. Lin. Gynandriepenfandrie. Tourn. class 6. rosaces, sect. 3. Jussieu , famille les cueurbitaces. Passiflora foliis indivisis ovatis, integerrimis, petiolis biglandulosis , involucris Dentalis. Lin. ameen. acad. 1, pag. 220, fig. 6. Mill. Dict. n 16. Jacq. obs. 1, pag. 35. Hort. vol. 2, 162, et amer. Pict. pag. 1 i3 , tom. 9.19. Oranadillaiructueitriformi, foliis oblongis. Tourn. 2/, 1. Clemaiis indica , fruetu cftri- formi , foliis oblongis. Plum. amer. 64, tab. 80. Raj. snppl. 34i. Petiv. gaz. tom. 114 ', fol. 1. Passiflora irborealaurinis foliis, americana. Plut. alm. 282, tab. 211, fol. 3. marquicras.Merian. surin. 2i ; tab. 21 (Encycl.mtb). Caractres gnriques. Trigyne ; calice mono- phylle color en dedans ; cinq ptales colors, nectaire en couronne ; baie pdicule. ( Jol.) Caractres particuliers. Feuilles sans divisions ovales , trs-entires , ptioles, deux glandes, invo- lucres dents. Histoire naturelle. C'est au milieu des forts en- chanteresses des Antilles qu'on trouve en abondance des pommes-lianes, dont les ramiers et les perroquets sont irs-friands. Ces fruits d'un jaune d'or , et les magni- fiques fleurs nauces de couleurs clatantes et varies , sont suspendues des tiges ligneuses qui grimpent jus- qu'au sommet des grands arbres , en s'y attachant par leurs vrilles , et se rpandent de tous cts jusque sur leur cme. Le ngre marron se repat avec dlices de PI. 66. GBIENADILLE FEUILLES f)E LAriUfift. t '* {.m ) leurs fruits rafrachissons, tandis que les dames croles prparent avec son suc , un rob qui peut fort bien rem- placer la gele de groseille. Caractres physiques. Les jeunes rameaux de cette l'ane sont herbacs, cylindriques., verts; luisans , ses feuilles sont simples, ovales oblongues, un peu pointues, entires , lisses, d'un vert agrable , et ont deux pouces et demi ou trois pouces de longueur; leur ptiole est court , et charg de deux glandes au sommet. Les p- doncules sont axillaire s, solitaires, et portent chacun une fleur mle de blanc , de pourpre, et de violet; d'un aspect agrable. Elles sont fort odorantes , et prsentent tous les caractres du genre. Calice monophylle sa base , ouvert, color int- rieurement, divis en 5 folioles ovales profondes, pta- iformes. Cinq ptales oblongs, planes, ouverts, color, atta- chs la base du calice, et de mme dimension que ses folioles; une couronne particulire en anneau sa base, frange son bord , ou en deux ou trois ranges de filets dont les extrieurs sont plus longs, insrs la partie interne du calice , entre les ptales , et le support des organes sexuels. Cinq tamines dont les fiamens attachs sous l'ovaire , au sommet de son pdicule , sont trs-ouverts smi- reflchis , et portent des anthres transversalement pla- ces. L'ovaire suprieur est arrondi , lev au-dessus du rceptale sur un support colomniforme droit et cylin- drique. Cet ovaire est couronn de trois styles ouverts, paissis vers leur sommet, ayant la forme de clous, et stigmate en tte, ce qui a fait donner cette fleur le nom de fleur de la passion. ( *44 ) La collcretle ou involucro de la pomme de Liane* est aussi grande que la fleur; elle est compose de trois folioles ovales , concaves , vertes , et dentes sur les bords. Le fruit est de la grosseur d'un uf de poule ; d'un jaune citron dans sa maturit , rpandant une odeur agrable, et contenant , sous une peau molle et un peu paisse, une pulpe trs-suave, lgrement acide (enc* mtho). Analyse chimique. Les fruils de la pomme de Liane, Contiennent une pulpe qui fournit de l'acide malique* Les feuilles , au contraire , reclent une partie exlraclivc amre , et une certaine quantit de Tannin. Proprits mdicinales. Outre que les fruits de la pomme de Liane sont rafraichissans , qu'il rtablissent l'apptit , chez les personnes d'un tempramment chauff, on les permet dans les fivres angotniques, ataxiques , adynamiques ; ce ne sont pourtant point ces proprits secondaires qui m'ont engag placer cette plante dans cette classe, mais elle jouit d'une pro- prit plus recommandable dans les affections vermi- neuses , o ses feuilles ont acquis une rputation bien mrite. Mode d'administration. Les feuilles , rduites en poudre , se donnent depuis un gros jusqu' deux , dans une verre d'infusion de la mme plante. explication de la planche cinquante-sixime. La tige grimpante de ta Pomme de Liane , portant fleurs et fruits est rduite moiti grandeur naturelle //./-. //.'.'./'/,' /' ,,; ,>,///E ( 247 ) ANSEMNE DU MEXIQUE. ( Stomachique vermifuge. ) Synonymie. Vulg. Ambroisie, ou th du Mexique. - Chenopodium ambrosiodes. Lin. Chenopodium foliis lanceolatis dentatis, racernis foliatis, dentatis siraplicibus ; Lin. Hort. Cliff. 84- Dict. n 5. Botrys ambrosiodes Mexicana, Baub. Pin. 1 38. et App. 5x6. Chenopodium ambrosiodes mexicanum , Tourn. 5o6. Atriplex odora suave olens mexicana moris. Hist. i. p. 6o5. Sect. 5 Tab. 3i. f. 8. ( Enc. Meth. ) Tournef. Ci. i5. Fleurs eta- mines sect. 2. Juss. Famille des arroches. En espagnol, Bien Grenada. En anglais, Jrusalem oak. ( FI. du d. D. Se. md. ) Caractres gnriques. Calice pentaphylle , pen- tagone ; corolle nulle; une semence lenticulaire sup- rieure. Caractres particuliers. Feuilles lancoles; den- tes ; grappes feuilles simples (ann. Jolycl. ) Histoire naturelle. Celte humble plante crot sur les bords de certaines rivires limpides et profondes , parmi des milliers d'espces diffrentes qui sont desti- nes y vgter, et servent de lit de repos aux croco- diles qui se plaisent y recevoir l'impression de la chaleur et de la lumire. Sont-ils surpris? Froissant l'Ambroisie en s'lanant dans l'onde , elle dcle leur prsence par son odeur aromatique , qu'on peut comparer celle du Botrys d'Europe. Il Iransude de toutes les parties 20. ( *& ) de l'Anserine du Mexique un suc balsamique qui les rend gluantes el rsineuses, et en carte les insecles. Caractres physiques La racine est oblongue, iibreuse , el pousse une tige droite qui s'lve la hauteur d'un a deux pieds. Celle ligo est verdlre, cannele, feuille dans toute sa longueur, garnie de rameaux axillaires, dont les infrieurs sont les plus longs, et charge d'un duvet peu abondant , court , assez sem- blable une poussire. Les feuilles sont alternes , lancoles , pointues aux deux bouts , munies de quelques dents cartes dans leur moiti suprieure , prives de ptioles distincts, minces , vertes des deux cts , et plus longues que les inlervales qui les sparent* Les suprieures et celles qui naissent sur les rameaux florifres sont troites et trs-entires. Les fleurs sont verdtres , disposes en petites grappes menues et feuilles , situes dans les aisselles des feuilles; le long des branches et dans touta la partie suprieure de la tige. Analyse chimique. Cette plante contient une fcule colorante, et une rsine lgrement aromatique , acre, piquante et amre. Proprits mdicinales. Chevalier et Poupe-Des- portes , en ont apprci les vertus comme incisive , expectorante , hystrique et rsolutive , ces deux an- ciens praticiens la recommandaient dans le second degr de la pneumonie , hors la priode inflammatoire ; dans l'asthme humide , l'orthopne , et les flatuosits. On ( *a9 ) I indique dans l'encyclopdie- mthodique comme sude> rifique , diurtique, emmenagpgue , et stomachique. L'Emery vante l'infusion- de ses feuilles contre l'he- moptisie passive , et certaines, maladies des femmes en couches. S il m'est permis d'en indiquer l'usage -, je conviens drai avec vrit l'avoir employe avec un succs cons- tant et spcifique dans les affections vermineuses ; et pour la gurison des ulcres atoniques-,- Mode d'administration.. Usant de cette plante comme de a prcdente , nous y renvoyons le lecteur , afin d'viter des rptitions. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQUANTE-HUITIEME,, Le dessin est du grandeur naturelle. ( 2J0 ) RICIN ARBORESCENT. ( Stomachique vermifuge. ) Synonymie. Vulg. Ricin d'Afrique tige genouille. Ricinus Africanus maximus, Caulc geniculato, rutilante. Tournef. Inct. R. lierb. 542. Ricinus Africanus, foliis peltatis, serratis, lobis maximis, Caule jgeniculato ; cap- sulis ccliinatis. mill. Dict. n 5. ricinus ruber. rhump. Araboine. vol A. P a g97 Tournefort. cl.i5. fleurs ta- mines. Sect. 5. Jussieu fam. des eupliorbiaces. Lin. monocie Syngenesie monadelphie. En espagnol, Ricinus. En portugais , Ricino. Les Amricains-Espagnols le nomment figuerillo, c'est--dire petite figue. En anglais, common Palma-Christi. Liaraahen-alama. Lamou- rou en Carabe. Caractres gnriques. Mle\ calice en cinq parties ; corolle nulle; lamines nombreuses; les fleurs de ce sexe places infrieurement sur la grappe. Femelle; Calice en trois parlies ; corolle nulle; ovaire suprieur; trois styles bifides; capsule trois loges , hrisses de pointes ; une semence dans chaque loge. Plante dicotyledone, fleurs incomplettes , monoques, disposes en un pi panicul; fleurs femelles places suprieurement. Caractres particuliers. Tige flchie , genouille , feuilles en bouclier; comme palmes, dentes en scie, pourvues de glandes sur leur ptiole. Histoire naturelle. Les espces de Ricin sont com- munes en Egypte , dans les Indes , et en Amrique ; on Fi'O Jore 2>tscourfi7\. _Prru . -ewn Or/i/p . M II l E ( 2 5i ) les a naturalises en Europe et mme en France. Le mot Ricin , vient de la ressemblance qu'ont les grains de cette plante , avec la tique des chiens de chasse, nom- me en latin Blclnus. Les Carabes l'appellent encore Karapat du nom qu'ils donnent h la tique; tandis que le mot Palma-C liristi 'indique la forme des feuilles pal- mes de ce sous-arbrisseau , qu'on croit avoir t jet- tes en Egypte sur le passage de Jsus-Christ. Ce grand Ricin , qui s'lve aux Antilles la hauteur de douze vingt pieds est trs-rameux , et entirement distinct de l'espce communis , dont les feuilles sont nues de couleurs vives et de nervures d'un rouge ionc, et les tiges purpurines , transparentes sous la couche poudreuse qui les recouvre. Ce Ricin s tige genouille , a les mmes habitudes que celui qu'on cultive en Europe. Il se plait sur le bord des eaux; il en existe une fort, au pied d'une colonnade de palmiers qui fait l'ornement de l'habi- tation Rossignol-Grammont , prs des Gonaves (ile St-Domingue ). Ces touffes ombragent la rivire de la Quinte , dont les eaux paisibles et par fois tumul- tueuses , tant tidies par le soleil, et ne pouvant plus rafrachir les racines de ces arbrisseaux , privent leurs feuilles molles et onctueuses de leur soutien , et les font paratre fannes depuis huit heures du matin jusqu' cinq heures de l'aprs-midi. L'huile qu'on retire , par expression , des semences de cette espce de Ricin , sert clairer les cases ngres., et les ateliers d'indigoterie , de sucrerie et autres. Les feuilles chauffes produisent un suc hui- leux, qui joint celui de l'orange sure procure un cirage trs-brillant, ( ,.V, ) Quoique les proprits mdicinales soient 1rs mmes, dans les deux espces que nous avons h dcrire , cepen- dant, afin de faire connatre les distinctions spci- fiques, nous renvoyons le lecteur a la classe des Pur- ga tives Laxatives, N . 127. Caract:ri:s physiques. Les racines du Ricin lige gcnouille sont traantes et fibreuses, peu ramifies. La tige articulations rapproches , flchies en zig- zag , et d'un rouge pale , uni , et non couverte de cette substance pulvrulente qui existe dans l'espce cite plus haut; les branches sont tortueuses et parviennent la hauteur de douze a vingt pieds , cette tige est creuse et cylindrique. Les feuilles sont amples , pourvues de longs ptioles, courbes, alternes, palmes, lisses et moelleuses leurs deux surfaces; garnies de nervures, etpavoises; d'un vert sombre en-dessus , d'une couleur blanchtre en- dessous ; sept ou neuf lobes ingaux , ovales lanco- ls , dents en scie; les ptioles sont cylindriques , et pourvus de trois glandes leur sommet. Les fleurs leves sur une tige particulire et comme formant des pis axillaires et terminaux , composs de plusieurs panicules partielles munies de bractes petites et membraneuses. Le calice est petit, d'un vert glauque , les fleurs mles, qui sont les plus rapproches de la base de la grappe , offrent une quantit d'tamines dont les anthres sont d'un jaune souffre. Les fleurs femelles consistent en un fruit trois cap- sules runies, couronnes par un style trifide , d'un rouge de sang. Leur extrieur est muni de pointe* ( ^53 ) molles et subules , et toute cette surface est d'un vert sombre et glauque. Les semences luisantes aplaties , d'un gris cendr , taches de noir; ou de fauve sur un fond noir, renfer- ment une amande blanche bilobe , grasse , doucetre, acre , et qui excite des nauses. Quand ce fruit est mur, il s'ouvre de lui-mme en novembre, et jette au loin ses graines. Analyse chimique. Les fruits du Ricin , dpouills de leur partie corticale, qui est acre et brlante, contiennent une huile douce , tant rcente , mais qui en rancissant devient si caustique qu'elle brle la gorge , ce qui la rend purgative. On l'obtient par expression et par dcoction. Ces semences, de nature mulsive , contiennent du mucilage et de la fcule. Les Carabes prparent l'huile de Ricin en torrfiant la graine ; ils la concassent; puis ils la vannent; ils tent la pellicule et l'embrion, puis ils la font bouillir dans l'eau, en enlevant mesure, l'huile qui surnage, au moyen de coton ou de coquilles. Cette huile a les proprits chimiques des autres huiles vgtales; et se rancit facilement en se combi- nant avec l'oxigne de l'athmosphre, Proprits mdicinales. Les Ricins fournissent une huile anthemintique et purgative , que les Anglais , suivant Marchy, appellent huile de castor; et d'autres peuples huile de Kerva ou de figuier infernal. Dans son tat de puret , elle offre h la mdecine l'un des plus puissans moyens a employer contre les vers ascarides, lombrics, et surtout contre le tnia lata. Cullen et Roques recommandent son usage la ( =", ) dose d'une deux onces , dans les coliques nerveuses causes par un embarras intestinal qu'elle fait cesser comme par enchantement. Les graines par elles-mmes possdent des qualits vnneuses, et mdicamenteuses. Leurs qualits mul- sives , olagineuses, et adoucissantes, sont produites parle perisperme, tandis que , celles acres, brlantes et nausabondes , paraissent rsider uniquement dans l'embryon (c'est au moins le sentiment du rdacteur de l'article Ricin dans la Flore du dict. des Se. md. ), de sorte qu'elles jouissent de proprits bien diffrentes, selon qu'elles conservent ou sont prives de cet or- gane central, essentiellement vnneux, auquel elles doivent la proprit d'exciter le vomissement , de pro- voquer une violente purgalion , et d'altrer les mem- branes muqueuses de l'appareil digestif. Le rsultat des expriences faites par M. Orfila sur les animaux, prouve que cette substance agit la ma- nire des poisons acres , en irritant violemment l'organe, tandis que son action sur le systme nerveux n'est que secondaire. Une ou au plus deux semences , prises in- considrment,, occasionnent des superpurgations, des rosions accompagnes d'coulement de sang par l'anus , et l'on ne peut voir sans frmir , des ngres en prendre jusqu' quatre et six pour se purger, mais s'ils chappent une mort presque certaine , des infir- mits sont bientt la punition de leur funeste inexp- rience. D'aprs ce qui prcde , on sent l'avantage, dans la pratique , des huiles extraites du perisperme , et le danger mortel d'employer intrieurement celle o l'embryon a fourni l'huile de sa substance. Les huiles de Ricin diffrent en couleur, d'aprs leur ( 2 55 ) confection. Celles qui sont les moins colores, sont, dit Mcky , les moins purgatives. On la regarde d'une bonne qualit et non sophistique lorsqu'elle est paisse, visqueuse , douce et presqu'insipide. Elle est aussi , d'aprs la remarque .d'libert 9 d'une couleur glauque viridescenle , et analogue la couleur du Ricin. Elle gale les huiles animales par sa pesanteur spcifique. L'huile de Ricin sjournant sur ses fces, y acquiert une dgnrescence caustique qui la rend dangereuse employer. Pison dit que les Brasiliens en font un usage habituel contre les maladies froides ; elle rsout les tumeurs , et dissipe les coliques et les flatuosits, $i on l'administre en frictions. C'est de cette mme manire que les ngresses l'emploient en lavemens et en embrocation sur la rgion ombilicale dans les mala- dies vermineuses de leurs enfans. Ils la vantent aussi dans la cure de la gratelle et des autres maladies cuta- nes , mais on prfre Jes feuilles macres dans le vinaigre. Lorsqu'on est assur de la qualit de l'huile , il n'est pas de meilleur moyen pour expulser le meconium des nouveaux ns , qui leur occasionne tant de co- liques; elle est prcieuse employer dans les nphrites, les ilus, les constipations, les hernies trangles et la colique saturnine ; elle facilite la sortie des calculs biliaires engags dans les canaux cistique et chol- doque. L'huile de Ricin o on a fait bouillir de la cvadille , produit un effet sr dans le phtiriase , en faisant prir la vermine qui entretient cette dgotante maladie. Les Carabes appliquent ses feuilles chauffes , sur le front, dans les phalagies , et contre les douleurs ( >S6 ) rlifriliqucs. Les ngres concassent de deux qualro grains dans une verro d'eau , et osent indiquer ce superpurgatif dans les fivres !!!! Les feuilles piles sont employs comme mollienlesdans les ophtalmies, pour les abcs, les panaris, et autres inflammations locales. Mode d'administration. On donne l'huile de Ricin pure et rcente la dose d'une deux cuilleres Louche (une demie once une once) que l'on peut re- nouveller d'heure en heure jusqu' ce qu'on obtienne le succs qu'on en attend. On ne donne aux enfans que la moiti de la dose. Pour prvenir le vomissement, qu'elle occasionne quelquefois , et faire que cette potion soit moins dsagrable au got, on emploie l'intermde de la gomme arabique, qui rend cette huile miscible l'eau de canelle , de gingembre , ou de fleurs d'orangers. Le succs est encore plus certain dans les affections vermineuses, si l'on ajoute ce mlange un demi-gros d'lher sulfurique , on fait, dans les mme cas, des embrocations sur la rgion ombilicale avec l'huile de Ricin , si l'expulsion des vers tardait avoir lieu , M. Charpentier de Cossigny,, dit., qu'on peut employer cetTe huile en plus grande quantit, jusqu' deux ou trois onces pour les adultes; on peut aussi l'associer un syrop. Les ngres vantent beaucoup l'usage d'un gros de poudre de citron, dans une once d'huile de Ricin. Selon Buchan , on purge avec succs les personnes nerveuses qui ne peuvent faire usage des moyens irri- ta n s , avec Huile rcente de Ricin. . . . une once. ( *5 7 ) Mlez avec un jaune d'uf : Ajoutez : Eau commune un verre. Eau de fleurs d'orangers. . deux gros. Syrop capillaire une once. Battez le tout. EXPLICATION DE LA PLANCHE CINQUANTE-NEUVIEME. Tige du Ricin gcnouill 3 charge de fleurs et de fruits, rduite au huitime de grandeur naturelle , et peinte midi , au moment ou le soleil force la feuille de se faner et de courber son ptiole, pour reprendre le soir son port et sa vigueur ( 558 ) GRENAD1LLE A TIGE QUADRANGULAIRE. [Stomachique antlielmintquc. ) Synonymie. Passiflora quadrangularis. Lin. Gynandrie pentandrie. Tournefort D. B. rosaces. Sect. 2. Juss. iam. des cucurbitaces. Passiflora foliis indivisis sub cordatis integerrimis , petiolis sex glandulosis , caule membranaceo tetragono. Lin. Jacq. Amer. 23 1. t. i/ t 3. et pict. il 3. t. 218. Mill. Dict. n 20. Passiflora foliis amplioribus cordatis _, petiolis glandulis sex, caule quad- rangulo alato. Brwr. fam. 327. ( Enc. meth. ). Caractres gnriques. Trigyne: calice pentaphille; corolle cinq ptales ; nectaire en couronne ; baie pdicule. Caractres particuliers. Feuilles sans division , comme cordiformes , trs-entires 9 veines ; ptiole six glandes , creus en gouttire; involucres trs-en- tiers. (Jolycl.) Histoire naturelle. Cette magnifique grenadille doit tre caractrise, moins par la quantit des glan- des qu'on remarque sur ses ptioles , que par la na- ture particulire de sa tige quatre faces , qui la distingue de toutes ses congnres. La beaut clatante de ses grandes fleurs la fait rechercher des curieux pour les treillis et les berceaux dont elle fait l'orne- ment. Ses fruits assez estims , font partie des desserts des colonies. Cette plante cependant, dit Jacquin, a Fin- S/.o. Tfuodor GRENADIJ J OFAIVRANGV'LAIRE . ( ^9 ) convnient de rfugier les serpns venimeux qui se plaisent sous son feuillage pendant la chaleur, et y pient le reste du jour , les animaux dont ils font leur nourriture. Caractres physiques. Les tiges sont persistantes , sarmenteuses , grimpantes , quadrangulaires , et ont leurs angles tranchans , un peu membraneux et comme ails. Les feuilles sont larges , presqu'en cur , arrondies leur base; ovales, acumines , entires , lisses, trs- glabres, grossirement veines , d'un vert le plus sou - vent sombre, portes sur des ptioles creuss en goutire et chargs de six glandes spiniformes. Les pdoncules sont axillaires, courts, solitaires, termins par une large fleur , trs-belle , trs-odorante. L'involucre a ses trois folioles ovales pointues, en- tires leur bord , beaucoup plus courtes que la corolle. La corolle est compose de cinq ptales de la gran- deur des folioles du calice, et ainsi que ces derniers d'une couleur de rose trs-agrable , plus ou moins vive , quelquefois mlange de verdtre. La couronne est forme d'un seul rang de fdamens varis, par anneaux, de blanc, de violet ple et de pourpre fonc. Le fruit est ovode, plus gros qu'un uf d'oie , d'un vert jauntre , d'une odeur agrable. La pulpe qu'il contient , est renferme dans une pellicule qui se s- pare facilement de l'corce. Elle est d'une couleur aqueuse., douce, transparente, acidul,, d'une saveur agrable > lgrement odorante , et contenant un grand nombre de graines dissmines vers le centre. ( a6o ) Analyse CHIMIQUE. Je n'ai point de rsultat offrir en faveur de celle grenadille , que les circonstances ne m'onl point permis d'analyse*. Proprits mdicinales. Cette grenadille quadran- "nlaire jouit aux Antilles d'une rputation pareille celle de la pomme de liane (grenadille a fleur de lau- rier) ; mais ne l'ayant pas mise en usage daus ma pra- tique aux Colonies, j'engage ceux qui me succderont dans les observations de botanique usuelle, fixer sur cette belle plante toute leur attention. Mode d'administration. On s'en sert a dfaut de la passiflore feuilles de laurier; mais je ne lui crois pas les mmes vertus. EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTIEME. La planche est rduite aux deux tiers de grandeur naturelle. //Y//. ^Thodore arcourtHx. J'i/ur O'i/^r/,'/ ifc/f/ S m iWA K AUTIIia/Ml N THH T E ( 26, ) SPIGLIE ANTHELMINTIQUE. ( Stomachique vermifuge. ) Synonymie. Poudre aux vers ou Brainvilliers ( nom d'une ngresse empoisonneuse ) indian Pinke. Spigelia an- thelmia. Lin. Pentandrie monogynie. Juss.,Fam. des gentianes. Spigelia herbae Paidis facie, quadrifolio, floribus spieatis violaceis , fructu, testiculato, arapabaca Plum. gner, amer. pag. 10 , t. 3i. Spigelia Caule her- baceo , foiiis lanceoiatis , sessilibus ; summis quaternis majoribus. Lain. III. gner, vol. i,pag. 474; n 2i55 , tab. 107. Adanson fam. 29. les Jasmins. Sect. 3. Spigelia Caule herbaceo foiiis summis qua ternis -Lin- amaen-acad-vol. 5 pag. i33. tab. Mater, med 59. Wild. Spec. Plant, vol. 1, pag. 8^4? n * Spigelia Caule erecto, foiiis quaternis sessilibus, Spicis termina- ibus. Miller. Die. n 1. Spigelia quadrifolia , Spicis terminalibus. Brwn. Fam. pag. i56, tab. 37 , f. 3. Bar- rer, fr. equinox. pag. i5. Brazcei parsis. Petiv. gazoph. tab. 5g , fig. 10. Arapabaca Brasiliensibus dicta planta. Marcg. Brasil. 46. (Enc. mth. ) Caractres gnriques. Corolle infundibuliforme; capsule didyme deux loges polyspermes. Caractres particuliers. Tige herbace ; feuilles suprieures quaternes. Ann. ( Joiiclerc. ) Histoire naturelle. Ce genre, dit Jaunie Saint- Hilaire , en considrant la prfrence qu'a donn la trop fameuse Brainvilliers une de ses espces, est rellement nergique comme antlielmntique , mais de- 16 Livraison. ai ( * ) mande une application raisonne, et la plus grande prudence. Quelques commres ( et elles sont trs- multiplies dans notre le ) prparent encore ce syrop avec prcaution , il est vrai , mais sans connaissance de cause, et l'administrent avec un appareil vraiment spulcral : malgr tous leurs soins, il en rsulte tou- jours des accidens trs-graves. Heureusement que nos mdecins instruits l'ont isole, et que cette plante est abandonne aux ngres empoisonneurs. Cependant , comme elle se multiplie trs- vite, et qu'on ne l'arrache pas avec assez de prcaution , il en rsulte aussi qu'elle se trouve mle parmi les fourrages , quelquefois in- volontairement , mais le plus souvent dans l'intention de nuire, et que les chevaux et d'autres animaux do- mestiques en deviennent les victimes. Les souffrances des animaux dans leur agonie prsentent quelque chose de plus qu'affreux. Cette plante annuelle crot naturellement et avec abondance aux Antilles , au Brsil , la Martinique , Cayenne , et dans beaucoup d'autres les de l'Am- rique. On la cultive en serre chaude en Europe. Caractres physiques. Les racines de la spiglie an- thelmin tique sont traantes , fibreuses, et produisent une tige droite , assez forte , herbace , glabre , cylin- drique, presque simple, strie; haute d'environ un pied et demi. De l'aisselle des feuilles sortent quelques rameaux trs-simples, semblables aux tiges. Les feuilles sont sessiles, opposes, lancoles , en- tires leurs bords, glabres a leurs deux faces, aigus leur sommet ; quatre feuilles amples et opposes en croix terminent les tiges et les rameaux. ( 2 63 ) Les fleurs sortent du centre des feuilles suprieures; elles sont terminales , disposes en pis mdiocrement ramiiis leur base, un peu grles, peu alongs, mu- nis de bractes. Chaque fleur est presque sessile , presque unilatrale , de couleur un peu herbace. Le calice est partag en cinq dcoupures aigus: le tube de la corolle renfl sa partie suprieure , le limbe cinq lobes ovales, acumins; le fruit est une capsule deux lobes, en forme de testicules (dit Nicolson ) , surmonts dans leur milieu d'un style persistant, et contenant beaucoup de graines trs- fines ( EncycL mth. ). Toutes les parties de la plante exhalent une odeur vireuse et ftide. Analyse chimique. N'ayant pas trouv l'occasion de soumettre la Spiglie aux analyses chimiques, je ne puis faire connatre ses parties constituantes, qu'il se- rait cependant intressant de dsigner. Proprits mdicinales. Outre les vertus fbrifuges, peut-tre trop hasardes par Brown , on accorde g- nralement en Amrique la Sp:glie , la supriorit sur tous des autres vermifuges; on la prfre la Ja- maque tous les autres remdes de ce genre. Ce n'est pas uniquement comme antheminlique qu'elle est employe avec avantage, son succs est aussi prononc dans les affections spasmodiques ou nerveuses; et lors- qu'il s'agit de provoquer une transpiration salutaire. Cependant , on ne doit confier son emploi qu' des mains prudentes et exerces; sa vertu dltre en faisant un poison mortel, si l'on outrepasse la quantit qu'on doit en prescrire. L'assoupissement, le dlir , les ris sardoniens, la dilatation de la pupille, et autres ai. ( a64 ) symptmes propres l'empoisonnement par les nar- cotiques , sont les tristes rsultats de l'emploi mal combin de celte substance v meneuse. Toutefois, -lie agit la manire de l'opium dans le ttanos et autres maladies convulsives. Quels secours puissans ne re- tire-l-on pas maintenant en Europe des extraits d'aco- nit napel, de belladone, de stramoinc, etc.? Mode d'administration. Deux gros de la plante suf- fisent pour une livre d'infusion aqueuse, laquelle on ajoute du sucre , cl le jus d'un citron ; la dose est alors de quatre six onces pour un adulte, auquel on en administre deux onces , deux autres fois dans la journe, jusqu' ce que ce mdicament produise son effet. La dose, pour les enfans et les valtudinaires doit tre rduite d'aprs l'ge et la constitution du malade On prescrit ceux qui ne peuvent faire usage de celte infusion nauseuse , la poudre la dose de huit quinze grains , incorpore avec du miel ou de la confiture, pour les enfans; et d'un demi gros pour les adultes. On prolonge Fusage pendant plusieurs jours, s'il est ncessaire , aprs lesquels on fait donner un lger purgatif. EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-UNIEME. La Spiglie est reprsente moiti de grandeur na- turelle. Fig. i. Fleur entire. Fig. 2. Feur ouverte, Fig. 3. Capsule. //. />' 77ieodon> _/?.>.>//////; T^na: airieZ> Jur> . GRENAD1LIJK SANS' FM ANGE S. ( s65 ) GRENADILLE SAKS FRAPsGES. VllJg, LIANE A CALON. ( Stomachique vermifuge, ) Synonymie. Passflora murucua .Lin. GynandriePentandrie. Tournef. cl. Rosaces. Sect. i. Jussieu. Fam. des Cucurbifaces. Passflora foliis Bilobis obtusis basi- indivisis subi us punctatis corona floris tubulosa. n. { Enc. xntb. ) Murucua folio lunato. Tournef. 2i/j. t. i2'j. Clematis indica. Flore lunato. Plum, amer, 72. t. 87, t. 2 , pag. 10. Ray suppl. 342. Peter, gaz. t. ii3,f. 5. Passflora, Lin. amsen. acad. 1. pag. 228. Miss. Dict. n 14. Marigouia Passflora Seu murucua, lu- nato folio, flore ruberrimo. Plum. Liane ealcon. En Carabe Mercoya- marigouia- murucua-et merccoy. Caractres gnriques. Trigyne ; calice penta- phylle; cinq ptales; neciaire en couronne ; baie p*- dicele. Caractres particuliers. Feuilles deux lobes , obtuses , sans divisions la base ; nectaire monopbylle , tubul. Histoire naturelle. La forme des feuilles bilobes de cette grenadille , reprsentant une culotte , lui a fait donner le nom de liane caleon. Cette jolie plante grimpe , et , au moyen de vrilles dont elle est munie; elle s'attache aux arbres, forme des arcades mobiles , des colonnades riches et lgantes par la beaut des fleurs pourpres varices de beu qui les dcorent, et qui flattent l'odorat par le parfum qu'elles exhalent. L'il .admirateur n'a plus rien dsirer poiir la majest du ( jjSG ) laelc, quand ces torsades. naturelle* on voii. sVu- laccr en s. Ma!" le grand quaiuoelil (leurs d'un blanc de neige ; l;i grenaddle (range , grandes fleurs con- centriquement hlys de zones bleues , blanches , violettes, pourpres et aurores, el les sphres dores de ses fruits contraster avec clal sur la belle verdure. du feuillage : on eroil alors voir runies toutes les couleurs de l'arc en-ciel. Quelle leon pour un peintre, ami de la belle nature!!! Enfin, tout autour de soi Des feuillages Entrelacs dans dos berceaux, Forment un dme de rameaux Dont les dlicieux ombrages Font goter dans des lieux si beaux Le irais des plus sombres bocages. LEFRANC DB PoMPICRl. Caractres physiques. Le dfaut de couronne fran- ge dans les fleurs de cette espce , et le tube conique qui la remplace, prsentent une singularit si grande, que Tournefort a jug propos de sparer celle plante des autres Grenadilles pour en faire un genre par- ticulier. Ses sarmens sont grles , cylindriques , grimpent nanmoins sur les haies auxquelles ils s'attachent par leurs vrilles. Ses feuilles sont petites , deux lobes obtus , en croissant, entires leur base., glabres des deux cts, et ont en-dessous trois nervures avec quelques points glanduleux. Elles n'ont qu'un pouce ou un pouce et demi de largeur, et ont des ptioles courts , dpourvus de glandes. Les pdoncules sont axiilaires , solitaires , ou quel- ( 267 ) quefois gmins, portant chacun une fleur de plusieurs couleurs. Les ptales sont d'un rouge carlate tis- vif : ils sont oblongs , rflchis,' 1 esiblioies du ehfce sont ptaliformes , de la couleur del corolle inlrieu- renient , d'une teinte rose , viridescente leur base , leur surface infrieure; la couronne est un tube conique tronqu , non divis , s'levant au milieu de la fleur, plus court que les ptales et d'un pourpre vio- lac. Ce tube , qui n'a rien de commun avec le tube calicinal des autres espces de Grenadilles , donne pas- sage au faisceau dor qui supporte les organes sexuels s'levant au-dessus du tube d'une fois sa longueur. jL inflorescence a lieu toute l'anne. Le fruit est une petite baie ovode, pendante un long pdicule , violette dans sa maturit , renfermant une pulpe succulente et une infinit de petites graines noires, rudes au toucher. (Encycl. mth. ) Analyse chimique. Les parties constituantes du ?m- rucua m'ont offert les mmes rsultats que ceux de la passiflore feuilles de laurier. ( Voyez ci-dessus. ) Proprits mdicinales. La Grenadille sans frange a , je crois , usurp aux Antilles une rputation an- thelmintique, dont il m'est permis de douter, l'ayant, dans plusieurs circonstances, prouve sans succsaux doses qui m'avaient t prescrites par les praticiens du pays , et qui sont les mmes que celles que j'ai indi- ques l'article Passiflore feuilles de laurier. \\ n'en est pas de mme de ses proprits sudorifiques , hyst- riques et aprilives , qu'on ne peut lui contester sans injustice. Dans ce premier cas, Poupe Desporte* ( a G8 ) l'unissait au gayac , au bois de fer, ou Lois pians (voyez ces mots), ou bien il l'employait seule. Dans le second, il composait avec les feuilles du mu- rucua des bourgeons d'avocatier, d'herbes cloques ou de racines de pois puant, de celles du lamne puant, ou du schnanl, une tisane hystrique, recoin- niandable dans la suppression des oehies. Enfin ce zl praticien estimait aprilive la dcoction des feuilles et des fruits de la Grenadilie sans frange , laquelle on ajoutait un gros de limaille de fer par pinte de liquide. Mode d'administration. La dose des feuilles et des racines est d'une petite poigne par pinte de dcoction, tandis que douze baies suffisent pour la mme quan- tit de liquide. EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-DEUXIEME. Fig. i. Fruit ouvert. //. 63. T/n-oJarw Bafoourtx. -/' ('rfm? Saelp ftLPODE EN AfcSKK ( 26 9 ) POLYPODE EN ARBRE. ( Stomachique vermifuge. ) Synonymie. Fougre arbre. Polypodium arboreum. Lin. Fougres. Tournef. cl. aptales sans fleurs. Secl. t. Jussieu, Fam. des fougres. Polipodiumfror.dibus pin- natis. serratis , caudice arboreo , inermi Lin. Syst. Plant, vol. 4 P'^g' ^20- n 5q. Filix arborescens, Pinnulis den- tatis. Plum. amer. i. tab. i. 2. Tournef. inst. herb. 537. Filix arborescens primis dentatis Petiv. rilix 4* * a b. i> fig,. 1. 3. Polypodium arboreum maximum, fronde tenuiore; caudice durissimo. Brwn. Jam. 104. Palmi filix. Postium PRhumph. Amboiu. liv. 10. En espagnol, Helecho. Albari delfelce ( arbre de la fougre ) d'O- viedo. En anglais , Ferri-P olypody Caractres gnriques. Jeunes feuilles roules en spirale; fructification place por points sur le revers des feuilles. Caractres particuliers. Fructification runie en petits groupes distincts , et pars sir la surface inf- rieure de la feuille; feuilles bipinnes , dentes en scie; tige arborescente, inerme ( vivace ). Histoire naturelle. Amie des forts humides et ombrages, on y rencontre toujours celle belle fou- gre arborescente, ou sur le bord Hes ruisseaux et des cascades , dont l'onde vive et pure entretient sa fra- cheur. A votre suite , nymphes bocagres, J'allais fouler les naissantes fougres. ( *7 ) C'est une de ces belles piaules qui, fire de son l- vation, semble vouloir rivaliser avec les palmiers dont elle a l'aspect, la grce et la majest. On la trouve a Saint-Domingue, la Jamaque , la Martinique, et dans beaucoup d'autres les des Antilles , o on emploie ses liges pour former les palissades du pays. Caractres physiques. La tige , ou plutt le tronc de celle fougre, est droite, cylindrique, inerme , couverte d'caills membraneuses et grises figures en rseau , au-dessous desquelles on aperoit un fond tann; ces enfoncemens proviennent de la cicatrice qu'ont laiss les anciennes feuilles aprs leur dpris- sement; les vestiges des ptioles subsistent encore au- dessous des magnifiques panaches de verdure qui cou- ronnent celte tige, qui s'lve jusqu' dix et douze pieds sur environ six pouces de diamtre. Dans cette espce de fougre, la tige , qui n'est autre chose que le nud vital de la plante, tant dpourvue du feuillage qui la couronne, prit infailliblement. 11 en est de mme des palmiers. A l'intrieur , on trouve la place de la moelle une chair trs-blanche, assez ferme, d'un got doucetre, pleine d'un suc blanc et visqueux, et entoure d'un lassis de veines noires, ondes, et dures comme du bois. Les feuilles, au nombre de huit a quinze, cou- ronnent la cime de la tige. Elles sont amples, longues de six dix pieds , deux fois ailes , d'un beau vert , glabres , garnies leur base d'caills rousstres ou argentes , soutenues par un ptiole presque de la gros- seur du bras sa base , diminuant insensiblement ( 2 7 ) d'paisseur, muni latralement de folioles alternes ou opposes , rapproches , longues do deux pieds , divi- ses en pinnules linaires presque point confiueiites , troites, obtuses , longues de six huit lignes , fine- ment crneles leurs bords dans toute leur longueur. La fructification est compose d'un double rang de globules arrondis, capsulaires , placs dans la longueur des pinnules (Encycl. nicth. ). Analyse chimique. Le sulfate de fer noircit la d- coction de toutes les parties du Polypode en arbre; Elles fournissent un extrait aaueux d'une saveur amre et astringente; plus, un principe exlractif rsineux. Les racines donnent un mucilage, du tannin, et un peu d'acide gallique. Les cendres de cette fougre con- tiennent beaucoup d'alkali vgtal. Proprits mdicinales. Doue des mmes propri- ts mdicales que la fougre d'Europe, le Polypode en arbre est employ dans les affections vermineuses. On choisit de prfrence la poudre de sa racine ou de son corce ; les feuilles sont estimes pectorales ; ses ra- cines contenant du mucilage sont quelquefois employes comme diurtiques sdatives. Les naturels des Antilles recommandent , dans les hpatites et les spnites , l'application d'un cataplasme fait avec les racines piles de celte fougre arborescente. On attribue au Polypode en arbre beaucoup d'autres vertus que je ne consigne point ici, parce que je les crois imaginaires. C'est gratuitement , je pense , qu'on lui accorde des proprits contre les maladies arlhri tiques , le scorbut, les vsanies , les obstructions , et beaucoup d'aifections chroniques. Pour conserver { 1-1) cotte plante tons ces loges fastueux, il faudrait l'avoir employe seule , et suris l'intermde d'autres subs- tances plus hroques auxquelles on l'associe , et qui font toute sa renomme. Mode d'administration. On prescrit comme vermi- fuge la poudre des feuilles ou des racines du Polypode en arbre , la dose de deux gros pour quatre onces d'eau de mer ou d'eau sale; on la prescrit quelque- fois dans du vin blanc ferr, contre les atrophies m- senteriques, ou l'engorgement des glandes de cet organe. EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-TROISIEME. Le Polypode est rduit au vingtime de sa grandeur naturelle Fig. i. Partie d'un ptiole commun supportant une ra- mille sur laquelle sont ranges les feuilles. //. 6\ 7/te^iiors J9e.> , c<>r/'/'{r/\ jw.r <;,i/>f{e/ J\*t*//> CALAGUALA (2-3) POLYPODE ADIANTHIFORME. Vulg. Calaguala. ( Stomachique vermifuge. ) Synonymie. Polypodium adianthiforme; Forster. Juss. classe . ordre 5 fougres. Aspidium coriaceura. Swartz. AspHmn coriaceum ; frondibus bipinnatis apice simpliciter pinnatis coriaceis , pionulis oblougo-lanceola- tis , obtuse serratis, inferioribus subpinnatifidis, stipite aspero. Wildenw, ciass. 34 Cryptogamie. Fougres. En espagnol Calahuala (Flore du dict, d. se. md.) Caractres gnriques. Aspidium. Capsules ru- nies en groupes pars, arrondis , placs sur le revers des feuilles , un tgument ombiliqu qui se fend lat- ralement. Caractres particuliers. Tige souterraine , tra- ante , cylindrode, cailleuse , rousselre , fibreuse , garnie de fibrilles grles, qui se subdivisent en filamens capillaires. Histoire naturelle. Le mot calaguala est le nom vulgaire de celte espce de fougre , qui n'est dsigne que depuis trs-peu de temps, et dont M. Turpin a fait connatre tous les caractres avec cette exactitude et cette prcision que l'on rencontre dans tous ses crits. Cette plante se plat sur les rochers, ou sur le bord des bois frais et touffus des Antilles. En cueillant le Polypode, je me rappelai les vers charmans de Lo- nard , sur la fougre : Vous n'avez pas , verte fougre , L'clat des fleurs qui parent le printemps; Mais leur beaut ne dure gure : Vous tes aimable en tout temps. ( 5* ) Voua prte doi secours rhnnnans Aux plaisirs I< s plus doux qu'on gote sur la terre; Vous servez de lit ;iux amans, Aux buveurs vous servez de verre. Les vraies racines de calaguala , dit Turpin , sont ces fibrilles rpandues le long de la lige souterraine ; celle-ci, que l'on trouve dans les pharmacies., prsente encore d'un seul ct des espces de chicots, qui ne sont autre chose que les supports des feuilles tombes. Dans cet tat (continue le clbre botaniste) , les tiges sont presque totalement dpouilles de leurs < ailles. La racine de Cdlaguala est d'un usage trs -rpandu dans les colonies franaises , anglaises , espagnoles et portugaises. Caractres physiques. Les racines du polypode ad ian- thiforme offrent une souche cylindrique , roussetre , cailleuse , garnie de fibres grles, diviss en filamens capillaires. Au milieu est une moelle spongieuse , de couleur de miel. Les ptioles sont droits , alongs , hrisss d'asp- rits dans toute leur longueur , soutenant des feuilles fermes, coriaces, d'un vert fonc en-dessus , plus ple en-dessous, deux et presque trois fois aile*; les pin- nules oblongues , lancoles, denebires obtuses. La fructification est dispose en firme de petits tu- bercules bruntres /chacun d'eux cenienant un grand nombre de petites capsules ovales , comprimes,, r- ticules, entoures d'un anneau lastique articul, et soutenues par un pdicule capillaire. Le tgument est fix seulement par son ombilic, et se dchire son bord extrieur ( Encycl. nillu ). (a 7 5 ) Analyse chimique. Les racines de la caiaguala se mchent facilement; on leur trouve d'abord une saveur doucetre , qui se change bientt en une amertume trs-prononce, accompagne d'une manation rance et huileuse. Leur analyse a fourni M. Vauquelin : i par l'alcool , un peu de sucre et une huile acre et peu volatile ; 2 par l'eau , beaucoup de mucilage co- lor en jaune , d'une saveur douce et muqueuse ; 5 par l'acide nitrique affaihji et froid , un peu d'amidon ; 4 par l'incinration, du muriate de potasse et du car- bonale de chaux. La matire qui parat avoir le plus d'action sur l'conomie animale, dit Alibcrt, est l'huile acre qui se dissout dans l'eau l'aide du mucilage et du sucre. Proprits mdicinales. On ne peut refuser sans injustice des proprits la racine frache du polypode adianlhiforme ; elle est employe constamment avec succs aux Antilles , sans pourtant mriter les loges fastueux que certains auteurs se sont pl lui accor- der. Elle agit suivant les cas o elle est applique , comme anthelmintique, sudorifique , anti-syphilitique; les personnes affectes de rhumatismes chroniques., de coliques nerveuses et de vomissemens bilieux , n'ont qu' se louer de son usage. Mode d'administration. On prfre employer la dcoction de cette racine , qui s'ordonne depuis deux gros jusqu' une once pour deux livres d'eau , avec r- duction d'un tiers. Cette dcoction se boit ordinaire- ment froide , si ce n'est en cas de maladie vnrienne; alors on la boit chaude, matin et soir , la dose d'une verre , ducore avec le syrop commun , ou de pr- ( *7<5 ) frence celui de salsepareille. En poudre, sous forme d lectuaire, la dose est depuis un demi-^ms jusqu' un g, os. L'infusion dans du vin est quelquefois prs- ente la dose du deux gros par livre de liquide. EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-QUATRIEME. Le Polypode adianthifor me est reprsent de grandeur naturelle. Fig. i. Racine telle qu'on la vend dans le commerce. Fig. 2. Dent d'une f'olliole, sur laquelle on distingue le cercle que forment les parties del fructification, en brisant l'enveloppe qui les retenait. Fig. 3. Capsule et son pedicelle grossi. Fig. 4- Graines ou sporules renfermes dans la capsule. /v.o\;. CIERGE A GRANDES 9^ft*rRS. GarieZ' Scrrfysrt. ( 2 77 ) M\t\^V\%VVtWv\Wt\\VM\vtVi CIERGE A GRANDES FLEURS. ( Stomachique vermifuge ). Synonymie. Cacte serpent. Cactus grandiflorus.Lin. (Trew. 3i. Vel. du mus. Red. PL gr. 52.) Cactus repens subquinquangularis. Lin. Herra. Par. 120. Rnon. Del. 1. t. f. 6. - Ctreus scandens minor polygonus articulatus Mill. ic. t. 90. Cereus gracilis scandens ramosus ple- ruraque sexangularis, flore ingenti atque fragranti. Trew. Cereus americanus major articulatus^, flore raaxirao noctu se aperiente. 8. Suavissimum odorem spirante. Volk. Hesp. pag. i53, t. i54- Melocactus repens _, pentagonus, flore albo, fructu rubro. Plum. Spec. 20. Burra. amer. t. 199, f. 1. ( Encycl. meth. ) Lin. Ico- sandrie monogynie. Tournefort. Melocactus, appendix. Jussieu, famille des Cactes. Cactus, selon M. Delaunay, vient du verbe grec Kaio , brler, parce que la piqre des pines cause des douleurs brlantes. Caractres gnriques. Calice monophylle, sup- rieur, imbriqu; corolle aptales nombreux; baie une loge, polysperme. Caractres particuliers. Cierge rampant , radi- cules latrales, et cinq angles. (Jamaq. vivace. Joiyxl.}. Histoire naturelle. L'astre de la nuit peut seul clairer et recevoir les suaves manations du Cacte Serpent. Chaque soir, une fleur s'panouit au moment o le soleil disparat dans l'onde; nourrie , pour ainsi- dire, par un air frais , pur, et un peu humide, elle brille de tout son clat, et rpand autour d'elle , une odeur agrable, tant que dure la nuit; mais hlas, 17* Livraison. 2a ( 2 7 S ) l'poque du rveil de la nature est le signal de son des- schement; elle se ferme au lever du soleil pour ne plus s'panouir , ayant concentr dans son ovaire les principes de sa reproduction dans les germes de l'es- prance. La lige incise fournit un suc laiteux sous forme de globules tuberculeux, qu'on nglige dans le pays , et qui ne sont gures remarqus que par les praticiens. On rencontre frquemment cette belle es- pce a la Jamaque , et a la Vra-Crux. Elle demande la serre chaude , et se multiplie par boutures, ou clats. Caractres particuliers. Les tiges du cacte ser- pent sont cylindriques , rameuses, serpentantes , ver- dtres , cinq ou six ctes peu saillantes et munies sur ces mmes ctes de petites pines rayonnantes et fascicules. Les boutons sont velus, les fleurs sont latrales, fort belles , d'une odeur trs-suave , et ont sept ou neuf pouces de diamtre. Leur calice est fort grand , long, tubuleux et cailleux dans sa partie infrieure; compos son sommet , de folioles troites , linaires - liguleSj pointues, jauntres, disposes sur plusieurs rangs , ouvertes , et qui semblent former une couronne autour de la fleur. Les ptales sont blancs , nombreux, lancols, et disposs sur plusieurs rangs, en une l)elle rosette concave. Le style est plus long que les examines , et son stygmate est divis en une vingtaine de lanires affectant une disposition infundibuliforme. La partie infrieure du calice, qui est charge d'- caills barbues se change en un fruit ovode, un peu plus gros qu'un uf d'oie, couvert de tubercules cail- leux, charnu , d'uae couleur orange, rempli de trs- ( ^79 ) petites semences, et d'une saveur acidul fort agrable. (Encycl. mth.) Analyse chimique. Ce Gacte , ainsi que ses cong- nres,, fournit un suc lalescent, gommo-rsincux, des- sch et concrte par l'action de l'air et de la chaleur. Ce suc concret est inodorj , niais soumis la mastica- tion, il devient progressivement acre, brlant et naus- eux. Il contient une matire extractive, de l'albumine, et un principe trs-volatil et pniblement expansif pour l'odorat. La causticit rside dans la partie rsi- neuse , qui est combine dans le suc laiteux avec gale parlie de gomme, ce qui rend sa teinture alcoo- lique doue de toutes les vertus hroques. Cette gomme rsine s'enflamme. Proprits mdicinales. Le suc des Cactes est acre, vnneux haute dose , et il faut toute la prudence d'un mdecin , pour savoir l'appliquer avec avantage dans les maladies o les hydragogues sont indiqus. Cette substance , mise en contact avec a peau pendant un certain temps , excite un prurit insupportable , des rosions , des pustules , et peut , au besoin , rem placer le garou ; elle devient sternutaloire si par la combustion , on en a compos l'air factice d'un appar- tement: mais ces mauvaises plaisanteries irritent les membranes muqueuses , et peuvent affliger les tmoins de ces scnes ridicules, d'Angines, de coryza , d'h- moptysie; assertion reconnue par les accidens qu'prou- vent les ouvriers qui pilent toutes les substances acres et volatiles. Ainsi encore une fois, il faut regarder le suc de tous les cierges comme trs-dangereux, et seulement ( i8o ) Admissible, en pharmacie, formule par un homme de l'art, ou Ton doit s'attendre voirie malade, victime d'une audacieuse imprilic, succomber aprs d'hor- ribles souffrances cardiaques, des vomissemens exces- sifs , une dysscnlerie douloureuse et tous les symptmes dcl'cmpoisonnementparun caustique. Aussi malgr sa haute rputation comme vermifuge, je n'ai jamais os l'employer qu'mouss avec le syrop mucilagineux de graines d'ooli, ou de fleurs de gombo., alors je n'ai jamais eu me repentir de son administration. Pendant mon exercice de mdecin en chef, prison- nier des ngres rvolts, n'ayant aucune espce de mdicamens notre disposition , puisque toutes les pharmacies avaient t brles , et forc de mettre contribution les ressources vgtales du pays , j'em- ployais extrieurement le suc des cierges comme esca- rotique , et comme propre remplacer, dans ces cas d'urgence, le nitrate d'argent dans la carie des os, et pour la repression des chairs fongueuses. Je le fai- sais entrer dans la composition des linimens excitans contre la paralysie , les affections rhumatismales chro- niques et autres maladies qui rclament les irritans. Mode d'administration. Intrieurement j'adminis- trais comme vermifuge , pour un adulte , le suc concret de cierge serpent , la dose de deux dix grains dans deux onces de syrop mucilagineux. J'employais de prfrence, comme plus diffusible, la teinture alcoo- lique , la dose de dix trente gouttes , pour la mme quantit de syrop. . m ! < EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-CINQUIME. Le dess n est au cinquime de grandeur naturelle. /Y.OK -tAfoJof? -ffescotfrrt'/x J'mu? a&rzel JeuZ* CM K U G K 1> .1 Vt It G M N T . (a8i ) CIERGE DIVERGENT. Fulg* Cardasse ou pomme Torche. (Stomachique vermifuge ). Stnonimie. Cactus divaricatus. Cactus spinosssimus, trunco Ereclo , striato , apice ramoso ; ramis rectis, stria- tis , undique vergentibus, fructu aureo, tuberculato. n. Melocactus cereiformis , spinosissimus, ramosissimus fructu aureo tuberoso. Plum. melocactus arbo rescens, folio ftriato spinosissimo y fructu aureo tuberoso. Pinm. Spec. 19. Burm. amer.tab. 195. ( Encycl. mth.)Lin. Cactus pentagonus. Icosandrie monogynie. Toarnefort melocactus, appendix. Juss. famille des Cactes. Caractres gnriques. Calice monopbylle, sup- rieur, imbriqu; corolle ptales nombreux; baie une loge, polysperme. Caractres particuliers. Cierge redress , se sou- tenant par lui-mme; cinq angles; long et articul. (Jolycl.) Histoire naturelle. Habitans des plaines arides , o la nature semble animer regret un lieu consum par les rayons de l'astre du jour , les cierges divergens prfrent un sol inculte et sablonneux pour la pros- prit de leur vgtation singulire et curieuse. Vivant en socit , ces colonnes vgtales forment des massifs impntrables dont les animaux sauvages , les Iguane* et les Crocodiles peuvent seuls pratiquer les dtours ( 18* ) hrisss d'pines, pour s'y repatre de leurs fruits et y chercher une retraite. Mille oiseaux, effrayans, mille corbeaux funbres De ces lieux dserts habitent les tnbres. (BorLEAu) C'est ou milieu de ces foures dangereuses , que le chasseur intrpide entran par sa passion , pntre avec audace pour y donner la mort ces animaux qui veulent en vain se sousrairc son adresse. Au milieu de ces colonnes vertes et pineuses , flanques de fleurs diversement colores et panaches , et de fruits dors, qui appaisent si souvent la soif du chasseur, on voit des tiges de cacles dessches et conservant encore as- sez de gomme rsine pour servir de torches aux n- gres pcheurs, ou ceux plus tranquilles, qui, aprs les travaux de la culture , passent avec leur femme et leurs enfans, les soires et une partie de la nuit chin- ta (assis) autour d'un feu d'pis de mas ou de bouse de vache , pratiqu au milieu du local, et destin par sa fume paisse , carter les miriades de moustiques qui s'opposent leur sommeil. Les tiges de cardasse , et celles du Lois chandelle , sont les ples flambeaux qui clairent ces rduits enfums. Caractres physiques. Le Cactier divergent est a ctes ou cannel, et n'est pas compos deramiiications applaties. Sa lige est droite, un peu plus paisse que la jambe, haute de trois cinq pieds, assez dure, verdlre, a cannelures droites et nombreuses , affreuse- ment hrisse d'pines Irs-aigu's, rayonnantes et trs- multiples. Elle donne naissance l des rameauxsur les- quels il en parait bientt d'autres, e qui divergent tous ou ( 283 ) s'cartent de la tige principale. Ces rameaux sont droits et de mme dimension dans toute leur longueur, et finissent en manire de cne arrondi. Ils sont galement canne- ls et trs- pineux. Les fleurs viennent naturellement vers le sommet des rameaux, elles sont jaunes, quelquefois panaches de rouge , sessiles , situes sur les angles ; le calice est divis en dix parties , ses cinq divisions extrieures sont obtuses. Les tamines sont nombreuses , un peu plus longues que la corolle ; les anthres sont petites et deux lobes. Il succde ces fleurs, des fruits globuleux, char- nus, un peu plus gros que le poing , d'un jaune d'or , et garnis de tubercules verruqueux pointus. Leur pulpe est blanche, doucetre, et remplie d'une quantit de petites semences brunes, ou noirtres, suivant le de- gr de leur maturit. (Eue. mth.) Analyse chimique. Le suc gommo-rsineux de celte espce jouit des mmes vertus que celui du cierge pr- cdent , et de certains Gactiers dont les proprits cor- rosives existent dans la partie rsineuse. Proprits mdicinales. Ce que je viens de dire du cierge grandes fleurs , je dois le rpter pour le cacte divergent dont il s'agit ici. Je ne puis trop recomman- der la plus grande rserve dans son usage , afin d'viter des regrets tardifs que pourrait susciter son emploi in- considr. On emploie extrieurement le suc rcent de cette espce , comme topique dans le traitement de la teigne, contre fodonlalgie , pour dtruire les verrues et comme dpilatoire. ( 84 ) Mode d'administration. On modre l'nergie dn suc, des Cacles par la dessi cation ou sa macration dans le vinaigre, el on l'emploie aux mmes doses, dans le mme cas, el de la mme manire que l'espce prcdente. J'ai ordonn avec succs en embrocalions sur le bas ventre , un linimenl d'huile de rioin Laitue avec le suc de la tige de ce Gacle. EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-SIXIME. Le dessin reprsente un cierge divergent sur un ler- a'ui de Hatte. Il est rduit au vingt-quatrime de grandeur naturelle. />/.<>- />...-.> c <1K jjn^tta (rufrrtf/ Jt&tttf 2E 01 T KI T E DK ^'i f 3ilS ( 2 8 5 ) >vwvv\**^ n v > CIERGE QUEUE DE SOURIS i Fulg. Liane a vers. ( Stomachique vermifuge). Synonymie. Cactus flagelliformis. Lin. Icosandrie monc- gynie. Cactus repens decemangularis Lin. mill. Dict. n 12. Sub-cereo.Kniph. cent. r. t, 12. Knorr. Dell. 1, t. f. 8. Cercus minor, scandens polygonus , spinosis- simus, flore purpureo-Ehret-Sel. 2. f. 2. Trevr. Ehret. t. 3o. Ficodes americanum. S. cereus minime serpens araericana. Pluk. lm.. 148. tab. 1 58 f. 6. Sloan. Jam. Hist. 2. pag. 1 58. Raj. Dendr. 22. (Encycl. rath.) Cac- tus peruvianus scandens et repens flore coccineo, fructu Luteo-Plum-Tournef. Cactus appendis. Jussieu, famille des Cactes. Acoulerou des Carabes. Caractres gnriques. Calice monophylle , sup- rieur, imbriqu, corolle ptales nombreux, baie une loge , polysperme. Caractres particuliers. Cierge rampant, radi- cules latrales, dix aDgles. Amrique mridionale, (vivace.) Histoire naturelle. Ce cierge , que l'on nomme aussi cactier liges de fouet, beaucoup plus petit que le cierge grandes fleurs , pourrait lui tre prfr sous le rapport des fleurs plus nombreuses, et dont la couleur ponceau clatante est aussi plus durable; mais elles sont plus petites et moins odorantes. Cette plante singulire fait l'ornement des rochers ; ( 286 ) qu'elle parc de sa belle vgtation, et ses tiges pendent souvent sur leurs flancs , ou s'chappent travers leurs crevasses. C'est en ces endroits, escarps et prilleux, que les ngres vont les dtacher pour obtenir de leur prparation des mdieamens auxquels ils accordent la plus grande confiance. On se sert journellement aux Antilles, dans les ha- bitations et sur les haltes, du suc de ce cierge pour dtruire les vers des ulcres qui atligent l'espce humaine et les animaux. Nous regrettons , cet gard, de ne pouvoir donner ni la figure , ni la description de la cvadille qui lui est bien prfrable; mais on n'en connat encore que les effets nergiques, indiqus dans la thrapeutique d'Alibert , avec le talent qu'on ad- mire dans tous ses ouvrages. Cette poudre se vend communment aux colonies, mais elle n'y arrive du Mexique que dsorganise et mutile de manire ne pas reconnatre l'espce dplante qui la produit, et qu'on pense tre un Varaire (veratrum) . Caractres physiques. La racine de la liane vers, pousse des tiges cylindriques , canneles , de la gros- seur du petit doigt , articules , serpentantes, grimpan- tes , et longues de trois cinq pieds. Elles sont abon- damment charges et mme hrisses de petites pines faibes, peine piquantes , et disposes en paquets stei- liformes sur des points levs ou tuberculeux. Les fleurs sont latrales , sessiles , oblongues , d'un rouge vif et clatant. La partie infrieure ou tubuieuse de leur calice \ est charge de petites cailles troites, aigu's et barbues dans leurs aisselles. Les ptales et les folioles suprieures du calice sont des parties ob- ( 2 8 7 ) longues , acumines leur sommet , galement colores, et qui ne se distinguent entir'lles , que pareeque les Ultrieures sont plus larges que les autres. Les tamines sont de la longueur des ptales int- rieurs, elles ont des filets trs- blancs , et de petites an- thres jaunes ; le style est de la longueur des tamines, et n'est point divis son slygmale. Analyse chimique. la vue , l'odorat et la dgus- tation, je crois la iaue vers pourvue des mmes prin- cipes constituais, que les espces prcdentes, mais je ne l'ai peint analyse au laboratoire. Proprits mdicinales. Le mdecin du roi Saint- Domingue, M. Poupe Desportes , nous a indiqu l'un des premiers , les proprits antbelminlques du cierge queue de souris. On coupe , dt- il , ses tiges; il en distille un suc blanchtre un peu acide, qui est estim un excellent vermifuge. Comme je me mfiais de tous les sucs laiteux, j'avoue que je me suis dispens le plus possible de prescrire ce mdicament. Cependant j'ai voulu prouver la protestation du savant confrre, et je me suis convaincu que ce moyen russissait souvent dans des circonstances cii d'autres vermifuges avaient chou. Mode d'administration. Une demi-cuillere du suc de la tige du caclier queue de souris , bouillie dans une once de syrop de gomme , ou une demi-once d'huile rcente de ricin , suiht pour un enfant de cinq sept ans , on triple la dose pour un adulte. Voici la formule de M. Desporles , d'aprs M. Laborie, chirurgien lis-expriment. Liane vers coupe par petits morceaux, cinq six poignes; faites macrer ( a88 ) pendant vingt-quatre heures sur cendres chaudes dans trois livres d'eau; faites distiller. La dose est d'une deux cuilleres. La mthode d'employer celle plante seule, ne laisse aucun doule sur ses proprits anlhcl- min tiques. Nota. Une autre espce du mrme genre, nomm Cactier parasite , cactus repens teres striatus muticus. Lin. Opuntia miniina fla- gelliformis. (Plumier.) pend du tronc des grands arbres, et perd ses pines en vieillissant. On la substitue la premire , dont elle a les mmes vertus. EXPLICATION DE LA PLANCHE SOIXANTE-SEPTIEME. La plante est reprsente de grandeur naturelle, // 77)tV